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vendredi février 23, 2018
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Quand, le 16 janvier 2018, le Pasteur Ekofo part d'un verset biblique pour développer un sermon d'une rare sagesse et d'une grande intelligence, je regarde l'assemblée à laquelle il s'adresse et j'ai un pressentiment qu'il va avoir des ennuis. Pourquoi ? Il reconduit le discours ''subversif'' de Lumumba. Il en reconduit une bonne partie en rappelant à son auditoire que la terre du Congo-Kinshasa, Dieu l'a confiée aux filles et aux fils de ce pays ; avec toute sa prospérité. Et qu'il leur appartient de la transmettre aux générations futures ''riche'' et ''prospère''.

Mis dans l'urgence de se mettre debout contre ''un mercenaire'' de la Communauté Occidentale du 1% financiarisé, des compatriotes fanatisés lisent tout questionnement à l'endroit des ''politiciens congolais'' comme étant une tentative à mettre fin à notre lutte collective d'émancipation souveraine.

Depuis le mois de janvier de cette année, la violence dans le Grand Kasaï a dépassé l’Est de la RD Congo selon bien d’observateurs. Le conflit entre les adeptes de Kamuina Nsapu, chef coutumier assassiné, et l’armée gouvernementale a touché les cinq provinces du Grand Kasaï avec à la clé des dizaines de fosses communes et plus d’un million de déplacés dont des milliers de réfugiés en Angola.

Après avoir pris pour cible les symboles de l’Etat, les miliciens Kamwuina Nsapu se sont attaqués depuis mars dernier aux institutions scolaires et religieuses. L’Eglise catholique en a payé un très lourd tribut.

La ville de Mwene-Ditu a été singulièrement ciblée en mars 2017 par des miliciens en provenance de Luiza. Dans leur conquête funeste, entre Tshimbulu et Mwene-Ditu, des prêtres ont été battus, ligotés, arrêtés, leurs biens ravis. Un abbé curé et une religieuse arrêtés et sur le point d’être exécutés n’ont eu la vie sauve que parce que la religieuse a pleuré dans un dialecte parlé par plusieurs miliciens ( Tshiketa).