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samedi juillet 21, 2018
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Mis dans l'urgence de se mettre debout contre ''un mercenaire'' de la Communauté Occidentale du 1% financiarisé, des compatriotes fanatisés lisent tout questionnement à l'endroit des ''politiciens congolais'' comme étant une tentative à mettre fin à notre lutte collective d'émancipation souveraine.

Non. Ce n'est pas ça. Il y a des références que ''les politiciens congolais'' font et qui poussent à reposer des questions supposées maîtrisées. Dans son communiqué de ce 29 décembre 2017 sur sa participation à la marche du 31 décembre 2017, ''La Dynamique de l'opposition'', au point 2, ''demande à la Cour Pénale internationale, aux Nations Unies ainsi qu'à l'Union Africaine de mettre Monsieur Kabila en garde contre tout abus ou violence que pourraient commettre les forces de défense et de sécurité à sa solde en direction de la population civile.''

Cette demande pourrait induire les Congolais(es) en erreur. C'est-à-dire les pousser à compter sur les soutiens de la mort au Congo-Kinshasa. Si la justice internationale existait, ''le génocide congolais décrié'' par le rapport Mapping de 2010 aurait fait objet d'un jugement. Il n'y a rien eu jusqu'à ce jour. Depuis que l'ONU est au Congo-Kinshasa, plusieurs crimes sont commis. Des membres onusiens sont tués. Les responsables de ces crimes n'ont jamais répondu de leurs forfaits. Et l'Union Africaine, dépendante de l'Union Européenne du point de vue financier, n'a rien fait. D'ici peu, elle aurait ''le boucher du Congo-Kinshasa'', Kagame, comme Président. Il n'y a, donc, rien de bon à attendre de ces différentes instances. Et cela, pour une raison simple : la guerre raciste de prédation contre le Congo-Kinshasa est aussi une guerre de la politique et de la justice internationale. Deux livres l'explicitent très bien :

F. HARTMANN, Paix et châtiment. Les guerres secrètes de la politique et de la justice internationale, Paris, Flammarion, 2007.

     C.            DEL PONTE, La traque, les criminels de guerre et moi. Madame la Procureure accuse, Paris, 2008.

Juridiquement, ces deux livres déconseillent les Congolais(es) de ne compter ni sur ''la justice dite internationale'', ni sur ''le Conseil de sécurité'', ni sur ses alliés européens.

Ces deux livres existent depuis plus de dix ans. Ils sont supposés être lus par ''les politiciens congolais'' qui se respectent. Les ignorer et pousser les Congolais(es) à croire que si ''le Kamikaze alias Joseph Kabila'' tue le 31 décembre 2017, il sera arrêté par ''la justice internationale'', c'est leur mentir. La guerre, dit Riccardo Petrella, est une opération économique rentable. (Plusieurs compatriotes ayant distribué sa vidéo risque de l'oublier. Fweley et Tshiyoyo ne l'oublierons pas.)

J'insiste. Plusieurs compatriotes et ''politiciens congolais'' doivent avoir un problème sérieux d'amnésie. Ils distribuent une vidéo à plusieurs reprises. Et face à ceux qui leur est présenté comme ''urgence'', ils oublient et deviennent capables d'insulter ceux d'entre eux qui n'ont pas oublié. Terrible !

Du moment que nous sommes plusieurs à oublier que ''le kamikaze en chef, alias Joseph Kabila'' est un mercenaire, avec bien d'autres africains dans les ''Carnages et les guerres secrètes des grandes puissances en Afrique'' et que nous ne savons plus que ''l'Europe a couvert les crimes et la censure au Congo et qu'il y a des documents qui accusent'', nous risquons d'enseigner à nos populations l'ignorance de leur propre histoire. Et à mon avis, des ''politiciens congolais'' engagés dans l'enseignement de l'ignorance à nos masses populaires sont aussi dangereux que ''le kamikaze en chef''. Ils peuvent encore lire ou relire deux livres :

P. PEAN, Carnages. Les guerres secrètes des grandes puissances en Afrique, Paris, Fayard, 2010.

     C.            ONANA, Europe, crimes et censure au Congo. Les documents qui accusent, Paris, Duboiris, 2012. Un autre livre peut être ajouté à ces deux : N. CHOMSKY et A. VLTCHEK, L'Occident terroriste. D' Hiroshima à la guerre des drones, Montréal, Ecosociété, 2015.

Il est temps que ''nos politiciens'' arrêtent la navigation à vue et livrent à nos masses populaires une information informée historiquement et aux bonnes sources diversifiées.

Le point 2 de la demande de pose, en outre, la question de la déconstruction de la rhétorique officielle. Il parle de ''la violence des forces de défense et de sécurité'' à la solde d'un mercenaire. C'est fou. Ce sont des milices du mercenaire et non '' des forces de défense et de sécurité''. Non et non. A ce point nommé, ''les politiciens congolais'' sont en train d'induire nos masses populaires en erreur. La guerre raciste de prédation et d'extermination des Congolais(es) orchestrée par les anglo-saxons et menée par leurs proxys rwandais, ougandais, burundais, congolais, etc. n' pas fini par créer ''des forces de l'ordre et de sécurité''. Non et non. A travers cette guerre et le processus de brassage et de mixage, nous avons, sur le son congolais, ''des escadrons de la mort'' commis à la mission de la destruction de l'identité congolaise, de l'extermination des Congolais(es) et de l'implosion du pays. Dire aux Congolais(es) que ces ''escadrons de la mort'' sont ''leurs frères'', c'est être complice d'une opération criminelle d'extermination de ses compatriotes. C'est encore une fois refuser de se livrer à une relecture éveillée de notre histoire collective.

Le Congo-Kinshasa a besoin d'une relecture déconstructrice de l'histoire officielle telle qu'elle lui est imposée depuis 1885 afin que ses filles et fils engagés sur les divers fronts de la lutte pour son émancipation souveraine le fassent en conscience et en connaissance de cause.

Je me livre à cette relecture de déconstruction -ayant ses limites cognitives- dans un Dictionnaire pour l'insurrection des consciences (Paris, Congo Lobi Lelo, 2017).

Les autres livres cités dans ce texte sont résumé dans mon livre intitulé A quand le Congo ? Propositions & réflexions pour une renaissance africaine (Paris, Congo Lobi Lelo, 2016).

Il est temps que l'amateurisme sur le Congo-Kinshasa cède la place au Congo pensé dignement par ses filles et fils. Plusieurs le font déjà.

 

Babanya Kabudi

Génération Lumumba 1961