Les civils en République démocratique du Congo (RDC), et plus particulièrement les femmes, continuent d'être les victimes d'"atrocités" qui "dans certains cas pourraient constituer des crimes contre l'humanité", dénoncent des experts de l'Onu dans un rapport publié vendredi.

Le rapport doit être présenté jeudi prochain à Genève devant le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU par sept experts de l'ONU, dont trois se sont rendus récemment dans le pays.


"Des membres des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), de la Police nationale congolaise (PNC), de l'Agence nationale de renseignements (ANR) et d'autres services de renseignements seraient responsables d?exécutions sommaires, d?actes de violence sexuelle et de torture et de mauvais traitements", dénoncent-ils.

Par ailleurs, "des groupes armés tels que l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) et les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) commettent des atrocités qui constituent de graves violations du droit international humanitaire et qui, dans certains cas, pourraient constituer des crimes contre l'humanité".

La "violence sexuelle la plus brutale est utilisée comme arme de guerre par toutes les parties locales au conflit", dénoncent les experts.

Au cours des neuf premiers mois de 2009, le Fonds des Nations unies pour la population a recensé 7.500 cas de violences sexuelles à l'encontre de femmes et de filles dans l'ensemble du Nord et du Sud-Kivu, soit le double du nombre de cas enregistrés pendant la même période en 2008, relèvent les experts.

"Des femmes et des filles ont été exécutées sommairement ou mutilées après avoir été victimes de viols collectifs. Certaines d'entre elles s'étaient fait introduire une arme à feu, du bois, du sable ou de la colle dans le corps", selon ce rapport.

"Des maris, des parents ou des enfants qui tentaient de faire cesser le viol de leurs proches ont également été agressés, tués ou contraints de violer les membres de leur propre famille", affirment encore les enquêteurs.

"Des témoignages révèlent que tant des membres des Forces armées de la RDC (FARDC) que d'autres groupes armés ont enlevé des femmes et des filles et les ont détenues pour les utiliser comme esclaves sexuelles et que celles-ci ont été soumises à des viols collectifs pendant des semaines et des mois, parfois accompagnés d'autres atrocités", ajoutent-ils.