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mercredi janvier 20, 2021
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La Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monuc) prend les devants et planifie le retrait du pays de ses 20.000 soldats d'ici fin 2011, dont 2.000 dès juin prochain, au cas où le Conseil de sécurité retiendrait ce calendrier, comme le souhaite Kinshasa.

"La Mission est obligée de faire la planification pour pouvoir faire face si jamais c'est la décision", attendue en mai, du Conseil de sécurité de retirer totalement les troupes d'ici fin 2011, a expliqué à l'AFP le chef de l'information publique de la Monuc, Kevin Kennedy,Fin 2009, la RDC a demandé à l'ONU un plan de retrait progressif de la Monuc, la plus importante force de maintien de la paix dans le monde présente depuis 10 ans dans l'ancien Zaïre.


L'ONU a alors envisagé un retrait progressif sur trois ans.

Mais début mars, lors d'une visite à Kinshasa de l'adjoint du secrétaire général de l'ONU chargé des opérations de maintien de la paix, Alain Leroy, les autorités congolaises ont demandé un retrait total courant 2011, avec un premier départ de Casques bleus autour du 30 juin 2010, date à laquelle le pays fêtera le cinquantenaire de son indépendance.


La force de la Monuc se prépare donc à ce possible calendrier et a planifié un retrait des troupes en trois phases, ont indiqué lundi à l'AFP des sources onusiennes.

La première phase envisage le départ avant fin juin de 2.000 hommes basés notamment à l'ouest, au centre et au sud-est du pays.

Dans une deuxième phase de la planification, 9.000 autres soldats seraient retirés d'ici fin 2010 de la Provinces Orientale (nord-est), du Nord-Kivu et du Sud-Kivu (est).

Actuellement 95% des troupes de la Monuc sont concentrées dans ces trois provinces toujours instables en raison de la présence de plusieurs groupes, comme les rebelles hutu des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

Enfin une dernière phase prévoit le retrait des 9.000 militaires restant d'ici fin 2011, tout en envisageant cependant l'éventualité d'un maintien d'une force résiduelle au-delà de cette date.

Dans ce scénario de retrait, les phases sont ponctuées d'objectifs stratégiques à atteindre avec des points de repère sur la sécurité, comme la fin de la menace des groupes armés et la capacité de la police et de l'armée congolaises pour imposer seules l'autorité de l'état et empêcher les violences armées.

"On planifie pour toutes les contingences. Parce qu'en effet, s'il y a un retrait important de troupes, il faut commencer la planification. Le fait que l'on planifie, cela ne veut pas dire que la décision est prise, mais il faut qu'on le fasse", a expliqué M. Kennedy.

"Il faut travailler sur des hypothèses. Pour faire bouger toutes ces troupes avec la logistique, ça ne sa fait pas du jour au lendemain. Il y a toute une chaîne de procédures, d'action qui doivent être faites", a-t-il ajouté.

Une délégation du Conseil de sécurité doit se rendre mi-avril à Kinshasa pour finaliser les discussions avec le gouvernement congolais avant de définir le nouveau mandat de la Mission, qui devrait être renouvelé pour un an.

"Le mandat actuel se termine fin mai. Il faudra que le Conseil tranche avant cela. La décision pourrait être prise d'ici mi-mai", selon M. Kennedy.

La Monuc apporte actuellement un appui logistique à différentes opérations de l'armée congolaise contre des groupes armés et rébellions comme les FDLR, principalement dans l'est du pays.