Un homme est mort par balle et plusieurs personnes ont été blessées mardi quand des militaires ont ouvert le feu lors d'une manifestation de membres d'une église chrétienne à Kinshasa, a-t-on appris auprès d'une manifestante et du porte-parole du gouvernement de RDCongo.

Une cinquantaine d'adeptes de "l'Eglise du Seigneur Jésus-Christ" s'étaient rassemblés en début d'après-midi devant l'Etat-major des renseignements militaires à Kinshasa, pour réclamer la libération de trois des leurs arrêtés lundi soir à l'aéroport de la capitale congolaise, selon Déborah Nkulu, l'une des manifestantes.


"Nous venions leur demander des explications sur ces arrestations. Les militaires ont dit que c'étaient pour +raisons de sécurité+, puis ont cherché à nous intimider en nous menaçant de mort, ont chargé leurs armes et ont commencé à tirer à bout pourtant sur les gens. C'était la panique totale", a-t-elle déclaré.

"Un manifestant est mort après avoir été transporté à l'hôpital. Il y eu une dizaine d'autres blessés, dont certains graves", a-t-elle ajouté, précisant qu'elle était la fille du responsable de cette église, le pasteur Paul-Joseph Mukungubila Mutombo, ancien candidat "indépendant" à l'élection présidentielle de 2006.

Interrogé par l'AFP, le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication et médias, Lambert Mende, a confirmé qu'un homme était mort lors de la manifestation qu'il a qualifiée de "provocation" et qui a "dégénéré". Selon lui les militaires "ont dû se replier et tirer en l'air" quand des manifestants "ont voulu pénétrer dans l'enclos" du bâtiment.

Quatre militaires ont été blessés, neuf manifestants ont été arrêtés et d'autres ont été blessés, a-t-il ajouté sans préciser le nombre de ces derniers.

Deux des trois membres de cette église arrêtés lundi à l'aéroport, et qui arrivaient de la province du Maniema, "sont des (miliciens) Maï Maï démobilisés. Certains disent que le pasteur (Mukungubila) les a invités à Kinshasa pour préparer le sabotage des manifestations du 30 juin" prochain à Kinshasa à l'occasion du cinquantenaire de l'indépendance de l'ex-Zaïre, a déclaré M. Mende.

"Ce sont des aberrations. C'est triste et désolant", a répondu Mme Nkulu. Selon elle, des militaires "sont en train de rechercher" son père, appelé "Le prophète de l'Eternel" sur le site internet de son église du "Ministère de la restauration à partir de l'Afrique noire".

Dans un communiqué publié mardi soir, l'ONG congolaise "La Voix des sans voix pour les droits de l'Homme" (VSV) a exprimé sa "vive réprobation" de la "répression sanglante" de la manifestation.