Brèves et dépêches
lundi mars 01, 2021
Register

A la différence du Roi Albert II, Yves Leterme a signé à Kinshasa le registre de condoléances ouvert après l’assassinat de Floribert Chebeya, célèbre militant congolais des droits de l’Homme

 

 

Le Premier ministre démissionnaire belge Yves Leterme a signé mardi à Kinshasa le registre de condoléances ouvert après l’assassinat du plus célèbre militant congolais des droits de l’Homme, Floribert Chebeya Bahizire, un geste que n’a pas posé le roi Albert II, pourtant très attentif à la situation en République démocratique du Congo à la veille du 50ème anniversaire de l’indépendance de cette ancienne colonie belge. M. Leterme a apposé sa signature dans ce grand registre mauve, ouvert par les proches de M. Chebeya, « en son nom propre et au nom du gouvernement belge » au second jour d’une visite historique des souverains belges en RDC, a constaté l’agence BELGA.

M. Chebeya, le président de l’ONG de défense des droits de l’Homme la Voix des sans-voix (VSV) », avait été retrouvé mort le 2 juin après s’être rendu le 1er juin avec son chauffeur Fidèle Bazana, à une convocation de la police congolaise, Il y avait un rendez-vous, qui n’a pas eu lieu, avec le chef de la police, le général John Numbi, un proche du président Joseph Kabila. Il a été retrouvé mort le lendemain à l’arrière de sa voiture, les mains liées dans le dos, sur une route en périphérie de Kinshasa. Le corps de son chauffeur n’a jusqu’ici pas été retrouvé.

« Faire toute la clarté »

Une dizaine de policiers ont été arrêtés et le général Numbi a été suspendu dans le cadre de l’enquête, confiée depuis peu à la justice militaire, mais les causes de la mort et les circonstances du meurtre du militant restent encore inconnues. « Il est très important que la clarté soit faite et que des sanctions soient prises » contre les auteurs, a dit le chef du gouvernement fédéral.

M. Leterme a également plaidé pour l’intervention, si nécessaire, de la communauté internationale dans l’enquête sur cet assassinat, qui n’est jusqu’à présent qu’uniquement congolaise et confiée à la justice militaire, malgré de très nombreux appels venus de l’étranger en faveur d’une enquête « indépendante ». Le Premier ministre a ainsi joint sa voix à celle du souverain, qui a exprimé, selon des sources informées, les mêmes préoccupations au cours d’un dîner offert lundi soir au couple royal belge par le président congolais Joseph Kabila et son épouse, Olive Lembre di Sita, auquel M. Leterme était également convié.

Leterme « préoccupé » par la situation sécuritaire

M. Leterme a aussi exprimé mardi sa « préoccupation » envers la situation sécuritaire dans l’est de la RDC, où les massacres se poursuivent, et insisté sur le respect des droits de l’Homme, à l’issue d’un entretien à Kinshasa avec son homologue congolais, Adolphe Muzito.- mais en l’absence de M. Muzito qui ne s’est pas adressé à la presse.

Il a ainsi fait part de ses « soucis » à propos des violences envers les femmes, principalement dans l’est, une région qui reste, sept ans après la fin officielle de la dernière guerre civile, très troublée en raison de la présence de plusieurs groupes armés, et de l’existence d’enfants soldats. « Nous avons pris note d’une amélioration » évoquée par les autorités congolaises en ce qui concerne la situation sécuritaire dans l’est. « J’ai réitéré la disposition de la Belgique à coopérer » militairement avec la RDC, a-t-il déclaré, rappelant que des militaires belges avaient déjà assuré la formation d’unités des Forces armées de la RDC (FARDC), dont un bataillon commando d’élite qui s’est illustré dans la lutte contre une insurrection dans la province d’Equateur (nord-est).

M. Leterme a aussi insisté mardi pour que l’échéance de l’été 2010 pour l’organisation des élections générales – cinq ans après le cycle de la présidentielle, des législatives et des provinciales de 2006 – soit respectée, alors que le gouvernement de Kinshasa souhaite organiser lui-même ces scrutins, sans l’aide précieuse de la communauté internationale et de la mission onusienne de maintien de la paix (la MONUC, qui se mue jeudi en Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC après plus de dix ans de présence.

Le roi s’est enfin rendu en fin de matinée au chantier naval de l’entreprise belge Chanic, le principal de toute la RDC, à l’endroit précis où l’explorateur Henry Morton Stanley avait fait escale en 1880 créant la future capitale congolaise et lançant l’industrialisation du pays avant même sa colonisation par la Belgique. La reine a pour sa part visité l’Institut national de préparation professionnelle (INPP), qui propose différentes formations aux jeunes Congolais.