Au moins 200 personnes ont été tuées et des dizaines blessées vendredi soir dans l'est de la RD Congo à la suite de l'explosion d'un camion-citerne rempli d'essence qui a mis le feu à un village, selon un nouveau bilan communiqué à l'AFP samedi par la Croix-Rouge congolaise.

Des informations contradictoires circulaient samedi au sein même de la Mission de l'ONU pour la stabilisation du Congo (Monusco) au sujet de la présence de Casques bleus de l'ONU parmi les victimes.

Une source sécuritaire de la Monusco a déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, que cinq Casques bleus pakistanais étaient décédés, mais le porte-parole de la Mission de l'ONU en RDC (Monusco), Madnodje Mounoubai a affirmé à l'AFP vers 09H30 (08H30 GMT) qu'aucun soldat onusien était parmi les victimes.

Une source militaire au sein du commandement de la force de l'ONU a également indiqué ne pas pas avoir cette information sur des victimes de l'ONU, et que des vérifications étaient en cours auprès des unités présentes dans la zone.

"Jusque-là, l'accident a fait 200 morts. C'est un bilan provisoire. Nous avons des gens sur place, les recherches continuent", a déclaré à l'AFP Leonard Zigade, responsable de la Croix-Rouge congolaise pour la province du Sud-Kivu (est).

Une source sécuritaire au sein de la Monusco a fait état d'un bilan de "223 morts et 110 blessés".

"Il est certain que le bilan va encore s'alourdir", a ajouté cette source sous couvert d'anonymat, soulignant que les recherches se poursuivaient "pour retrouver d'autres corps calcinés".

Le village de Sange est situé à environ 70 km au sud de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, non loin de la frontière avec le Burundi.

Un officier de la police congolaise basé à Bukavu a confirmé l'incendie de plusieurs dizaines de maisons à Sange, construites en grande majorité en terre et recouvertes de paille, après l'accident du camion-citerne dû "à un excès de vitesse".

"On n'a pas encore le bilan exact, mais ça peut dépasser la centaine de morts. Actuellement c'est le deuil total à Sange", avait indiqué cette source sous couvert d'anonymat, soulignant qu'"il y avait beaucoup d'enfants" au moment du drame.

La Mission de l'ONU en RDC (Monucso) a de son côté mis à la disposition des secours trois hélicoptères MI 17 "pour procéder à des évacuations", et elle a "alerté et activé" ses hôpitaux à Uvira et Bukavu, a précisé à l'AFP une autre source onusienne.