Brèves et dépêches
samedi janvier 16, 2021
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Un pilote ukrainien et son copilote congolais, retenus en otage depuis le 1er septembre par des miliciens congolais après l'attaque de leur avion dans l'est de la RD Congo, ont été relâchés vendredi, a annoncé samedi le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Le CICR a indiqué que deux personnes blessées avaient également été libérées avec les pilotes mais sans être en mesure de préciser s'il s'agissait de deux passagers de l'avion, également enlevés début septembre.

L'Ukrainien, âgé de 56 ans, et le Congolais, âgé de 34 ans, "sont très, très fatigués par les conditions dans lesquelles ils ont vécu" depuis leur enlèvement, a déclaré à l'AFP le CICR qui les a récupérés vendredi en début de soirée, près de Walikale, dans la province du Nord-Kivu (est).

Les deux hommes ainsi que deux passagers avaient été pris en otage après l'attaque de leur avion le 1er septembre à Kilambo, à une vingtaine de km de Walikale, par des miliciens Maï-Maï et des rebelles hutu des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), très présents dans cette zone couverte par la forêt équatoriale.

Ils étaient retenus depuis dans la forêt par les Maï-Maï qui ont consenti à ces libérations "sans condition", selon le CICR.

La piste de Kilambo, une simple route, est utilisée par des avions petits porteurs pour transporter la cassitérite de la mine de Bisié -la plus importante de la région- vers Goma, la capitale du Nord-Kivu. Elle a été fermée depuis cette attaque.

Le groupe Maï-Maï, dirigé par un chef dénommé Cheka, et les FDLR avaient attaqué l'avion, propriété d'une compagnie aérienne locale, juste après son atterrissage, avant d'emmener avec eux les pilotes et deux passagers.

L'attaque de l'avion s'était produite peu avant celle d'un autre appareil qui s'était posé au même endroit une demi-heure avant. L'équipage de ce dernier et trois passagers d'une ONG avaient pu fuir dans la forêt. Les assaillants avaient finalement été repoussés par des soldats de l'armée congolaise qui avait déploré deux morts dans ses rangs.

Déjà le 24 juillet, un petit porteur avait été attaqué à cet endroit par les mêmes milices qui avaient enlevé un copilote indien d'une vingtaine d'années, avant de le relâcher cinq jours plus tard.

Les Maï-Maï, FDLR et un autre groupe mené par un ancien colonel de l'armée congolaise, ont multiplié ces derniers mois les violences contre les civils dans le territoire enclavé de Walikale, où ils tirent profit de l'exploitation illégale de carrières minières (cassitérite, or, coltan...).

Vendredi, l'ONU a fait état d'un rapport préliminaire dénonçant le viol d'au moins 303 civils dans 13 villages du Nord-Kivu en quatre jours entre le 30 juillet et le 2 août, commis par ces groupes armés.

L'armée congolaise a lancé depuis le 17 septembre des opérations contre ces groupes dans cette zone.

Celles-ci sont menées après la décision prise le 9 septembre par le président de la RDCongo Joseph Kabila de suspendre l'exploitation minière artisanale dans la région, dans le but de mettre fin "aux activités de groupes mafieux", selon le ministre des Mines.