L'un des principaux dirigeants des rebelles hutu rwandais, Callixte Mbarushimana, a été arrêté lundi à Paris, en vertu d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale qui le soupçonne de crimes de guerre et contre l'humanité en République démocratique du Congo en 2009.

Le secrétaire exécutif des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) a été interpellé lundi matin par les gendarmes à son domicile dans le nord de la capitale où il vivait avec sa famille depuis plusieurs années, et placé en garde à vue, a indiqué à l'AFP un membre du bureau du procureur.

M. Mbarushimana, 47 ans, faisait l'objet d'un mandat d'arrêt sous scellés (secret) délivré le 28 septembre par la CPI située à La Haye.

Il est soupçonné de cinq chefs de crimes contre lhumanité et de six chefs de crimes de guerre, notamment de meurtres, viols, tortures, persécutions et destructions de biens.

"Callixte Mbarushimana faisait partie de l'équipe dirigeante qui prenait les décisions exécutées par ceux qui commettaient les crimes", a expliqué à l'AFP un membre du bureau du procureur.

Ces crimes ont été commis durant le conflit armé opposant en 2009 le FDLR aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et aux Forces rwandaises de défense (FRD).

"Une série d'attaques, à la fois généralisées et systématiques, aurait été menée à grande échelle par des troupes des FDLR entre janvier et septembre 2009 contre la population civile du Nord-Kivu et du Sud-Kivu" (est de la RDC), souligne le bureau du procureur dans un communiqué.

"Les FDLR ont tenté dexercer un chantage et dobtenir de force une forme de pouvoir politique au Rwanda en échange de larrêt des atrocités à lencontre de la population civile", selon la même source.

L'arrestation de M. Mbarushimana constitue "une avancée fondamentale dans le cadre des efforts déployés pour engager des poursuites relatives aux crimes sexuels commis à grande échelle en RDC", s'est félicité le procureur de la CPI Luis Moreno-Ocampo dans un communiqué.

Plus de 15.000 cas de violences sexuelles ont été recensés en RDC en 2009, selon le bureau du procureur de la CPI.

M. Mbarushimana publiait régulièrement des communiqués de presse à partir de la France. Le dernier, daté du 26 août, démentait l'implication des FDLR dans des viols massifs commis en août au Nord-Kivu.

Basées dans l'est de la République démocratique du Congo, les FDLR, dont certains éléments sont recherchés par la justice rwandaise pour leur implication présumée dans le génocide des Tutsi de 1994, sont considérées comme l'un des principaux responsables de l'insécurité dans la région des Grands lacs.

L'arrestation de M. Mbarushimana fait suite à celles du chef des FDLR, Ignace Murwanashyaka, et de son adjoint, Straton Musoni, interpellés le 17 novembre 2009 en Allemagne en vertu d'un mandat d'arrêt délivré par la Cour fédérale de justice allemande.

"Les dirigeants politiques ont été arrêtés, restent maintenant les chefs militaires sur le terrain", a déclaré à l'AFP un membre du bureau du procureur, selon lequel le dirigeant des FDLR devrait être remis à la CPI "dans les prochaines semaines".

"M. Mbarushimana dirige depuis l'Europe des bandes armées FDLR qui sont en train de semer la mort et la désolation dans notre pays et qui menacent la sécurité dans leur propre pays" le Rwanda, a déclaré à l'AFP le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, qualifiant l'arrestation de "bonne nouvelle" pour son pays.