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lundi décembre 10, 2018
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Il est curieux que ce qui se passe actuellement en France ne semble pas intéresser les compatriotes africains et congolais préoccupés par '' des questions internes''. Pourtant, plusieurs avaient salué l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence. Ces compatriotes, amoureux de ''vieilles démocraties'' et de ''la patrie des droits de l'homme'' avaient du mal à croire Danielle Mitterrand lorsque, au cours d'une interview, elle affirmait que ''la démocratie n'existe ni aux Etats-Unis, ni en France'' (https://www.legrandsoir.info/danielle-mitterrand-la-democratie-n-existe-ni-aux-usa-ni-en-france.html). Confondant processus électoral et démocratie réelle, ils n'ont pas compris, avec Alain Badiou, que ''les élections-pièges-à-cons'' sont au service du ''capitalo-parlementarisme'' et non à celui des peuples. Ils ont eu du mal à savoir de quoi Sarkozy et les autres présidents français étaient le nom. (Lire, A. BADIOU, De quoi Sarkozy est-il le nom ?, Paris, Lignes, 2007).

''Stades pleins'', ''meetings pleins'', '' aéroports pleins'' et après ? ''Et après ?'' est la seule petite question que plusieurs compatriotes, adepte de ''la politique apparente'' évitent de se poser. ''Etre vu massivement'' serait en train de devenir l'unique critère de l'évaluation instantanée des ''rassemblements politiques congolais''.

A plusieurs reprises, les miens et moi-même avons averti les compatriotes sur la possibilité de l'intensification de la violence à l'approche des élections-pièges-à-cons. Cela pour des raisons évidentes. A plusieurs reprises, nous avons soutenu que ''la guerre raciste de prédation et de basse intensité'' livrée contre le Congo-Kinshasa est perpétuelle. Elle se mène ''par morceau'', comme dirait le Pape François. Elle vise la destruction de l'identité congolaise, la balkanisation et l'implosion du pays de Lumumba, l'extermination des Congolais(e)s et la mainmise sur les terres, sur les richesses du sol et sous-sol congolais.

''Nkaya nlutatu ; babidi mbapité'' (Etre deux est un atout)

Le débat sur le tribalisme revient sur le devant de la scène sociopolitique congolaise dans un contexte de crise de sens et de régression anthropologique très avancées. Et il dit toute cette histoire de décolonisation chaotique des imaginaires, du clientélisme et du débauchage sociopolitique sous le système nécolonial (perpétuel), d'échec d'intégration sociale et politique des anciennes nations congolaises, du manque d'Etat et d'une administration digne de ce nom, etc. Les élites organiques y participent. Elles ont l'obligation de prendre partie pour les masses appauvries. Cela n'est pas facile dans un ''non-Etat'' où l'appauvrissement est une stratégie de soumission et d'assujettissement.