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jeudi mai 25, 2017
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''La version officielle'' de notre histoire collective de ces deux dernières décennies résiste encore à la correction dans l'imaginaire des ''révolutionnaires des couleurs'' du 17 mai 1997. Cette ''révolution de pacotille'' est abusivement dénommée ''révolution pardon''. L'alliance des ''dinosaures mobutistes'', de ''nouveaux prédateurs'' congolais, rwandais, ougandais, tanzaniens, etc. verrouille l'espace public et pousse les plus naïfs d'entre nous, leurs thuriféraires et leurs clients à pouvoir dénommer l'ordre de la kleptocratie qu'elle préside ''notre jeune démocratie''. Sans blague !

 

 

Quand il arrive à certains amis Rwandais de vouloir nous dissuader de lire certains livres en arguant qu'il ne suffit pas qu'une thèse soit soutenue par un livre pour qu'il soit ''vraie'', ils oublient que certains auteurs de la tragédie des Grands Lacs ont échappé, à raison, à certains procès. Ces amis Rwandais jouent sur l'amnésie dont sont victimes plusieurs compatriotes Congolais. Ils refusent de relire l'histoire avec nous. Et quand ils voient She Okitundu, Lumanu ou Kikaya Bin Karubi au Rwanda pour discuter avec ''leur chef'' avant la publication du ''gouvernement Tshibala'', ils sont étonnés. Ils ne comprennent pas que ''le véritable président du Congo-Kinshasa'', c'est Paul Kagame. L'ex-secrétaire de l'ONU l'avait affirmé une fois par un lapsus linguae révélateur. Et l'une des conditions à laquelle ''le conglomérat d'aventuriers'' au pouvoir-os au Congo-Kinshasa doit répondre est la soumission à ''l'homme fort de Kigali''. Sinon, pas de boulot. Oui. Nous avons notre part de responsabilité dans ce qui arrive au Congo-Kinshasa. Elle est liée à notre lâcheté, à notre paresse intellectuelle, à notre cupidité. Disons à la lâcheté, à la paresse intellectuelle, à la cupidité de plusieurs d'entre nous. Mais aussi à la haine de notre identité.

 

Il ne suffit donc pas d'avoir la Bible en mains pour en faire un bon usage. Au Congo-Kinshasa, ce livre peut être instrumentalisé au point que les textes qui en sont tirés servent d'opium du peuple. Il arrive que l'évocation de la Bible dans notre pays passe sous silence la tradition prophétique liée aux appels au respect de la dignité de l'homme (et de la femme), à la justice sociale et à l'émancipation politique des peuples opprimés. Une certaine référence à l'Ancien Testament oublie qu'il est nourri des luttes d'un petit peuple soucieux de conserver son identité et de s'émanciper de tout assujétissement.

 

Il y a des compatriotes estimant qu'alias Joseph Kabila venu au Congo-Kinshasa sans le sous, participant au projet du Tutsi Power de la néocolonisation de ce pays et à celui des grandes puissances de la maintenir dans un état de ''colonie d'exploitation''  est dans ''son droit'' de corrompre et de clientéliser  les politicards congolais. Et que ces derniers sont les seuls  fautifs.