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mardi octobre 17, 2017
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Deux femmes, deux jeunes femmes non-armées, sont en train de vaincre Kagame au Rwanda. Elles sont ''les Kimpa Vita'' des temps modernes. Elles prouvent, en luttant ''mains nues'' ,que les hommes convertis en ''monstres à visage humain'' sont pauvres et faibles. Imaginons Kagame en débat contradictoire avec Victoire Ingabire ou Diane Rwigara, il aurait mordu de la poussière. Il a prouvé, en arrêtant Diane Rwigara, qu'il est incapable de procéder à une véritable reddition des comptes devant une Tutsi raisonnable. Victoire Ingabire l'avait déjà mis K.O. En le provoquant au sujet des massacres des Hutu. Ces deux jeunes femmes sont, pour nous, des figures du don de soi et du sacrifice accepté pour une cause noble. Oui. Kagame tue sans état d'âme. Mais parce que c'est un faible ! Courageusement, Diana l'a affronté au cours d'une campagne électorale bidon en sachant qu'elle était prête au pire. Elle a repris l'exploit de sa grande sœur Ingabire. Deux vaillantes femmes ! Le sexe faible est fort.

 

Notre ''naïveté légendaire'' nous a appris à lutter en recourant à l'arme de la vérité ; souvent.

Sur le temps long, nous pouvons nous livrer à un petit inventaire. La traite négrière et la colonisation ont menti dans leur prétention de nous apporter ''la civilisation''. La néocolonisation a menti dans sa prétention de nous apporter ''le développement''. La mondialisation ultralibérale a menti dans sa prétention de nous vendre la démocratie. En principe, nous sommes au bout d'un cycle d'une centaine d'années à partir duquel rien ne pourra plus nous être vendu à moindre frais. En principe, nous devrions nous accorder avec Aimé Césaire qui, dans son ''Discours sur le colonialisme'', soutient que les colonisés ont un avantage sur leurs colonisateurs ; ils savent que ceux-ci mentent. Nous devrions tirer des leçons de vie de ce mensonge entretenu tout au long de notre histoire avec nous-mêmes et avec l'autre ; rendre collectivement ce ''savoir'' conscient.

 

Vivre dans un pays où, pendant plus de cinq décennies, il est difficile de prendre la parole en toute liberté, peut conduire à des généralisations abusives du genre : ''Vous critiquez les impérialistes tout en vivant chez eux''. Les compatriotes émettant ce point de vue semblent avoir perdu l'habitude de lire les notes infrapaginales et/ou les noms des auteurs cités dans certains articles des leurs à qui ils s'en prennent. Une même critique à l'endroit de l'Occident émise par Mufoncol Tshiyoyo et Noam Chomsky sera jugée sévèrement sous la plume du premier. Il y a un problème. Quel serait-il ? 

L'amnésie est une ennemie tapie en permanence à la port des Congolais(es). Elle les plonge dans l'actualisation de vieilles questions pour leur donner l'illusion de débattre sur ''l'actualité''. Pourtant, l'impression que plusieurs compatriotes donnent est qu'ils refusent le débat ou au nom de certaines convictions qu'ils portent, ou par fanatisme ou tout simplement par manque d'intérêt pour l'histoire du Congo-Kinshasa dans le concert des nations.