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mercredi juin 28, 2017
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Il se pourrait que plusieurs compatriotes aient oublié que Carla Del Ponte fut procureure au Tribunal Pénale Internationale pour le Rwanda à Arusha et qu'elle a mené une instruction sur cette guerre. Et qu'elle avait comme porte-parole Florence Hartmann. Et que celle-ci a écrit un livre partageant certains ''secrets'' de cette guerre menée dans la sous-région des Grands Lacs Africains intitulé : Paix et châtiment. Les guerres secrètes de la politique et de la justice internationales (2007).

 

 

Pour le moment, les accords de la Saint-Sylvestres sont bloqués. Ils risquent de ne pas atteindre leurs objectifs. Le débauchage réalisé par le camp du ''pouvoir-os'' au cœur du Rassemblement né à Genval a faussé les calculs. Les débauchés ont dévoilé ''les secrets''. Désormais, les deux camps, celui du ''pouvoir-os'' et celui du Rassemblement, savent que le blocage n'est pas un problème de ''mauvaise foi'' entre ''les politicards congolais'' ; mais plutôt un refus d'obtempérer aux ''maîtres du monde'' cherchant à déshabiller Pierre pour habiller Paul. Il n'y a que ça. Le reste, ce sont des commentaires.La faiblesse de ce ''marché néocolonial'' est le sentiment de toute-puissance de ses commanditaires et de leurs ''nègres de service''. Ils ne savent pas qu'au Kasaï, un proverbe soutient que ''maître au monde, c'est (multiplier) distribuer les yeux'' (''Kulela, nkuabanya mesu'').

 

Dans une analyse non-systémique de ''l' Etat-raté-manqué'' du Congo-Kinshasa, il est encore possible de ne voir que les acteurs, leurs sous-traitants et leurs complices sans analyser les principes facilitant l'articulation de leurs actions. Une analyse un peu plus globale devrait tenir compte de tous les éléments en présence. Plusieurs analyses actuelles de la situation du pays de Lumumba tombent dans l'un ou l'autre de ces travers. Elles sont faibles du point de vue de l'analyse systémique. A notre avis, cette faiblesse est liée au fait que, souvent, nos analyses ne questionnent pas l'histoire et la nature de l'Etat congolais actuel en prenant en compte les acteurs pléniers de la guerre de prédation et ''par morceau'' menée contre le pays, leur mode opératoire transnational et les objectifs qu'ils se sont assigné sur le temps long.

 

Des analyses sur les causes matérielles et historiques de ''la production'' du Congo-Kinshasa comme ''Etat raté'' semblent marquer le pas dans plusieurs milieux congolais. Et le refrain auto-flagellateur revient :  « Les Congolais(es) sont les seuls responsables de tout ce qui leur advient. Ils ne doivent pas chercher de boucs-émissaires. » Cette approche autoflagellante évite d'aborder des questions liées aux paradigmes dominants l'histoire du Congo-Kinshasa avec l'autre. Elle est fondée sur des balivernes. Pour une bonne part. Elle refuse de poser cette question : « Quel est ce Congolais ou cette Congolaise qui a participé à la Conférence de Berlin en 1885 et qui a cautionné la création de son pays comme ''terra nullius'' ? » Cette approche oublie que la Conférence de Berlin a eu une suite décivilisatrice du point de vue de l'exploitation éhontée des Congolais(es) et de leurs terres. Cette conférence a avalisé la hiérarchisation des races, l'inculcation du complexe d'infériorité aux races à soumettre, le déni de l'altérité et la soumission à tout prix des peuples exclus du genre humain. Les efforts déployés par les meilleurs d'entre ces peuples pour leur émancipation politique, leur souveraineté et leur auto-détermination ont été réduits à néant par les pouvoirs décivilisateurs.