En revisitant notre histoire des années 60 et en restant attentif à ce qui se passe à l’est de notre pays aujourd’hui, des similitudes crèvent les yeux. Dans un article intitulé Lumumba et les nègres  de service, il y a un parallélisme que nous n’avions pas pu établir et qui est pourtant essentiel à cause de sa dimension internationale. Il s’agit du rôle que joue, dans notre histoire, l’ONU et ses différents organes. Dans un article intitulé Beni-Lubero encerclé par les clandestins lourdement armés, deux compatriotes de l’est notent ce qui suit : «  Les nouvelles en provenance de quatre coins périphériques de deux territoires de Beni et de Lubero rapportent un afflux des clandestins armés dont certains portent déjà l’uniforme de l’armée congolaise. Ces derniers tuent tous ceux qui leur opposent une résistance, réduisent en esclaves le reste de la population congolaise locale. Ce qui est étonnant est que les discours officiels du gouvernement de Kinshasa et de la Monuc ne font pas mention de cette présence militaire qui menace sérieusement l’intégrité du territoire national congolais. » (cfr le site de Benilubero)   Qui sont ces clandestins ? Plusieurs Ougandais se seraient joints aux Rwandais déjà présents sur terrain. Nos compatriotes sont informés qu’ « au Nord et au Nord-Est de Beni-Lubero, plus précisément dans les localités de Biakato, Kisiki, Kainama, Eringeti, et Kamango, plusieurs sources concordantes font état de l’afflux quotidien d’hommes lourdement armés en provenance de l’Ouganda via Boga et de Tundu en Ituri. Un premier campement des Nilotiques armés est signalé dans la localité de Boga en Ituri. Dans les localités ci-haut citées, ces clandestins lourdement armés ne rencontrent pas de résistance d’une armée ou d’une police congolaise. Au contraire, ils se comportent en maîtres, tuent ou chassent de ces localités toute personne qui se présente comme agent de l’Etat congolais ou celui qui s’oppose à leur présence. Les autorités locales auraient déjà été informées par les chefs coutumiers du coin mais les plus honnêtes d’entre elles disent tout simplement que c’est un problème qui les dépasse. »

Un autre article publié ce matin 18 février 2010 (Cartes du HCR pour l’installation des Rwandais au N/Kivu) sur le même site accuse le HCR d’introduire sur  notre territoire des « réfugiés assez spéciaux. » « Après les « refugiés », le HCR veut aussi réinstaller les « Ex-Combattants ». Le grand inconnu  dans tout ceci est le contenu que le HCR donne aux termes « refugiés » et « Ex-combattants ». De qui s’agit-il ? Les habitants des zones de réinstallation telles qu’identifiées sur la carte du HCR ne se souviennent pas d’un départ forcé des membres de leurs villages vers le Rwanda. La plupart de ces zones de retour sont déjà surpeuplées que leurs habitants se battent déjà entre eux pour la terre arable. Qu’adviendra-t-il après l’arrivée d’autres personnes dans ces villages ! Aussi, quel critère le HCR a-t-il donc suivi pour établir sa carte ? »

 

Une lecture lente et intelligente de ces deux articles atteste que les initiateurs de la guerre d’agression et de prédation de notre pays sont restés cohérents avec eux-mêmes. Dès le début, ils avaient soutenu que la guerre qui se déroulait à l’est du Congo était une guerre ethnique : les majorités ethniques congolaises écrasaient les minorités. Ils ont pu les armer lourdement  pour qu’elles se défendent et reviennent sur « leurs terres ». Toutes les preuves de guerre d’agression et de pillage ne semblent pas avoir changé grand-chose dans la tête des « maîtres du monde ». Accepter cette autre thèse de la guerre d’agression et de prédation reviendrait à confesser au grand jour que « les missionnaires de la démocratie »  sont des « voleurs » se servant des nègres de service pour faire le maximum de profit en semant la mort.

Forcer les Congolais à dépeupler leurs terres, à signer des accords avec leurs meurtriers et à admettre ces derniers parmi leurs gouvernants (l’exemple du CNDP au gouvernement au Nord-Kivu et peut-être bientôt à Kinshasa) sans un début de justice, tel est le pari que « les maîtres du monde » tiennent à gagner. Et pour ce faire, ils se servent de l’ONU et des nègres de service au pouvoir à Kinshasa.

 

En 1960, les casques bleus Ghanéens commis à la protection de Lumumba n’avaient pas pu le protéger au moment opportun. Nous revivons le même scénario. La Monuc et le HCR, organes de la Monuc n’ont pas pu protéger nos populations comme cela aurait été souhaitable.

Pourquoi ? Parce que, dans le rapport de force, l’ONU obéit aux membres les plus influents du Conseil de sécurité ; les mêmes qui, depuis 1960, tiennent à faire du Congo et de l’Afrique, un simple réservoir des matières premières. Pour eux, avoir des hommes et femmes liges dans cette partie du monde suffit pour cette besogne. Les peuples Africains ne comptent pas.

 

Dans un rapport de la CIA faisant des projections sur l’avenir du monde en 2025, l’Afrique et l’Amérique Latine sont purement et simplement oubliées. Au point qu’un critique de ce rapport, Samir Amin estime qu’ « il (y) reste certainement un zest de racisme dans le jugement porté par ces experts sur l’avenir de l’Afrique et de l’Amérique latine. L’Afrique ne comptera toujours pas, et restera ouverte au pillage de ses ressources. Le seul problème pour eux est qu’ici les Etats Unis (et leurs alliés subalternes européens) se trouveront désormais en concurrence difficile avec les appétits de la Chine, de l’Inde et du Brésil. » (Lire  S. AMIN, Le monde en 2025 pour la CIA sur le site de Michel Collon) (Quand après avoir lu un article de ce genre et que nous entendons et lisons ce que certains fils et certaines filles de mon peuple disent des « maîtres su monde », nous prenons la véritable mesure du travail du déformatage et du reformatage auquel « le petit reste » devra être soumis !)

 

Pour n’avoir pas relu et maîtrisé tant soit peu notre histoire, plusieurs d’entre nous, vaincus par la violence des réseaux de prédations installés chez nous depuis 1996 (et même un peu plus tôt) ont cru à l’action bienfaisante de la communauté dite internationale par les organes de l’ONU. Au vu de ce qui se passe à l’est de notre pays et du silence des nègres de service ayant infiltré toutes institutions de notre pays, un appel à la relecture de cette histoire se fait pressant. Au vu de tout ceci, la multiplication des partis politiques nous semble faire le jeu des puissances impérialistes face à l’urgence d’un grand front commun. La multiplication des partis politiques veut répondre à une question qui n’est pas d’actualité : faire, chez nous, le jeu démocratique. Mais comment jouer à la démocratie sous la botte des impérialistes et leurs nègres de service et en ne pesant rien dans la balance des rapports de force ? Ne nous faut-il pas former un front commun empruntant plusieurs éléments au socialisme du 21ème siècle tel que pratiqué par les pays membres de l’ALBA en travaillant, chacun, là où il est, à la politisation de nos masses ? Il est possible que nous soyons à côté de la plaque ! Mais nous ne nous voyons pas résister contre les puissances impérialistes avec plus de 500 partis politiques ayant chacun « son petit chef » qui croit être le meilleur candidat aux présidentielles hypothétiques de 2011 !

A notre avis, notre problème n’est pas que « totutana mitu ». Mais celui de ce mouvement populaire et  solidaire qui fait la force face aux ravages du capitalisme sauvage et ses réseaux de la mort. C’est ce  système qu’il faut, petit à petit, rendre inefficient. Cela d’autant plus qu’il n’est pas naturel. A ce point nommé, l’ONU ne nous sera d’aucune aide. Les nègres de service en poste à Kinshasa, non plus.