Dossiers
jeudi avril 02, 2020
Register

La province du Kasaï Oriental dans le Congo profond est prise dans un tourment d’un conflit territorial qui perdure depuis plus d’un siècle. Il oppose les communautés de Bena Nshimba à celles de Bena Kapuya et Bena Muembia dans l’entité territoriale de Katanda. Ce drame qui a déjà entraîné la mort de plusieurs personnes  depuis son déclenchement se déroule sur fond des rivalités politiques entre différentes autorités qui se sont succédé à la tête de cette province depuis l’époque de la dictature de Mobutu à celle de Kabila Kabange aujourd’hui pour des raisons qui sont simples à deviner.

Et pourtant, des bonnes volontés ne manquent pas dans la recherche d’une solution à ce différend séculaire opposant des communautés aujourd’hui entremêlées par des liens de mariages et de sang. C’est le cas du grand chef de Bena Nshimba Dénis Nkashama Nomba qui dans un mémorandum de plus de 13 pages adressé au Chef de L’Etat et aux autorités administratives du Kasaï Oriental, il y développe une «offre de paix desa communauté de  Bena Nshimba dans le conflit contre les Bena Kapuya et Bena Muembia» mais aussi une  stratégie sensée mettre un terme aux problèmes entre leurs trois communautés pour une coexistence pacifique. Sans aucune réaction jusqu’à ce jour, il s’adresse à la presse et aux gens de bonne volonté; en commençant par les autorités politico-administratives.

 

Pourtant, dans une lettre datée du mois de décembre 2009 dernier à l’endroit du Chef Nkashama Nomba dont une copie est parvenue à la rédaction de www.congoone.net; le vice-gouverneur  du Kasaï Oriental Bruno Kazadi Bukasa lui adresse une sévère mise en garde sur ce qu’il pense être un traquenard de la part de ce dernier dans son offre de paix. Il y lui rappelle le fait qu’il est suspendu de toutes ses fonctions depuis deux ans et qu’il n’a aucune qualité de parler en tant que chef de la communauté de Bena Nshimba. Le vice-gouverneur considère l’offre de Dénis Nkashama comme étant une manipulation de la population pour l’amener à l’affrontement au risque de provoquer des incidents malheureux entre les trois communautés…


Vu ce qui précède, des questions sans réponses se posent à www.congoone.net comme auprès du reste de la population du Kasaï Oriental pour savoir qui est pour la paix et qui ne l’est pas dans ce conflit qui perdure ? Que font les autorités politico-administratives de la province pour que ne se reproduisent jamais des incidents comme ceux ayant entraîné la mort des innocentes personnes lors des derniers affrontements communautaires d’il y a deux ans. Que pensent le président de la RDC et son ministre de l’Intérieur de la RDC de l’implication de certains mandataires politiques dans ce conflit latent qui risque d’éclater de nouveau et pour combien de temps l’on ne sait jamais. Car, des informations en provenance de Mbuji-Mayi même font état d’une campagne de haine colportée par certaines personnes proches du gouverneur PPRD Ngoyi Kasanji.

 

Une question de mentale. C’est en cette courte phrase que se résumerait le drame du conflit entre ces trois communautés déclare un historien Kasaïen. Il faut rééduquer les mentalités de Bena Nshimba, Bena Kapuya et Bena Muembia pour un vivre ensemble. Ni la possession de biens matériels, ni  l’orgueil, ni  le mépris de l’autre ne peuvent prendre le dessus sur la considération et le respect de l’autre poursuit ce professeur d’université. Il insiste aussi sur le fait que l’autorité politique devra jouer à l’équilibre pour une meilleure répartition des terres dans le respect du pouvoir traditionnel qui demeure héréditaire en ligne de sang et non dans la manipulation des nominations des chefs coutumier par le politique au pouvoir. Il nous semble étonnant si non scandaleux que le politique s'acharne à vouloir politiser le pouvoir coutumier et traditionnel.


Sans la réaction officielle des autorités de Kinshasa à qui le mémorandum du chef Nkashama Nomba était adressé et a en comprendre bien, à la rédaction de www.congoone.net, on se rend compte de cette lutte de positionnement politique entre différends protagonistes tant du côté du pouvoir que des communautés en cause. Chacun voulant ainsi affirmer son autorité sans vouloir autant laisser la place à l’autre d’exister. Une chose est certaine, ce dossier reste ouvert  et nous y reviendrons.