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samedi juillet 21, 2018
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Nommé ministre de la Justice et garde des Sceaux au sein du gouvernement dirigé par Adolphe Muzito, le professeur Luzolo Bambi a fait de la traque des jeunes gens qui sèment la terreur dans certains quartiers de Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo, son cheval de bataille. Pour mener son action, les autorités politico-administratives ont été sensibilisées. Ainsi, par exemple, les bourgmestres de vingt quatre communes que compte la ville de Kinshasa ont été placés devant leurs responsabilités.

Depuis, une chasse a été lancée contre toute jeune fille ou tout jeune garçon qui présente les allures d’un délinquant ou d’un consommateur du chanvre ou de l’alcool. Mis à contribution, les éléments de la police nationale congolaise (PNC) sillonnent nuit et jour les différents quartiers de la capitale, mais surtout des coins désignés comme étant les repaires des «kuluna» (c’est le nom par lequel sont désignés ces jeunes délinquants).

Comme les dérapages ne manquent jamais dans presque toutes les missions menées par les éléments des services de sécurité, la chasse aux «kuluna» a connu ses premiers débordements à la mi-septembre. En effet, le 12 septembre 2009, selon nos sources, des éléments de la police nationale congolaise se sont lancés à la traque des prostituées et des enfants de la rue, communément appelés « shégués ».

Tout est parti d’une altercation dans la nuit du 12 septembre dernier entre un commandant de la police et une prostituée. Selon certains témoignages, quelques éléments de la police nationale étaient à la recherche d’une prostituée dénommée Rosette Nsukam et de son complice Papy, alias «Zoulou», accusés d’avoir voulu ôter la vie à un commandant de la police qui, du reste, a été mortellement blessé, pour des raisons ignorées jusque-là.

En opérant, les éléments de la police auraient tiré en l’air pour disperser les prostituées et les enfants de la rue qui se sont farouchement opposés à l’intervention menée par la police pour retrouver les deux personnes ci - haut citées. Non satisfaits de leur mission, les éléments de la police n’arrêtent plus de traquer les «shégués» et les prostituées qui longent les principales artères de Kinshasa. Ils sont tout simplement assimilés aux «kuluna» et envoyés dans des prisons en provinces.

Vu l’ampleur prise par cette opération, certains responsables des organismes de défense des droits de l’homme interpellent les autorités congolaises à faire la part de chose en ce qui concerne cette opération. Certaines ONG des droits de l’Homme dénoncent même le transfert des jeunes gens appréhendés dans les rues de Kinshasa, sans jugement, dans des prisons installées très loin de leurs familles.