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lundi septembre 25, 2017
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Si Jean-Marc Kabund et ses amis poussaient leur raisonnement jusqu'au bout en relisant notre histoire collective, il verrait que ''le pouvoir-os'' et ''la force brute'' d'alias Joseph Kabila sont un mensonge. A travers alias Joseph et ''la kabilie'' , c'est le FMI, la Banque mondiale, les multinationales, Kagame, Museveni, etc. qui opèrent. Oui, derrière alias Joseph Kabila et ''la kabilie'', c'est effectivement ''la communauté internationale'' qui extermine les Congolais(es). Pour quels motifs ? Racisme, mépris, cupidité et instinct de domination.

Jean-Marc Kabund, Secrétaire Général de l'UDPS, a donné une interview au cours de son séjour aux USA, ce 18 juillet 2017. Dans cette interview, il parle des Accords de la Saint Sylvestre et du fait qu'ils n'ont pas été appliqués. Il paraît étonné que la communauté internationale ayant soutenu ces accords ne puisse pas faire pression sur alias Joseph Kabila pour leur mise en pratique. Curieusement, dans son interview, Jean-Marc Kabund, ne semble pas aller jusqu'au bout de son raisonnement. Il aurait pu récuser cette ''fameuse communauté internationale'', inexistante. Elle est réduite, au Congo-Kinshasa, à quelques ambassadeurs des pays (et pas les moindres pour parler comme le Docteur Loseke) ayant participé au dépeçage de l'Afrique à Berlin en 1885, à l'assassinat de Lumumba en 1961, à l'imposition des programmes d'ajustement structurels à son pays (par le biais du FMI et de la Banque mondiale) vers les années 1980 et à la guerre raciste de basse intensité imposée à ce pays par des proxys interposés. Si Jean-Marc Kabund avait poussé son raisonnement jusqu'au bout, il aurait pu effectuer une relecture de l'histoire lui permettant de comprendre que ''cette communauté d'intérêts'' abusivement dénommée ''communauté internationale'' a juré, depuis 1885, de faire du Congo-Kinshasa ''une terra nullius'', un terrain vague, un simple réservoir des matières premières.

Si Jean-Marc Kabund avait poussé son raisonnement jusqu'au bout, il se rendrait à l'évidence qu'il ne sert à rien de compter sur ''cette nébuleuse'' dénommée ''communauté internationale''. Et il ferait du slogan de son parti ''le peuple d'abord'', un mantra pour la suite des événements.

Une sérieuse remise en question de cette ''communauté internationale'' aiderait Jean-Marc Kabund et plusieurs de ses amis à comprendre ''son jeu''.

Elle les a invités à passer de la logique de la confrontation à celle des négociations. Cela n'a pas été respecté par alias Joseph Kabila et ses hommes et femmes liges. Ils tuent, massacrent, assassinent, enlèvent les paisibles citoyen(nes), vident les caisses du pays, etc. Ces nouveaux prédateurs échappent (jusqu'à ce jour) à la justice tant nationale qu'internationale. Entre-temps, que fait la fameuse communauté internationale par le biais de ses ''tueurs à gages'' que sont le FMI et la Banque mondiale ? La Banque mondiale (https://afrique.lalibre.be/6084/rdc-accords-de-dons-conclus-avec-ses-partenaires-au-developpement/)renfloue les caisses vidées en prétendant financer les projets ''humanitaires'' sur lesquels les Congolais(es) n'exercent aucun contrôle social. Cela est un message que Jean-Marc Kabund et ses amis devraient saisir.

En refilant l'argent pillé par les multinationales au Congo-Kinshasa à ''la kabilie'', la fameuse communauté internationale leur dit qu'elle a choisi son camp : celui de la mort des Congolais(es) et du pillage du pays. Elle dit clairement qu'elle n'a rien à voir avec ''les valeurs de la démocratie''.

Pourquoi ? La démocratie (populaire) risque d'instaurer un contrôle social défavorable au racisme, au mépris des Congolais(es), à la cupidité du 1% des oligarques transnationaux et aux profits mirobolants des trans et multinationales. Ce geste de la Banque mondiale est une déclaration de guerre aux Congolais(es) et la perpétuation du ''coup d'Etat'' fait au pays de Lumumba depuis son assassinat. La preuve : elle pose ce geste au moment où les jeunes, les femmes et les masses populaires se préparent à en découdre, pacifiquement, avec ce ''jeune manipulable'' que la fameuse communauté internationale à imposer au Congo-Kinshasa comme le dit si bien le député français

Jean-Luc Schaffhauser dans cette vidéo (https://www.youtube.com/watch?v=sUV09lZoaGU&feature=youtu.be).

Si Jean-Marc Kabund et ses amis poussaient leur raisonnement jusqu'au bout en relisant notre histoire collective, il verrait que ''le pouvoir-os'' et ''la force brute'' d'alias Joseph Kabila sont un mensonge. A travers alias Joseph et ''la kabilie'' , c'est le FMI, la Banque mondiale, les multinationales, Kagame, Museveni, etc. qui opèrent. Oui, derrière alias Joseph Kabila et ''la kabilie'', c'est effectivement ''la communauté internationale'' qui extermine les Congolais(es).

Est-il possible que Jean-Marc Kabund et ses amis changent de discours ? C'est difficile. Mais pas impossible. Dans ce contexte précis, changer de discours signifie relire ses convictions et ses croyances les plus profondes à la lumière de l'histoire avec ses stations de traite négrière, de colonisation et de néocolonisation et rejoindre la résistance populaire. Ce n'est pas facile. Mais ce n'est pas impossible.Vivre en ayant les yeux ouverts et les oreilles ouvertes peut rendre cela possible.

Quand les yeux sont ouverts, ils voient alias Joseph Kabila descendre dans la rue en tenue militaire après avoir signé des accords de dons avec la Banque mondiale. Quand les oreilles sont ouvertes, elles entendent les cris des Congolais(es) invitant à rompre cette alliance de la mort.

Souvent, Jean-Marc Kabund et ses amis s'en prennent à alias Joseph Kabila en épargnant cette alliance de la mort. Alias Joseph Kabila sans ''la fameuse communauté internationale'', sans les mines qu'il brade et l'argent qu'il met dans ses paradis fiscaux n'est rien. Absolument rien.

Ce discours de vérité, Jean-Marc Kabund et ses amis devraient le partager avec les masses populaires pour une politisation collective. Mais aussi pour éviter de leur vendre des illusions des soutiens dont ils bénéficieraient auprès des pays de '' la communauté internationale'' et ''pas les moindres''. Continuer sur cette lancée, c'est entretenir de l'hypocrisie et un mensonge éhonté.

Que Jean-Marc Kabund et ses amis n'aillent pas jeter nos masses populaires non informées sur le mode opératoire de ''la communauté internationale'' face aux chars d'alias Joseph Kabila. Elles seront qualifiées de ''terroristes'' par les nègres de service de ''l'Occident terroriste'' et exterminées en méconnaissance de cause. Macron leur a lancé un avertissement : il y a en Afrique 7 ou 8 enfants par femme. (Ils doivent être exterminés???)

Mais si, demain, une éducation et une formation citoyennes arment ces masses et leur permettent d'entrer en résistance contre ''la fameuse communauté internationale'' et ses nègres de service ; et qu'elles organisent la désobéissance civile sur le court, moyen et long terme, elles sauront faire face aux obstacles et aux sacrifices que cela implique en connaissance de cause. Oui. Agir en connaissance de cause. Conjuguer conscience et connaissance (historique), cela peut soutenir la lutte sur le temps long.

Quand Jean-Marc Kabund et ses amis auront lu ce texte, ils peuvent aussi lire ces livres-ci :

N. CHOMSKY, L'Occident terroriste. D'Hiroshima à la guerre des drones

J. MPUNDU, Un autre Congo est possible si ..

F. DIANGITUKWA, Les Congolais rejettent le régime de Kabila

P. PEAN, Carnages. Les guerres secrètes des grandes puissances en Afrique

F. HARTMANN, Paix et châtiment. Les guerres secrètes de la politique et de la justice internationales

J.-P. MBELU et E. IFONGE, A quand le Congo ? Réflexions & propositions pour une renaissance panafricaine

P. MBEKO et H. NGBANDA, Stratégie du chaos et du mensonge

Ces quelques livres sont cités, non pour des raisons de pédantisme. Non. Il est possible que Jean-Marie Kabund et ses amis n'épousant pas les thèses soutenues dans l'article ci-dessus cherchent, à partir de leurs bureaux d'études, à aller plus loin. Ils ont là une petite documentation dont ils peuvent se servir. Ils ont le devoir de se convertir au discours de la résistance populaire et de travailler avec les masses et les autres intellectuels organiques à la fin de la tragédie congolaise. Elle a trop duré.