Dossiers
mardi novembre 21, 2017
Register

Deux femmes, deux jeunes femmes non-armées, sont en train de vaincre Kagame au Rwanda. Elles sont ''les Kimpa Vita'' des temps modernes. Elles prouvent, en luttant ''mains nues'' ,que les hommes convertis en ''monstres à visage humain'' sont pauvres et faibles. Imaginons Kagame en débat contradictoire avec Victoire Ingabire ou Diane Rwigara, il aurait mordu de la poussière. Il a prouvé, en arrêtant Diane Rwigara, qu'il est incapable de procéder à une véritable reddition des comptes devant une Tutsi raisonnable. Victoire Ingabire l'avait déjà mis K.O. En le provoquant au sujet des massacres des Hutu. Ces deux jeunes femmes sont, pour nous, des figures du don de soi et du sacrifice accepté pour une cause noble. Oui. Kagame tue sans état d'âme. Mais parce que c'est un faible ! Courageusement, Diana l'a affronté au cours d'une campagne électorale bidon en sachant qu'elle était prête au pire. Elle a repris l'exploit de sa grande sœur Ingabire. Deux vaillantes femmes ! Le sexe faible est fort.

 

 

Laisser un époux aimé et sa famille au Pays-Bas pour aller dans un pays où un tyran soutenu par ''les forces de la mort'' tue sans pitié, il faut être Ingabire pour le faire. Etre la fille de son père, c'est-à-dire de l'un des financiers du FPR et commencer à l'évaluer, plus de deux décennies après ''le génocide'', il faut être Rwigara pour le faire. Diane Rwigara a échappé à un procès pour évasion fiscale avant d'être accusée d'incitation à l'insurrection. Sa sœur, Victoire Ingabire est accusée de négationnisme après avoir soutenu qu'à partir de 1994 (et même avant), il y a eu, au Rwanda, des morts dans les camps Hutu et Tutsi.

Rwigara aurait pu, au nom de sa ''tutsité'', être une ''hirondelle'' dévouée à la cause du FPR/APR. Elle a refusé. Elle a voulu évaluer les résultats de la cause pour laquelle son défunt de père a financé le FPR/APR avant de mourir dans des circonstances non élucidées jusqu'à ce jour.

Sa campagne électorale a remis en cause ''le discours officiel'' de Paul Kagame et de ses sponsors ''internationaux''. Oser cela, sans une armée capable de tenir tête au FPR/APR ; oser cela ''mains nues'', sans peur ; tel a été le pire des affronts de cette trentenaire à l'endroit du ''Hitler' des Grands Lacs Africains. Après ''les mains nues'' de Victoire Ingabire, Diane Rwigara vient dire aux Grands Lacs Africains que Paul Kagame et ses sponsors peuvent être battus à plate couture sur leur propre terrain si, sans armes, vous leur demander de rendre des comptes.

Diane Rwigara le fait ''mains nues'', dans le respect du ''bourreau'' des Grands Lacs Africains. Elle entraîne celui-ci sur le terrain où il n'est pas outillé : le terrain du débat contradictoire et de l'argumentation à ''mains nues''. Il est possible qu'elle ait eu l'intuition que sur ce terrain, Kagame est nul, qu'il est faible. Et qu'il compense cette nullité et cette faiblesse par des mensonges débités au travers des ''médias dominants''. Donc, si Kagame avait osé débattre avec Diane Rwigara au cours de la dernière campagne électorale rwandaise, plusieurs de ses mensonges auraient été mis à nu. Que trouve-t-il comme solution ? Arrêter toute la famille de cette jeune dame. Malheureusement, il va se brûler les doigts. Sa police manque de ''professionnalisme'' à la kagame. Elle laisse parler la maman de Diane Rwigara. Elle dit à cette police : ''Vous êtes les véritables Interhamwe''. Habituée à être menottée, elle présente ses bras. Voici exactement ce qu'elle dit : ''« Laissez-moi parler, dit-elle aux policiers. Mettez-moi les menottes, j’ai l’habitude, ça fait une semaine que je suis menottée avec mes enfants. Mon enfant s’est portée candidate comme une Rwandaise mais dans ce pays personne ne dispose de la liberté. Du coup, vous nous avez inventé des taxes qui n’ont jamais existé. Les menottes, j’ai déjà l’habitude. Vous êtes des démons. Des Interahamwe d’un degré supérieur, on ne sait pas d’où vous venez, vous mentez seulement, vous mentez au monde entier. C’est vous qui avez amené les journalistes, alors laissez nous parler. Pourquoi les avez-vous amenés, preuve que vous êtes bêtes ! Vous croyez qu’ils sont des tueurs comme vous ? État de tueurs, depuis le temps, vous n’êtes que des Interahamwe. Ca fait une semaine que nous sommes ligotés et gardés par la garde présidentielle. Vous nous avez pillés, vous avez vandalisé la maison, éventré le plafond, tout est à terre. Vous avez enfoncé les portes, pris tout l’argent, laissez-moi, foutez-moi la paix, tueurs ! »''(https://blog.mondediplo.net/2017-09-07-Rwanda-l-arrestation-rocambolesque-de-l-opposante)

Quand on n'a pas suivi l'histoire du Rwanda de plus près, il est difficile de comprendre le coup que cette femme assène à Paul Kagame et à son ''Etat de tueurs''. Elle leur rappelle qu'ils ont menti, après avoir créé les Interahamwe, de mettre cela sur le compte du pouvoir d' Habyarimana. Lisons bien ceci sous la plume d'un ''écrivain dérangeant'' : ''Les Interahamwe dont le nom est associé au génocide des Tutsi furent créés par un Tutsi devenu plus tard ministre dans le gouvernement tutsi du général Kagame. Le chef de cette milice à Kigali était lui-même tutsi ainsi que nombre d'infiltrés dont nous connaissons les noms et jusqu'au pseudonymes et qui avaient été désignés en raison de leur apparence physique « hutu ». Leur mission était double : provoquer le chaos afin de créer l'irréversible et discréditer les Hutu aux yeux de l'opinion internationale. » (B. LUGAN, Les guerres d'Afrique. Des origines à nos jours, Paris, Rocher, 2013, p.334)

L'arrestation de Diane Rwigara pour ''incitation à l'insurrection'' se comprend mieux sur ce soubassement. ''Les Interahamwe d'un degré supérieur'' ont menti en inventant l'histoire des taxes non payées. Ici, en tant que Congolais(es), nous devons faire très attention. Ce sont les mêmes qui ont inventé et ''les Interahamwe'' et le ''Banyamulenge'' en recourant au mensonge et au chaos. Ils ont aussi infiltrés les institutions du Congo-Kinshasa pour ''créer l'irréversible''.

Les Tutsi, les Hutu et les Congolais(es) sont pris en otage par ces ''Interahamwe d'un degré supérieur''. Deux femmes -parmi tant d'autres- ont compris cela et ont décidé des les affronter à ''mains nues''. Une Hutu et une Tutsi. Elles révèlent le mensonge d'un ''génocide'' commis par une communauté contre une autre et avalisent la thèse d'un ''génocide des Rwandais'' commis par ''les forces de la mort'' alliées du FPR/APR de Paul Kagame. Elles avalisent la thèse du ''génocide congolais'' commis par les mêmes forces de la mort. Contrairement à plusieurs hommes des pays des Grands Lacs, ces deux femmes se battent à ''mains nues'' (malgré les fausses accusations portées contre elles). Elles ont une telle force de l'esprit qu'elles présentent dignement leurs bras aux ''Interahamwe d'un degré supérieur'' qui veulent les menotter. Ingabire sourit en levant ses bras menottés. Et derrière ce sourire, il est possible de lire la grandeur d'une âme ne comptant pour rien sa propre vie. Diane Rwigara est prête à refaire sa campagne électorale si elle était à refaire.

D'ailleurs, en s'engageant dans cette campagne, elle était sûre que tout pouvait arriver. Les hommes, nous sommes pressés. Souvent, nous voulons en découdre avec Kagame, alias Joseph Kabila et d'autres ''nègres de service'' en recourant à ''la force brute'. N'est-ce pas parce que nous sommes faibles ? N'est-ce pas parce que nous pensons que nous pouvons défendre ''la vérité'' au lieu de la laisser se ''dévoiler'' ? Diana est allée au devant des menottes et les milices de Kagame se sont faits accompagner des journalistes afin qu'ils filment leurs forfaits. Elles sont tellement bêtes que la maman de Diane peut le leur rappeler.

Il semble que la vérité n'a pas besoin d'être défendue. Elle prend les escaliers au lieu de l'ascenseur.

Le mensonge fait du tabac ; rapidement. Mais quand la vérité est là, ''les Interahamwe d'un degré supérieur'' et leurs amis Banyamulenge n'ont plus où donner de la tête. Leurs parrains, aussi.

C'est vrai qu'ils peuvent s'en foutre et produire des dégâts énormes. Mais il semble que quand la vérité est là, les ténèbres produites par les vampires commencent à disparaître. Au Rwanda comme au Congo-Kinshasa. Au Rwanda, voici ce qu'un homme, Jacques Baraketse, finit par dire : ''Levons-nous'' (https://www.youtube.com/watch?v=XAPQFsK4TJc&feature=share).

Au Congo-Kinshasa, les jeunes se mobilisent et sont debout. Le souhait est qu'ils ne tombent pas dans l'amnésie. Pour lutter efficacement dans les Grands Lacs Africains, la connaissance de l'histoire est indispensable. Elle nous apprend à savoir à qui nous avons affaire et à connaître le mode opératoire de l'ennemi et de ses sous-fifres. La maman de Diane nous l'enseigne en peu de mots.Cette histoire nous apprend que les menteurs et les violents sont faibles. Elle nous apprend l'importance de nous laisser guider par ''la vérité'' sur le temps long. Elle nous apprend l'importance du passage de relais, de l'évaluation de la lutte et de reddition des comptes. Diane Rwigara nous l'enseigne en affrontant Paul Kagame après sa sœur Victoire Ingabire.

Contrairement aux apparences, les choses n'ont pas beaucoup changé au cours de l'histoire. Les disciples des menteurs sont aussi faibles qu'eux. Relisons ces quelques passages de Césaire :

''Le grave est que « l’Europe » est moralement, spirituellement indéfendable.
Et aujourd’hui il se trouve que ce ne sont pas seulement les masses européennes qui incriminent, mais que l’acte d’accusation est proféré sur le plan mondial par des dizaines et des dizaines de millions d’hommes qui, du fond de l’esclavage, s’érigent en juges.
On peut tuer en Indochine, torturer à Madagascar, emprisonner en Afrique Noire, sévir aux Antilles. Les colonisés savent désormais qu’ils ont sur les colonialistes un avantage. Ils savent que leurs « maîtres» provisoires mentent. Donc que leurs maîtres sont faibles.'' Oui. Les néocolonisés de l'Afrique des Grands Lacs devraient savoir que ''les maîtres ultralibéraux'' de Kagame, de Museveni et d'alias Joseph Kabila mentent et ils sont faibles. A travers ''le sexe faible'', Victoire Ingabire et Diane Rwigara sont en train de les vaincre au Rwanda. Elles viennent nous prouver la faiblesse rationnelle de tous ces hommes qui, en dehors des cas de légitime défense, ne jurent que par les armes létales. Elles nous apprennent que la force de l'esprit et de l'âme peut vaincre les monstres à visage humain. Elles indiquent une autre voie pour la libération de l'Afrique ...(A suivre)

 

 

Babanya Kabudi

Génération Lumumba 1961