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samedi janvier 20, 2018
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Quand notre compatriote, Eliezer Ntambwe analyse l'actualité de notre pays, il lui arrive de poser des questions pertinentes et d'interpeller les consciences congolaises. Néanmoins, plusieurs de ses vidéos indiquent que le constat ne suffit pas. Il est temps qu'il réponde davantage à la question du ''pourquoi'' .Il vient de commenter l'arrestation de Gecoco Mulumba en évoquant ses réalisations comme ''député'' (https://www.youtube.com/watch?v=TpFYmeuw2BI). Mais il ne réussit pas à s'expliquer pourquoi ce ''député '' ayant réussi à réaliser des ''actions concrètes'' sur terrain peut être arrêté pour ''outrage au chef de l'Etat'', sans ''jugement'' et sans soutien de sa ''base''.

Cette vidéo est de 23 minutes seulement. Suivons-là. Elle montre que ''les actions concrètes'' ne suffisent pas pour être bien vu et échappé à l'esclavage kabiliste. Cette vidéo interpelle du point de vue de la réalisation des ''actions concrètes''. Elles ne constituent pas nécessairement une protection de celui ou de celle qui les réalise. Pourquoi ? Sur la vidéo, Ndeko Eliezer ne répond pas à cette question. Il s'en prend aux bénéficiaires des ''actions concrètes'' de Gecoco. Ils ne se préoccupent pas de ''leur bienfaiteur''.

La petite explication selon laquelle Gecoco aurait dédicacé ''son pont'' à Etienne Tshisekedi n'est pas suffisante pour justifier son arrestation extra-judiciaire se moquant de ''son immunité parlementaire''.

Commenter ce qui peut être considéré comme ''actualité congolaise'' au quotidien comporte un danger certain : celui d'oublier la matrice productrice de cette actualité. Savoir que le Congo-Kinshasa est un ''Etat raté'', un ''Etat manqué'' sous occupation des proxys rwando-ougandais et sous tutelle de l'ONU, cela aurait aidé Ndeko Eliezer à comprendre leurs objectifs et à faciliter son approche du sort réservé à Gecoco. Dans un Etat manqué, ''la démocratie formelle'' se moque de ''la démocratie réelle''. Les lois sont vides de contenu.

Dans un pays sous occupation, les populations sont esclavagisées. Et ''un esclave'', fût-il Gecoco Mulumba, ne peut oser créer ''des ponts'' entre ses compatriotes. Les ponts favorisent un fréquentation mutuelle et de possibles coalitions. Gecoco est ''allé trop loin'' en dérangeant les calculs atomisants de l'occupant. Il veut créer l'union et l'unité de ses compatriotes. Il est dangereux pour ''les proxys'' et les autres sous-fifres, partisans du ''diviser pour mieux régner''. Tel est le péché capital de Gecoco Mulumba. En plus, il ose le faire en recourant à sa poche. Donc, il montre que dans ce pays-là, il y a encore des filles et des filles capables de se priver, de dépenser de leur argent pour le bonheur collectif de leurs compatriotes. ''Il mérite la mort''. L'occupation a besoin des ''ramasseurs des miettes'' et pas d' hommes et de femmes debout.En arrêtant Gecoco après Diomi, Muyambo, Diongo, etc. après avoir tué Mamadou Ndala, Floribert Chebeya et son beau-frère Bazana, Armand Tungulu et le Père Machozi, etc., elle dit qu'elle veut être seule aux commandes.

A travers cette arrestation, elle rappelle sa mission : détruire l'identité congolaise en tuant et en arrêtant les plus patriotes d'entre les Congolais(es), poursuivre la destruction du pays pour arriver à sa balkanisation et à son implosion voulues par les parrains des proxys et de la kabilie.

Commenter l'actualité au jour le jour a ses avantages. Il éveille l'attention des compatriotes à ce qui est en train de se passer. Il a ses graves inconvénients : il enferme dans l'instant et oublie l'histoire ; il est un handicap à la construction des arguments raisonnables et rationnels portés par l'histoire.

Tout en encourageant Ndeko Eliezer à poursuivre son éveil des consciences, je l'invite, fraternellement, à revisiter régulièrement l'histoire de notre pays telle qu'elle se déroule depuis la guerre de la fausse libération de l'AFDL. Cela pourrait l'aider à répondre aux questions liées au pourquoi de l'occupation et de la mise sous tutelle du pays qu'il aime beaucoup, le Congo-Kinshasa.

Ce conseil n'a rien de contraignant. Il est à prendre ou à laisser.

Néanmoins, le cas de Gecoco Mulumba, tout comme celui de plusieurs de nos compatriotes avant lui, nous questionne sur notre connaissance de la nature du régime de la kabilie, de ses objectifs, de ceux de ses parrains et de leurs sous-fifres ; mais aussi sur la riposte dont nous sommes capables en conscience et en connaissance de cause comme une ''communauté soucieuse de sa vie et de sa survie''. L'amnésie jouerait en la défaveur de plusieurs d'entre nous.

 

Babanya Kabudi

Génération Lumumba 1961