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lundi septembre 24, 2018
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Demain, il y aura affrontement entre l'intelligence humaine et l'intelligence artificielle. Cette guerre a déjà commencé aujourd'hui. Il est nécessaire de pouvoir occuper utilement ''le terrain de la pensée''. Cette guerre se mènera dans le contexte de la mondialisation. Ce paradigme mérite d'être maîtrisé. L'une de ses caractéristiques est d'avoir fait du monde ''un petit village''. La circulation des personnes humaines n'a pas encore atteint la même vitesse que celle des capitaux. Celle-ci a atteint une vitesse vertigineuse. Néanmoins, de plus en plus, des ''citoyen(ne)s du monde'' augmentent en nombre. Cette citoyenneté (souvent) constitutionnelle n'en fait pas des êtres éthérés. Ils ont leurs pieds sur terre. Ils savent que la terre-mère est d'abord et avant tout enracinement, orientation, identité (première et non meurtrière). Ils n'ont cependant pas peur d'une identité riche de sa pluralité. Ces convictions constituent la matrice orientatrice de toutes leurs actions. Elles n'ont pas besoin d'être partagées par tous leurs compatriotes pour qu'ils créent des espaces de coopération et de synergie pour des actions mutualisées.

Souvent, l'approche du ''terrain de lutte'' congolaise, bien que se servant des NTIC (Nouvelles Technologiques de l'Information et de la Communication) n'intègre pas la dimension de la mondialisation. Cela est un peu contradictoire (ou paradoxal?). La révolution numérique est partie prenante de la mondialisation. Elle participe de la réduction des distances, de la circulation rapide des capitaux et des humains. Mais aussi de leur connexion et de leur interconnexion. Une bonne division du travail d'une politique d'émancipation devrait intégrer cet élément et faciliter la prise en charge de tous ''les terrains possibles et imaginables''. L'oubli du ''terrain de la pensée'' ou sa négligence, le fanatisme ou l'attrait de la pensée unique, le refus de la sagesse invitant à ne pas mettre tous les œufs dans un même panier, tout cela peut conduire au rejet du ''terrain de la pensée''.

Les empoignades sur la notion de ''terrain de lutte'' ne prennent pas en compte les éléments de la diplomatie classique comme la nomination des ambassadeurs et des consuls. Elles refusent d'entrevoir la possibilité d'organiser une diplomatie informelle à plusieurs endroits du monde. Pour les ''empoigneurs'', le Congo-Kinshasa est ''une île'' au cœur d'une mondialisation marchande.

Pour eux, chercher à comprendre et/ou à promouvoir une division solidaire du travail de notre collective émancipation anthropologique relève de la démission et/ou de la fourberie.

Habitués à la personnalisation des débats, ils feignent de débattre des idées pour s'en prendre aux individus. Entre-temps, ils refusent de voir ''leurs chefs'' passant du Nord au Sud et du Sud au Nord ; de l'Est à l'Ouest et de l'Ouest à l'Est. Cela est normal par ceux qui sont sur ''terrain''. Ils ont perdu, pour certains, la notion du ''kaïros'', du ''moment favorable''. Il arrive que ceux qui occupent le ''terrain de la pensée et de l'éveil des consciences'', et qui ne sont ni téméraires, ni suicidaires, fassent irruption physiquement sur ''certains terrains'' au ''moment favorable'' qu'ils auront aidé à provoquer. Cela peut être lu comme de la lâcheté. C'est tant pis ! C'est de bonne guerre ! Du moment que le débat se poursuit et qu'il est non meurtrier.

 

 

Babanya Kabudi

Génération Lumumba 1961