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mardi août 21, 2018
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Les énergies engagées par plusieurs compatriotes pour qu'alias Joseph Kabila ''dégage'' ne laissent pas toujours suffisamment d'espace de débat pour d'autres sujets. Des compatriotes sont convaincus, par exemple, qu'il n'y a pas d'alternative au système néolibéral. Plusieurs ''politicards'' y sont fermement attachés. Tous ne jurent que par ''l'amélioration du climat des affaires'' sans en creuser les externalités. Le phagocytage de la politique (démocratique) par l'argent ne les impressionne pas. Tout comme le gouffre séparant le 1% des riches du 99% des appauvris. Plusieurs ''politicards'', leurs fanatiques et thuriféraires confessent, à la suite de Margaret Tatcher : ''There is no alternative''.

Planchant sur des chiffres présentés par Oxfam, un député européen avoue que les inégalités sont le fruit des choix politiques ; qu'elles ne sont pas le fruit du hasard. Voici ce que dit ce député, Philippe Lamberts : ''La semaine passée j'ai eu l'opportunité de m'exprimer au cours d'un débat en plénière sur les conséquences socio-économiques des inégalités.
J'ai pu rappeler que les inégalités ne sont en rien le produit du hasard ou des lois de la nature, mais bien le résultat de choix politiques. La réalité a beau montrer jour après jour l’absurdité de ces choix, une majorité de décideurs politiques et économiques n’en démordent pas, et la situation va en s'empirant. D'après Oxfam, l’an dernier les 1% les plus riches se sont arrogé 82% des richesses créées dans l’année. Un quart de la population européenne vit en situation ou risque de pauvreté.''

Il n'est pas le seul. Il y a déjà quelques années que Joseph Stiglitz écrivait ''Quand le capitalisme perd la tête'' (2003), que Philippe Pignarre et Isabelle Stengers critiquant ''La sorcellerie capitalisme'' en appelaient à la mise sur pied des ''Pratiques de désenvoûtement'' (2005). L'année dernière, Paul Jorion lançait un cri d'alarme en soutenant que ''Se débarrasser du capitalisme est une question de survie'' (2017).

Au Congo-Kinshasa, le refus de savoir ou la volonté d'ignorer l'importance de la recherche scientifique en équipe conduit ''les politicards'' et leurs thuriféraires à reconduire les théories économiques ayant marqué leurs limites ailleurs. Ces mauvais choix politiques sont souvent mis sur le dos de Dieu. Demain, chez nous, on nous dira que c'est voulu par ''un Dieu'' qui aura choisi ''le quatrième ou le cinquième président''. Et que ''cette prophétie'' ne doit souffrir d'aucun débat, ni d'aucune contradiction. Car, ''tout pouvoir vient de Dieu''.

 

Babanya Kabudi

Génération Lumumba 1961