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lundi décembre 10, 2018
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Une attentive observation de la situation sociale et politique de ce qu'on nomme " République démocratique du Congo ", qui préfigure, en pire celle de l'ensemble des communautés noires à travers le monde, hormis quelques îlots de prospérité par ci par là, laisse apparaître une immense tragédie humaine, l'une des pires en espèce, en regard des potentialités économiques qu'il recèle.

Dans ces lieux gâtés par la nature, les maux résultants des contraintes diverses ont effectivement débouché sur une pathologie sociale, un état morbide permanent du corps social auquel ce dernier semble, non seulement quasi inconscient, mais participe activement à reproduire les effets à travers une conduite sociale primitive, c'est-à-dire totalement assujettie au principe de " plaisir déplaisir " qui fonde précisément l'Inconscient, cette instance suprême de notre mental, notre psychisme. Ce principe préside la plupart de nos comportements, et se décline le plus souvent en la "la loi du plus fort " ou à celle du " struggle for life" selon les circonstances de l'environnement en cause. Naturellement, en conformité avec ce principe l'individu a tendance à éviter tout ce qui lui semble désagréable et recherche constamment ce qui peut satisfaire ses instincts, notamment les plus fondamentaux. Cela apparaît clairement chez le nouveau-né et chez tous les individus adultes fixés au stade de leur prime enfance. La fixation peut-être telle que le sujet recherche de manière obsessionnelle la satisfaction de ses désirs au point d'écraser tout obstacle ou simplement tout objet qui lui paraît hostile à la réalisation de son objectif. Pour franchir l'étape de l'enfance, l'individu, à travers le processus de socialisation, intériorise progressivement les mécanismes de sa "déshumanisation " instaurés par la famille et l'entourage social dans lequel il évolue. Ainsi par la culture, sa personnalité de base intègre progressivement le fait de différer ce besoin de satisfaction immédiate de ses instincts et renforce par voie de conséquence son "Moi" qui va se différencier de son Inconscient. Il intègre l'intelligence et la raison dans la recherche de la satisfaction de ses besoins.


Mais lorsque les conditions de la lutte pour la vie sont excessives et soumettent le plus faible à une forme de servitude qui l'étouffent et empêchent toute émancipation possible, la lutte pour la vie va transformer les individus ainsi frappés, par un processus global de dégénérescence sociale entraînant l'anarchisme.


En général lorsqu'un individu conscient est frappé d'un mal quel qu’il soit, il recherche les voies de la guérison et s'il en est inconscient ou feint d'ignorer son mal pour, croit-il, tromper ou conjurer le sort, il ne cessera de se plaindre de divers symptômes qui le tracassent, lesquels risquent d'entraîner un mal plus grand dont l'issue peut être fatale.
Dans le cas atypique du Congo Kinshasa, le corps social a produit à diverses périodes de son histoire un certain nombre de thérapeutes sociaux qui se sont donnés pour vocation de soigner la pathologie sociale, de nature profondément politique qui affecte depuis de nombreuses années le patient dont question. Malgré leur bonne volonté affichée aucun n'est réellement parvenu à cette fin. Aujourd'hui il apparaît clairement que le corps social congolais est parfaitement conscient du mal qui le ronge est ne cesse de courir derrière un thérapeute digne de ce nom, à mesure, si pas de guérir l'affection, mais de poser le vrai diagnostic en vue de la recherche d'une thérapie efficace.

 

1. Du diagnostic sociopolitique.


Le premier travail du thérapeute va consister à l'écoute active du patient en vue de déterminer, à partir des symptômes décrits, le type d'affection y associée. Il constatera que l'anamnese, c'est-à-dire l'historique de la pathologie du patient Congo Kinshasa met en évidence deux faisceaux de facteurs causals, d'ordre internes d'une part et d'ordre externes d'autre part. De ces deux groupes de facteurs le plus contraignant est celui qui comprend les facteurs externes, lesquels sont plus coercitifs dans leur interaction d'avec les facteurs internes dans le contexte global de la géopolitique internationale et des rapports de puissance des uns vis à vis des autres. Ces puissances internationales elles même agissent dans la sphère mondiale en conformité au principe de " plaisir déplaisir ", c'est-à-dire à la loi du plus fort. Que les principes du " Moi "conscient édictés dans l'édification progressive de la civilisation d'essence judéo chrétienne ne cessent de céder le flanc à la souveraineté d'une nouvelle enfance, revisitée à l'aune d'un mercantilisme débridé. Ce retour brutal de la "libido" en politique internationale, qui fut la cause de la plupart des luttes, guerres, massacres et génocides tout le long de l'histoire tumultueuse des hommes alors que l'humanité était passé en 1945 à un nouvel ordre politique signifiant le renforcement de son "Moi" devenu universel par l'acquisition d'une nouvelle culture, ce retour était le signe que la société universelle était, elle-même ,frappée de la pathologie névrotique. Elle avait besoin d'une thérapie urgente, faute de quoi l'humanité courait un grave danger. Une des preuves consiste dans cette divergence systématique des avis dans les réunions du Conseil de sécurité des Nations unies. (à suivre)