Dossiers
lundi septembre 24, 2018
Register

''Ils nous dominent plus par l'ignorance que par la force'' S. Bolivar

 

Entre un poste où je suis admiratif face à un plat de pattes et un article cachant ''un secret'' aux Congolais(es), plusieurs ami(e)s et compatriotes ont choisi de commenter l'affirmation selon laquelle ''l'homme vit aussi de pain (et de pattes)''. Sur le mur (Facebook) de Jean-Pierre Mbelu, l'article d'Eric Arthur Parme n'est ni lu, ni commenté. Inquiétant ! Autant j'ai rigolé à gorge déployée en lisant lesdits commentaires, autant je suis un peu perplexe face à ce que je considère comme un manque d'intérêt à l'endroit de l'article publié (http://www.kairospresse.be/article/bienvenue-en-ploutocratie-kazakhgate-afrique-reseaux-le-mr-tous-les-etages). Il est possible qu'il ne fasse pas partie du centre d'intérêts de plusieurs de mes amis virtuels. Pourtant, il est riche en info-formations.

Le même article signé par Bénédicte Kumbi, par Mufoncol Tshiyoyo, par Patrick Mbeko ou Jean-Pierre Mbelu aurait attiré l'attention de certains compatriotes fanatiques et thuriféraires des ''gourous-nègres de service'' opérant à partir du Congo-Kinshasa. Ils viendraient proférer des insultes et faire ''de la morale''...

Bon ! Il faut éviter d'exagérer. Commenter une photo et lire un long article, ce n'est pas la même chose ! Même si cette propension à lire les écrits de certains compatriotes pour les insulter et les tourner en bourriques sans participer à un débat de fond constitue une régression humano-intellectuelle dans laquelle plusieurs d'entre nous tombent de temps en temps. Elle met à nu les limites de la vidéosphère : le refus du (conflit non-meurtrier et/ou) débat rationnel et raisonnable assumant de manière responsable l'histoire et/ou la mémoire collective.

L'article d'Eric Arthur Parme vient nous rappeler qu'au Nord du monde, les médias alternatifs ont compris qu'ils ne devraient pas abandonner l'espace public aux médias mainstream décervelant et lobotomisant. Il nous apprend, à nous Congolais(es) que nous sommes constamment placés face à ''un passé qui ne passe pas''. Après avoir lu cet article, il serait intéressant de reprendre la lecture de ces trois ou quatre livres :

P. PEAN, Noires fureurs, blancs menteurs. Rwanda 1990-1994, 2005

C.ONANA, Europe, Crimes et censure au Congo. Les documents qui accusent, 2012

J.-P. MBELU, A quand le Congo ? Réflexions et propositions pour une renaissance panafricaine, 2016

L. DE WITTE, L'ascension de Mobutu. Comment la Belgique et les USA ont installé une dictature, 2017

Il me semble que plusieurs d'entre nous ont une approche dévoyée d'une ''politique dynamique'' au cœur de l'Afrique. Cette approche se moque de l'histoire. Elle se moque du ''passé congolais qui ne passe pas''. La manipulation et l'instrumentalisation des ''nègres de service'' par les Etats profonds du Nord au cœur de l'Afrique est une constante. Les élections libres, démocratiques, claires, limpides, etc. n'y sont que des ''pièges-à-cons''. La guerre perpétuelle entretenue au Congo-Kinshasa est ''une stratégie du chaos'' dont l'un des objectifs est de détruire l'homme et la femme congolais(e) et de tenir leurs enfants dans l'ignorance de ce ''passé qui ne passé'' en présentant ''les petites mains'' dedits Etats profonds comme étant des ''donateurs'' et des ''décideurs''.

Depuis bientôt plus de cinq décennies, les populations congolaises, dans leur immense majorité, paient le prix fort de ce jeu des coulisses où ''les parrains'' se disputent ''les filleuls'' en imposant le silence et/ou la mort aux ''minorités critiques''. Nous en sommes encore là. Et l'article d'Eric Arthur Parme met à nu les jeux et les enjeux de futures ''élections-pièges-à-cons'' du Congo-Kinshasa.

Et malheureusement, ils ne sont pas (encore) nombreux les compatriotes qui l'ont lu et qui l'ont distribué (comme ils l'avaient fait pour la vidéo de Roccardo Petrella. Topanza, avaient-ils dit.)

Sans une bonne maîtrise de ces jeux et de ces enjeux, les fanatiques et les tambourinaires des ''nègres de service'' déjà mis au service pour la descente du pays aux enfers vont intensifier la guerre raciste de basse intensité comme ils l'ont fait avant-hier au Katanga, hier à travers tout le pays et aujourd'hui au Kasaï, à Beni, à Kisangani et ailleurs. Ils le font au nom de ''la démocratie du marché'' que vendent les Etats profonds ploutocrates abusivement dénommés ''vieilles démocraties''.

Que dit spécifiquement Eric Arthur Parme ? Lisons son article et partageons-le. Nous éviterons d'être collectivement les dindons de la farce ''des médiocres'' impunis depuis plus de deux décennies. Nous organiserons ''un grand mouvement populaire'' fait de solidarités résistantes et décidé à dire ''oui'' à un a-venir différent.

 

Babanya Kabudi

Génération Lumumba 1961