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mercredi décembre 12, 2018
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''Ils ont des yeux et ne voient pas ; des oreilles et n'entent pas''

Plusieurs compatriotes ont applaudi ''Alias Joseph Kabila'' quand, dans sa dernière logorrhée (du 19 juillet 2018), il a donné l'impression de s'en prendre à ceux qui ont assassiné ''la démocratie ici (au Congo) et ailleurs'' (sans dire pourquoi, comment ils ont procédé et avec quels sous-traitants ou nègres de service ils ont travaillé). Ces compatriotes et peut-être plusieurs autres ne semblent pas avoir saisi les deux appels de pied fait par ''leur raïs 100%'' aux ''nouveaux cercles du pouvoir'' ayant fait de lui ''l'un des négriers des temps modernes au Congo''.

Il a d'abord fait allusion à ''la libéralisation de l'économie'' dans ''un non-Etat''. Il parlait de l'ouverture de ''la néocolonie congolaise'' au ''capitalisme ensauvagé'' pudiquement dénommé ''néolibéralisme''. Il leur parlait d'une mission accomplie. Il a été mis là pour ça. C'était là l'un ''des moteurs de la guerre'' comme l'atteste Colette Braeckman dans son livre intitulé ''Les nouveaux prédateurs. Politique des puissances en Afrique centrale'' (Paris, Fayard, 2005, p. 187).

Il a ensuite parlait du ''planning familial'' dont devrait s'occuper ''le gouvernement''. C'est comme s'il reprenait ''le discours de Macron'' sur l'Afrique avec ses 7 ou 8 enfants par famille constituant un frein au développement. Ce discours s'inscrit dans ''la logique malthusienne'' chère aux colonisateurs et autres esclavagistes. A ce propos, voici ce qu'en dit Jean Ziegler : ''La peur de la surpopulation a servi admirablement les classes dirigeantes par le passé. Prenons la faim dans le monde. Pendant très longtemps, les théories malthusiennes, celles que le pasteur anglais de la fin du XVIIIe siècle Thomas Malthus a exposées dans son Essay on the Principle of Population – Essai sur le principe de population –, ont été le bréviaire des classes coloniales et dirigeantes pendant deux siècles. Il disait : les famines, le massacre de la faim, c’est horrible, évidemment bien sûr, mais c’est voulu par Dieu pour qu’une catastrophe plus grande soit évitée qui serait la surpopulation et qui ferait qu’un jour plus personne ne pourrait ni respirer, ni manger, ni boire sur la planète. Pour justifier la misère produite par le capitalisme sauvage et la colonisation, les classes dirigeantes anglaises ont invoqué Malthus. Aujourd’hui, le malthusianisme est un fantôme qui hante encore la conscience collective.'' (Ce texte est un extrait du livre de Jean-Ziegler intitulé ''Le capitalisme raconté à ma petite-fille'' et cité par Investig'Action)

La logorrhée d' ''Alias Joseph Kabila'' sur le planning familial est une puce mise à l'oreille de tous les dignes fils et filles du Congo-Kinshasa. Elle justifie l'implication de ce monsieur et de toute ''la kabilie'' dans ''le génocide congolais''. Encore une fois, lui et sa ''kabilie'' accomplissent l'une des missions essentielles reçues de ''nouveaux cercles du pouvoir'', ces planificateurs du capitalisme ensauvagé et de la destruction de la dignité congolaise. Leurs répressions des manifestations pacifiques, leurs massacres extrajudiciaires, leurs assassinats ciblés, leurs tueries des femmes, des enfants, des jeunes et vieux participent de la logique malthusienne profitable aux élites anglo-saxonnes, à leurs alliés ainsi qu'à la classe des compradores africains et congolais. ''Le génocide congolais'' est donc un acte posé en toute conscience sur le long terme. Il s'inscrit dans ''la stratégie du choc'' et dans ''la monté d'un capitalisme de désastre'', comme l'a si bien écrit Naomi Klein. La dernière tragédie du Kasaï est une exemple éloquent.

Dans ce contexte, il n'est pas étonnant que ''les institutions dites internationales'' et rompues à la tâche de ''la planification des naissances'' puissent assister passivement à l'extermination des Congolais(es) malgré les rapports dont ils disposent depuis plus de deux décennies.

Croire après la logorrhée d'Alias Joseph Kabila du 19 juillet 2018 qu'il s'en est pris à ses parrains est une bêtise. Les ''nouveaux cercles de pouvoirs'' dont ils sont issus ou qu'ils servent comme ''petites mains'' n'ont jamais lutté pour le triomphe de la démocratie. Au contraire, ils la combattent. Ils détruisent, par tous les moyens, tous les efforts de constitution des contre-pouvoirs contre leurs ''fondés de pouvoir'' et sont contre le contrôle social. Aller vers eux pour leur demander de sanctionner celui qui accomplit les missions qu'ils lui ont confiées est une bêtise.

Leur semblant de dispute officiel, c'est de la poudre jetée aux yeux de ceux ont des yeux et celles qui ne veulent pas voir et dont les oreilles ne veulent pas entendre.

Les plus incrédules d'entre nous n'ont qu'à prêter l'oreille à ce qui se passent dans plusieurs villes et villages congolais actuellement. A Kananga, les nuits sont de plus en plus un cauchemar . Le drame de Mbobero s'inscrit dans cette politique de la terre brûle. L'ouverture de la campagne pour les élections-pièges-à-cons sera une occasion pour intensifier la violence et poursuivre ''le génocide congolais''. C'est voulu. Il obéit à ''la logique malthusienne'', chère aux ''nouveaux maîtres du monde'' et aux ''négriers des temps moderne'' opérant au cœur de la kleptocratie kabilienne. Leur FCC sera mis à contribution. ''Tshiambidi bualu, bualu kabuabu''. Nous sommes depuis longtemps avertis...Nous avons fait la politique de l'autruche. La dernière logorrhée du ''raïs 100%'' nous rattrape. Nous ne pouvons pas continuer à dire que nous ne savions pas. Non. Notre responsabilité collective est engagée. ''Dire non ne suffit plus''.

 

Babanya Kabudi

Génération Lumumba 1961