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dimanche octobre 21, 2018
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''Un peuple sans mémoire ne peut pas être un peuple libre'' D. MITTERRAND

Des compatriotes ont depuis longtemps refusé d'écouter l'un des leurs, Lambert Mende Omalanga. Ils l'ont classifié parmi ''les menteurs du régime de Kinshasa''. Certaines de ses annonces n'ont pas été converties en faits. Des compatriotes se rappellent, entre autres, qu'il n'y a pas eu ''passation civilisée de pouvoir'' entre un président sortant et un président rentrant en 2016 comme il l'avait soutenu en arguant qu'il détenait cela du ''Président de la République''.

L'explosion de ''télévisions congolaise en ligne'' et la promotion des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication (NTIC) peuvent constituer des arguments plaidant pour ces compatriotes ayant rompu avec l'écoute de Lambert Mende.


Néanmoins, il pourrait aussi être sage d'écouter cet adage de nos ancêtres : ''Bubi mbua matshi, buimpe mbua matshi'' (les oreilles écoutent ce qui est mauvais et ce qui est bon (en vue du discernement)). En sus, il serait irresponsable, à mon avis, d'oublier que ''la RTNC'' est suivie par plusieurs de nos compatriotes dont l'accès aux NTIC est quasi nul. Faire du ''bouche à l'oreille'' en décriant ''la mémoire sélective'' de Lambert Mende peut être un effort à encourager en vue de la dénéocolonisation des imaginaires congolais victimes du régime dont il est le porte-parole.


Ces jours-ci, quand il arrive à notre compatriote Lambert Mende de s'en prendre au mode opératoire de ses ''amis de l'opposition'', il recourt à la métaphore de ''la chambre à coucher'' pour soutenir que les questions liées à ''la souveraineté du pays'' ne peuvent pas être traitée ''au salon'' avec les partenaires extérieurs. Ces questions relèvent de ce qui se passe dans ''la chambre à coucher'', là où l'homme et sa femme sont les seuls à connaître ''le secret président à la fabrication de leur bébé''. Recourant à cette métaphore, il affiche un petit sourire en parlant de ses compatriotes et en fustigeant le fait que plus de cinquante ans après l'indépendance du pays, ils estiment qu'ils doivent encore être les PPNM (Pene Pene Na Mundele), de ''Buana Didier'', etc.


Sauf que Lambert Mende ne dit pas quand ''le régime de prédation'' auquel il participe a rompu avec cette politique néocoloniale. Il serait possible de croire en lui s'il n'était pas, lui-même, avec ses ex-amis du RCD, du CNDP, de l'AFDL, du PPRD, etc. le produit de cette ''négritude de service'' dont il se moque. Lambert Mende a vite oublié que c'est le camp de ''Buana Didier'' qui, avant les élections-pièges-à-cons de 2006, avait interdit aux Congolais(es) de débattre de ''la nationalité douteuse'' de son ''nationaliste de ''Raïs'' ''. Et qui, après, l'a plébiscité comme étant ''l'espoir du Congo'' en travaillant main dans la main avec le Tutsi Power et cel a avant qu'il ne donne ''le premier faux penalty''.


Pas plus tard qu'au mois de mars 2016, Lambert Mende traitant de la guerre raciste de prédation livrée contre les paisibles citoyens congolais, il avouait au cours d'un point de presse qu'elle a été le fait de la coalition entre ''les grandes puissances'' et des criminels (africains) (sans citer les fausses rébellion ayant couvert lesdits criminels).


Aussi ne serait-il pas possible que son ''raïs'' tienne le coup face aux forces de changement congolais sans le lobbying qu'il mène à l'étranger à coup des millions de dollars. Et les armes dont il se sert avec sa milice pour intimider, réprimer et tuer les Congolais(es) ne sont pas fabriquées au Congo-Kinshasa. Elles sont achetées à l'étranger. Vanter ''le nationalisme'' d'un monsieur tuant les Congolais(es) depuis plus de décennies en toute impunité ne peut être que le fruit d'une mémoire sélective.


Contrairement à Lambert Mende, il est fou de croire que dans un non-pays et un non-Etat pris en otage par ''un conglomérat d'aventuriers'' comme le Congo-Kinshasa, là où le débat public sur les questions de souveraineté réelle des Congolais(es) est confisqué, la métaphore de ''la chambre à coucher'' soit révélatrice de quelque indépendance que ce soit. Elle vient révéler l'essence de l'affairisme auquel ce réseau de prédation s'adonne impunément depuis plus ou moins deux décennies. Cette ''politique de bayeba te'', des coups tordus donnés dans le dos des populations, c'est du ''tshididi'' et non pas de la politique dans son sens noble de l'art de participer à l'édification de la cité ''par la parole, par l'action et par le temps''.
Cette métaphore dit ''le difficile passage du pouvoir-os'' entre les parrains d'hier à ceux d'aujourd'hui et à leurs filleuls. Il est malheureusement présenté comme une question de souveraineté là où le souverain primaire est foulé au pied et constamment roulé dans la farine ; là où le processus de sa légitimation de ce ''pouvoir-os'' est réduit à ses applaudissements, sans débat.

 

A ce point nommé, sommé de parler de ''la démocratie'', Lambert Mende la définie comme ''le pouvoir du peuple, par le peuple'' et il oublie d'ajouter ''pour le peuple''. Et il réduit les modes d'expression de ce pouvoir à deux : le referendum et sa délégation aux élus sans indiquer les modalités de contrôle populaire en marge des lieux liés au gouvernement représentatif dont les limites ne sont plus à prouver à l'heure où ''les nouveaux cercles du pouvoir'' néolibéral ont converti les ''gouvernants'' leurs ''petites mains'' et des élections des pièges-à-cons.


Dans ce contexte, l'exercice d'une démocratie effective, d'un pouvoir du peuple, pour le peuple et par le peuple exigerait un renversement de ''la pyramide hiérarchique'' afin que ''le peuple d'abord'', par la participation, la délibération et la décision collectives traite des questions de souveraineté sur la place publique (et non dans ''la chambre à coucher'') et invente les moyens de son contrôle social. Sous d'autres cieux, les votations régulières, l'assemblée constituante et le referendum révocatoire ont répondu à ce désir, tant bien que mal.


La participation de quelques membres du ''régime de la kabilie'' au sommet Chine-Afrique semble leur avoir donné quelques idées sur la mise sur pied, au Congo-Kinshasa, d'un ''régime fort'' se moquant de la dignité des populations congolaises. J'ai cru le sentir en écoutant la fin de l'échange que Lambert Mende a eu avec un journaliste de la RTNC. Ce sommet semble avoir convaincu ces compatriotes que du moment où ''l'économie tourne'', les conditionnalités liées aux droits sociaux, économiques, culturels et environnementaux des populations congolaises ne servent à rien.
Encore faudrait-il qu'ils nous disent ce que signifie ''une économie qui tourne''... dans ''monde sans esprit'' où les cœurs et les esprits ont besoin d'être politisés au cœur des trajets d'apprentissage collectifs créateur des ''intellectuels critiques''.


A mon avis, en attendant la libération de l'espace public congolais, celles et ceux d'entre nous pouvant encore suivre ''le conglomérat d'aventuriers de Kinshasa'' à travers les médias sociaux devraient le faire et partager leurs analyses en espérant participer à un ''du bouche à l'oreille'' salvateur au pays. Les minorités organisées et agissantes devraient entretenir ''des mémoires éveillées'' comme ''arme de destruction massive'' des ''mémoires sélectives'' promues par ''les criminels'' ayant coopéré avec ''les grandes puissances'' depuis les années 1990 (et même un peu plus tôt) pour ''génocider'' les Congolais(es). Cela est nécessaire à la production de la pensée dont le Congo-Kinshasa a besoin pour renaître.

Babanya Kabudi
Génération Lumumba 1961