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mercredi mars 20, 2019
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Si le constat du fiasco orchestré par la CENI au sujet des élections-pièges-cons du 23 décembre prochain n'incite pas les compatriotes à y renoncer, ''l'inacceptable'' pourrait être accepté. Encore une fois ! Il n'y a pas un sans deux. Pas deux sans trois.

 

Depuis les élections-pièges-à-cons de 2006, les Congolais, dans leur immense majorité, aspirent à la fermeture de la page de leur histoire ouverte par l'AFDL et toute sa progéniture. Ils se mobilisent pour que ce désir devienne une réalité. Mais leur passage par les urnes brise ce désir. En 2006, ils étaient majoritairement derrière Jean-Pierre Bemba avant qu'il n'accepte l'inacceptable. En 2011, ils étaient tous majoritairement derrière Etienne Tshisekedi avant qu'ils apprennent que les tricheries et les fraudes ayant eu lieu après leur passage par les urnes n'ont pas eu d'incidences sur l'ordre d'arrivée des candidats à ces élections-pièges-à-cons.

Ayant en vue le dimanche prochain, 23 décembre 2018, ils se préparent déjà ''à accepter l'inacceptable''. Bien qu'ayant vu de leurs propres yeux le désir du refus de la continuité du régime mortifère de ''la kabilie'' au cours de ''la propagande électoraliste'', ils sont en train de partager l'argument de ''la division de l'opposition'' pour justifier ''la victoire'' du boucher des chrétiens et des kasaïens. Ils s'accusent de n'avoir pas réussi à convaincre leurs leaders de ''l'opposition'' de se mettre ensemble. Ils n'ont plus confiance dans les faits. Ils ne croient pas ce qu'ils voient. Ils refusent de relire l'histoire. Ils ne font aucune allusion à ce qui est arrivé à Jean-Pierre Bemba en 2006. Ils refusent de questionner les raisons ayant poussé ''la kabilie'' à passer de ''l'élection présidentielle'' à deux tours à celle d'un seul tour. Ils refusent de relire le fait qu'il y ait eu des tirs à balles réelles sur les Congolais (le 26 novembre 2011 et maintenant) et des mains coupées au cours de cette ''propagande électoraliste'', dans une impunité totale.

Ils préfèrent l'autoflagellation à la réflexion sur la complicité des copains et coquins au cours de trois processus d'une parodie électorale, comme l'affirmait Bénédicte Kumbie hier sur le plateau de France 24 (https://www.france24.com/en/20181218-debate-drc-congo-election-preview-what-next?fbclid=IwAR3e5wbpK939qL42g4nX4RxuZuiAAuZGiMcfFWzU-cdy5uHvOLYMKXOK-Rw)

Ces compatriotes préparés ''à accepter l'inacceptable'' ont noué, depuis bientôt deux décennies, un lien perpétuel avec le refus de savoir, la volonté d'ignorer et même avec une certaine inconscience.

Il n'est pas exclu qu'il y ait parmi eux des victimes d'une ignorance involontaire.

Le refus d'une remise en question profonde d'un processus affairiste vicié et vicieux entretenu par ''la kabilie'' depuis la guerre raciste de prédation et de basse intensité des années 1990 produit en permanence ses fruits amers. ''La campagne électoraliste'' à laquelle les Congolais viennent de participer a éludé la question des acteurs pléniers de cette guerre de basse intensité. Ses acteurs apparents se sont empoignés sur leur instigation. Ils ont marqué leur préférence pour l'un ou l'autre camp dans cette guerre d'usure.

Dimanche le 23 décembre 2018, si ces élections-pièges-à-cons ont lieu, elles mettront sur la place publique, le choix des acteurs pléniers avant que les acteurs apparents cherchent à constituer ''un gouvernement d'union nationale'' ou ''une assemblée nationale'' respectueuse du poids affairiste des Républiques des copains et des coquins : celle de la Gombe et celle de Limite.

Nos populations appauvries anthropologiquement et empêtrées dans la crise de sens n'auront plus que leurs yeux pour pleurer, en attendant qu'amnésiques, elles s'enthousiasment encore pour les élections-pièges-à-cons de 2023. Bon ! Un miracle pourrait surprendre...Mais, les chances d'y croire sont minces.

 

 

Babanya Kabudi

Génération Lumumba 1961