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jeudi novembre 21, 2019
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Ils avaient dit qu'ils déplaçaient ''un camp militaire'' pour le mettre à Beni et/ou qu'ils allaient s'installer là-bas. ''Avant que le coq ne chante'', ils ont renié les masses populaires qu'ils ont mobilisées ''en faisant le plein''. Ils ont été forcés par un agent de ''la kabilie'', Corneille Nangaa, à renoncer à ces promesses de campagne électoraliste pour aller aux élections-pièges-cons sans les dignes filles et fils d'une bonne partie de l'Est de notre ''non-pays''.

A quelque chose malheur est bon, dit-on. Ces dignes filles et fils de notre peuple ont accepté de prouver, à la face du monde, qu'ils pouvaient s'assumer sans les politicards, agents du statu quo, au cœur de l'Afrique. Symboliquement, ils se sont mis debout, ils ont bravé ''Ebola'' et l'insécurité entretenue par les milices de ''la kabilie'' ; ils ont voté sans dépenser les millions de Nangaa gaspillés dans l'achat des ''machines à voler''. Quel courage !

Ces dignes filles et fils de notre peuple dont la capacité organisationnelle et de résilience n'est plus à prouver ont témoigné du courage comme de cette ''vertu d'endurance'' permettant de convertir l'impossible en possible. Leur capacité d'inventivité, de créativité et d'imagination a fait d'eux ''les démiurges de leur propre destinée'', comme dirait Frantz Fanon.

A travers leur vote symbolique du 30 décembre 2018, ces dignes filles et fils de notre peuple viennent de prouver, à la face du monde, que le renversement de la pyramide hiérarchique dans ''un non-pays'' et ''non-Etat'' est possible, que ''le peuple peut se prendre en charge''.

Eduqués par Munzihirwa, Kataliko et Machozi, etc., ils semblent avoir compris que l'avenir du Congo-Kinshasa peut se jouer dans la rupture avec les politicards de ''la République de la Gombe et de Limete'', accompagnateurs complaisants du régime kleptocrate et mortifère de ''la kabilie''.

A travers leur vote symbolique, ces dignes filles et fils de notre peuple nous enseignent comment s'opère le passage des masses populaires au peuple. Ils ont, en quelque sorte, répondu à la question récurrente que plusieurs compatriotes posent après avoir lu l'un ou l'autre article : ''Que devons-nous faire concrètement ?'' Eux répondent : ''Se mettre courageusement debout, user de sa capacité organisationnelle et de résilience , se donner de petites règles et un peu de discipline ; et le tour est joué''.

Sans ''machines à voler'', ces dignes filles et fils de notre peuple ont pris rendez-vous avec l'histoire en se laissant guider par les plus éveillés parmi eux et sont devenus de ''véritables citoyennes et citoyens'' du Congo-Kinshasa en échappant au piège de la balkanisation et de l'implosion du Congo-Kinshasa. Eh oui ! ''Ils sont contagieux !'' Ainsi, font-ils peur ! Ils connaissaient leurs assassins, leurs traîtres et leurs dignes frères et sœurs. Ils sont prêts pour leur émancipation politique. Oui, ils ont effectué, symboliquement, un pas important. La conversion du symbolique en politique et en institutionnel au niveau local et national reste un défi à relever collectivement.

Ils ont l'avantage d'avoir indiqué que cela est possible.

 

Babanya Kabudi

Génération Lumumba 1961