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samedi juillet 21, 2018
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Un plan en marche : brûler le Congo petit bout après petit bout

 

Monsieur « Joseph Kabila Kabange »,

 

Le drame  sécuritaire et humanitaire au Kivu et aujourd’hui dans l’Equateur nous préoccupe au plus haut point. Cette extension meurtrière est un signe que tout observateur intéressé par la question congolaise est appelé à interpréter comme un présage d’une montée en puissance de la réalisation d’un plan concerté pour continuer à mettre à genoux notre patrie et humilier davantage son peuple. Nous prenons à témoin l’opinion nationale et internationale que votre gouvernement apporte sa caution à des situations qui révoltent tout être épris d’humanité. Pour preuve, nous rapportons ici les propos du Porte parole de votre gouvernement, en la personne de Monsieur Lambert Mende qui affirme, contre la réalité du terrain que «  la situation est sous contrôle en Equateur, et que l’autorité est effective dans le Nord Kivu ». Dans le Kivu, le retour massif et incontrôlé des « réfugiés congolais » en provenance du Rwanda, ne disposant d’aucun document pouvant réellement attester de leur statut de réfugiés au Rwanda ainsi que de leur nationalité congolaise, aura des conséquences terribles dont vous serez seul responsable devant l’histoire.

Dans l’Equateur, contrairement aux allégations de votre gouvernement, la situation n’est guère rassurante. Les insurgés dits « Patriotes Résistants de Dongo » font état de la présence de troupes rwandaises dans la région. Ces troupes seraient venues prêter mains fortes à l'armée congolaise. Si cela devait se confirmer, ce qui ne serait pas une première, point ne serait besoin de prêter des lunettes même aux aveugles pour dire que nous assistons à la décimation du peuple congolais et la confiscation de son destin par le pouvoir de l’étranger.

 

Nous vous sommons, Monsieur « Joseph Kabila Kabange » de mettre un terme de la manière la plus humaine à cette situation, étant entendu que vous vous présentez comme le garant de l’ordre et de la sécurité en République « démocratique » du Congo.

 

Le dernier rapport hebdomadaire du Bureau conjoint de coordination des Affaires humanitaires des Nations unies en RDC (OCHA), présente un tableau sombre et particulièrement alarmant de la ville de Dongo. Il existe aujourd’hui des forts risques de maladies en raison de la présence de plusieurs cadavres en décomposition dans les rues de cette agglomération. Au vu de cette situation et pour se protéger des affections possibles subséquentes à cette insalubrité, les populations, craignant pour leur sécurité et leur santé, refusent légitimement de regagner leurs villages. Or, que dit votre gouvernement ? Par la bouche du même sieur Lambert Mende : « On va cesser de distribuer l’aide dans les camps des réfugiés pour amener les gens à rentrer chez eux », tout en reconnaissant que les cadavres en putréfaction à l’air libre constituent un problème pour la population. Cherchez l’erreur !

 

Votre gouvernement et vous-même portez une responsabilité écrasante à l’égard de ces populations déplacées qui souffrent déjà très durement et se retrouvent sans secours ni soutien. Votre lecture des événements tragiques dans l’Equateur est biaisée par votre souci obsessionnel de protéger votre pouvoir à tout prix. Cette attitude cruelle à l’égard de ces filles et fils du Congo a un nom : non-assistance à personnes en danger. Dans cette optique, il existe bien un risque de glissement de cette non-assistance à personnes en danger vers un crime contre l’humanité, si la situation de ces populations venait à s’aggraver par la décision de votre gouvernement de couper les vivres à des populations en détresse.

 

De manière constante et répétée, Monsieur Lambert Mende s’est fait le champion de la négation et de la banalisation des crimes contre l’humanité commis sur les populations congolaises. Or, minimiser des crimes commis ou à commettre tombe sous la désignation d’apologie de violations des droits humains, ce qui constitue en soi un crime contre l’humanité. Qui vivra verra. Wait and see.

 

Le Congo n’a qu’un seul destin: être GRAND.