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dimanche décembre 17, 2017
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Qui se rappelle encore pourquoi Moïse Katumbi Chapwe, ancien gouverneur PPRD du Katanga, a pris ses distances avec Joseph Kabila pour qui il avait pourtant fait campagne en 2006 et 2011 ? Ce n’est pas parce que la gabegie et la prédation ont été érigées en mode de gestion de l’Etat.

En clair, ce n’est pas parce que Joseph Kabila a mal géré le pays. Non ! L’ancien gouverneur du Katanga s’est éloigné de son ancienne famille politique, la Majorité présidentielle, parce que Joseph Kabila n’a pas respecté la constitution adoptée par référendun en 2005 qui dispose que le président de la République est élu pour un mandat de 5 ans renouvelable une seule fois.

L'ignorance voulue et/ou inconsciente de notre histoire collective, la mal information sur cette histoire, le manque de couverture médiatique alternative de cette histoire, la sous-information sur cette histoire risquent de conduire le Congo-Kinshasa à l'implosion au moment où les autres ''humiliés de l'histoire'' sont en train de se regrouper en des grands ensembles pour affronter ''l'empire sur le déclin'' et ses alliés. Des compatriotes ''choisis par le Ciel'' risquent d'induire plusieurs compatriotes en erreur au nom du privilège qu'ils accordent à un seul ''domaine du monde commun'', ''le domaine (magique) spirituel'', afin qu'il colonise les autres (matériel, politique, économique, culturel, social, etc.). ''Au nom du Ciel'', ils excluent tout débat contradictoire de leur approche du devenir collectif congolais et adopte ceci comme option : ''Celui qui n'est pas avec nous est contre nous''. Et qu'en tirent-ils comme conséquence ? Ils en appellent à la fin du ''mariage artificiel'' conclu entre les différents royaumes ayant existé au cœur de l'Afrique avant la colonisation belge. Ou ils veulent tout simplement le précipiter ; sans débat.

Le Congo-Kinshasa a prioritairement besoin de l'alternative et non de l'alternance. L'alternance s'inscrit dans la logique anglo-saxonne de ''la chronite'', de la précipitation confondue avec la vitesse, du ''time is money''.La recherche de l'alternative prend du temps. Le temps du débat d'idées éclairées avec les masses populaires ; de leur éducation et de leur formation. Le temps de la création des collectifs citoyens au cœur desquels les intellectuels organiques et structurants s'adonnant à un apprentissage en commun avec les masses populaires passent patiemment avec elles du statut de ''populace'' à celui du ''peuple''. C'est-à-dire au statut d'un ensemble de citoyens conscients de leur identité, de ses droits et de ses devoirs, de la noblesse de la cause de sa lutte et disposés à aller jusqu'au bout pour la défendre. Un ensemble de citoyens alliant de manière continue la connaissance de son histoire et la maturation de sa conscience identitaire. Le temps que prend l'avènement de l'alternative fatigue ''la populace''.

La corruption est un processus d'altération en profondeur d'une chose ou d'un individu.Ce changement en profondeur atteint les facteurs constitutifs, les éléments permanents de la chose même. La corruption transforme cette chose en une autre chose. Appliquée aux hommes et femmes du Congo-Kinshasa ayant perdu leurs cinq sens, ces facteurs essentiels et constitutifs de leur humanité, il y a lieu de dire qu'ils (elles) sont devenu(e)s des agents du ''sous-système de la kabilie'' et ''les petites mains'' du système néolibéral de notre soumission éhonté et collective au capital financiarisé. Une rupture collective (co-ruption) avec elles s'impose ; à défaut de leur ''re-conversion''.