Dossiers
lundi juillet 23, 2018
Register

Le Congo-Kinshasa, disais-je dans la première partie de cet article, est un pays passionnant. Malgré tout. Il est au cœur de grandes luttes géopolitiques et géostratégiques du monde depuis la nuit des temps. Il est curieux que des compatriotes ayant décrié le fonctionnement mystificateur et mensonger du régime actuel de Kinshasa se mettent à créer des cartels électoralistes en se rendant tout d'un coup compte que leurs egos surdimensionnés devraient être mis de côté. Pourquoi maintenant ? S'agit-il prioritairement de la surdimension des egos ou d'une lecture falsifiée de notre histoire collective et de la crise de légitimité politique dont le pays souffre depuis l'assassinat du premier ministre élu au suffrage universel, monsieur Patrice-Emery Lumumba ? Lequel assassinat a provoqué une désorientation existentielle dans le chef de plusieurs filles et fils du Congo-Kinshasa intéressé(e)s par la politique.

Freddy Mulumba Kabuayi aime les livres. Il aime lire. Il lit beaucoup sur le Congo-Kinshasa, sur l'Afrique. Il s'intéresse depuis longtemps à la géopolitique et à la géostratégie. Pour l'avoir fréquenté, je sais qu'il est très critique à l'endroit des intellectuels et des politiciens congolais. Il est souvent d'avis que plusieurs parmi ces derniers sont des''badi ba bidia'' ( des mangeurs de fufu ; sans plus). Il a quelque chose d'attrayant : il lit et fonde souvent ses arguments sur des faits et une documentation suffisamment sourcée.

Le temps long peut être un mauvais conseiller. Il peut, paradoxalement, aider à l'approfondissement de certaines questions. S'il est curieux que les dernières tueries des milices de Paul Kagame à l'Est du Congo ne suscitent presque pas d'indignation chez ''les politicards congolais'', il y a lieu de voir, dans cet acte ignoble, le dévoilement de ''la stratégie du proxy anglo-saxon, Paul Kagame''.

Les énergies engagées par plusieurs compatriotes pour qu'alias Joseph Kabila ''dégage'' ne laissent pas toujours suffisamment d'espace de débat pour d'autres sujets. Des compatriotes sont convaincus, par exemple, qu'il n'y a pas d'alternative au système néolibéral. Plusieurs ''politicards'' y sont fermement attachés. Tous ne jurent que par ''l'amélioration du climat des affaires'' sans en creuser les externalités. Le phagocytage de la politique (démocratique) par l'argent ne les impressionne pas. Tout comme le gouffre séparant le 1% des riches du 99% des appauvris. Plusieurs ''politicards'', leurs fanatiques et thuriféraires confessent, à la suite de Margaret Tatcher : ''There is no alternative''.