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dimanche avril 30, 2017
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« L'outil le plus puissant que détienne l'oppresseur est la pensée de l'opprimé ». S. BIKO

L' Etat failli et/ou manqué congolais n'assure pas les droits socio-économiques, politiques et culturels des citoyennes et des citoyens. Les frais scolaires, les soins de santé, l'accès au boulot ou à un poste politique, les mariages et les deuils, etc. tout ou presque est financé par la famille, le clan, l'ethnie ou la communauté religieuse à laquelle on appartient. La justice sociale est inexistante.Les routes et les autoroutes reliant les villes et les provinces les unes aux autres n'existent pas. Les échanges interculturels sont rares ou se rarefient. Tel est le contexte dans lequel le repli sur la famille, le clan, l'ethnie et la religion devient le vivier des identités meurtrières. Les siens sont vantés et soutenus aux dépens des autres dans la mesure où ils constituent des ''caisses de solidarité'' et des ''employeurs sûrs''.

''Un missionnaire du panafricanisme sillonne certains pays africains. Il porte ''la bonne nouvelle'' du ''néopanafricanisme''. Il a une bonne maîtrise de la géopolitique mondiale, de l'histoire de son pays et de certains pays occidentaux. Il connaît bien l'histoire de l' Russie et de la Chine et de leurs orientations géopolitiques et géostratégiques. Pour avoir travaillé aux côtés de Kadhafi, il sait qu'avoir une monnaie africaine et une banque africaine de développement digne de ce nom constituent des attributs non-négociables de la souveraineté africaine. Ceci est à mettre à son actif.

Il est curieux que pour la prochaine campagne électorale au Congo-Kinshasa, il y ait des ''produits'' de certaines ''universités occidentales'' et des IFI comme ''candidats potentiels''. Dans les milieux ''non-initiés'' congolais, cela ne soulève aucun questionnement. Appauvris, abrutis, dégradés, ces milieux attendent du ''pain et des jeux''. Quand ces ''produits'' se présentent publiquement, ils disent : ''J'ai 25 ans ou 20 au FMI ou à la Banque mondiale. Je voudrai solliciter, après mes études universitaires et mes prestations aux IFI,le suffrage universel pour développer et reconstruire le Congo-Kinshasa comme président de la République''. Et le public applaudit.

Plusieurs d'entre nous, au sein des partis politiques ou des associations de la société civile, préfèrent être des ''Préso'' et des ''esclaves volontaires '' de l'ordre néolibéral et néocolonial au lieu de participer à l'éclosion d'un grand mouvement citoyen épris de la lutte pour un Congo-Kinshasa réellement souverain. Guérir du ''mobutisme'', c'est-à-dire du culte de la personnalité, des ''slogans creux'' et procéder à une lutte pour un grand mouvement des masses et leadership collectif promouvant ''un primus inter pares'' capable d'assumer à bon escient les défis de l'émancipation politique du Congo-Kinshasa serait une avancée formidable pour ce pays.