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jeudi avril 02, 2020
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«Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous affranchira» Jn 8,32

 

Le rejet de la souveraineté nationale et internationale congolaise après le 30 juin 1960 fut dénommé par « les maîtres » impérialistes et colonialistes « lutte contre le communisme  au nom de la liberté et de la démocratie ». D’où l’assassinat  de celui qui croyait que « les vastes réserves minérales du Congo devraient appartenir au peuple qui y réside », Patrice Emery Lumumba. Aujourd’hui encore, l’enjeu du passage de l’économie politique néocoloniale (ou néolibérale)  à l’économie politique nationale et patriotique demeure le nerf de la guerre. Les IFI s’y opposent  farouchement. La guerre de basse intensité imposée au Congo exprime cette opposition.

L'actualité de ces derniers jours en RDC ou de façon plus globale, dans les pays dits des Grands Lacs africains est dominée par la reddition mystérieuse du sieur Ntaganda, Général de son état. Son passé dans différentes rébellions qui ont décimé les populations à l'est du pays est trop chargé pénalement au point où pas un mais deux mandats d'arrêt avaient été lancés contre lui en 2006 d'abord et puis en 2012. Jusque-là, il avait pu échapper à l'arrestation grâce aux couvertures qu'il jouissait auprès de ses protecteurs. L'État congolais par la volonté manifeste de Joseph Kabila avait empêché son extradition à la cour de la Haye sous prétexte qu'il était un facteur de stabilisation de la paix dans l'Est de la république grâce aux accords signés le 23 mars 2009. Maintenant qu’il a y été transféré après le coup de théâtre de sa présence à l’ambassade des USA au Rwanda, cela n’a pas empêché Boshab, le secrétaire général du PPRD, d’entonner encore la même ritournelle réclamant qu'il soit jugé au pays au lieu d’être déféré à la CPI.

« Un peuple sans mémoire ne peut pas être un peuple  libre. » D. MITTERRAND

 

Face au « chaos ordonné »  qu’ils ont créé ensemble pendant plus de deux décennies au Congo, certains membres du « clan  Kabila » en appellent maintenant aux concertations nationales pour réaliser la cohésion nationale contre l’implosion du pays ; c’est-à-dire contre  le chaos qu’ils ordonnent de l’intérieur sous l’instigation de leurs parrains  et de l’ONU. Tel est le cercle vicieux dans lequel notre pays est en train de s’enfermer et que certains d’entre nous applaudissent comme  « issue à la crise ». Tel est le piège.

L’arrestation le 5 février courant de 19 citoyens congolais en Afrique du Sud au motif présumé de préparer un coup d’Etat contre le régime de Joseph Kabila a relancé de manière insidieuse la question de la filiation de Joseph Kabila Kabange et celle d’Etienne Kabila Taratibu, singulièrement à cause de la sordide manœuvre entreprise par des chiens de garde de la kabilie visant à présenter Etienne Taratibu Kabila comme un usurpateur de sa propre identité.

En fait,  Joseph Kabila Kabange et Etienne Taratibu Kabila ont-ils pour géniteur Laurent-Désiré Taratibu Kabila ka Makolo ? Cette question revient au cœur des débats entre Congolais depuis que le fils ainé des Kabila a été cité comme le présumé cerveau moteur de la conjuration qui aurait été déjouée au pays de Jacob Zuma. L’occasion était trop belle pour Mende Omalanga, ministre de la communication et des médias de la kabilie, de reprendre idiotement une rengaine entonnée en par des  barbouzes au service de la kabilie en avril 2002 à Sun City en Afrique du Sud en marge du Dialogue intercongolais et présentant Etienne Kabila comme n’étant pas fils de Laurent-Désiré Kabila.