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dimanche décembre 17, 2017
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Alors qu’une large frange du peuple congolais n’en finit pas de s’épuiser dans la débrouillardise avec, encore trop souvent, la privation pour seul horizon, la garde rapprochée du président de la RDC surgit avec un projet de changement du mode de scrutin, dans la perspective de la présidentielle de novembre prochain.

Est-il normal d’être à la fois un « scandale géologique », et pourtant figurer parmi les pays les plus pauvres du monde ? Comment expliquer cette incurie qui a élu domicile chez-nous au point de devenir congénitale ? Est-il correct que les compagnies industrielles  et armées étrangères se baladent  au Congo comme en terre conquise de façon systématique ?  Des têtes pensantes congolaises (politiciens, journalistes, professeurs d’université, analystes et étudiants) ont refusé de courber l’échine devant pareille fatalité. Leur but : comprendre le paradoxe, expliquer ce mélodrame sans fin qui se déroule en RDC alors que, tels des badauds, le rôle nous assigné est d’être spectateurs de notre propre destin. Leur hypothèse  pour comprendre cet inexplicable ? « Ce sont les puissances occultes étrangères qui sont à la base de notre descente aux enfers ». C’est la  « thèse du complot ». Sans être polémiste ni iconoclaste, j’examine avec humilité mais de lucidité aussi, le bienfondé de cette théorie si répandue.

Après  avoir lu Pierre Péan (Carnages. Les guerres secrètes des grandes puissances en Afrique, Paris, Fayard, 2010, 562 p.), il serait intéressant de lire Charles Onana (Menaces sur le Soudan et révélations sur le procureur Ocampo. Al-Bashir et Darfour. La contre-enquête, Paris, Duboiris, 2010, 477 p.) Ces deux livres permettent de progresser dans l’approfondissement  de la compréhension des menaces pesant sur certains pays africains en particulier et sur tout le continent africain en général. En lisant ces deux livres, il se dégage une évidence : un certain nombre de pays occidentaux travaillent à la déstabilisation de l’Afrique de manière permanente et cela depuis très longtemps. Ces pays se présentant eux-mêmes comme de grandes démocraties pratiquent depuis toujours un double discours : l’officiel et l’officieux. Ce dernier étant plus efficace que le premier. Quand ils parlent  de démocratie et de droits de l’homme, ils se situent au niveau du discours officiel servi aux plus naïfs d’entre nous. Officieusement, ils sont au service de la ploutocratie ; et ils soutiennent que la politique n’est ni morale, ni éthique. D’où ils peuvent tuer par eux-mêmes  ou par leurs nègres de service interposés ; sans aucun remord. Ils n’ont aucun respect de la vie et de la souveraineté des peuples ne partageant pas leur vision a-morale et a-éthique de la politique. Relisons rapidement le dernier livre de Charles Onana à travers quelques questions.

La défunte Commission Électorale Indépendante (la CEI) a supprimé 506 bureaux d’inscription des électeurs dans la province du Nord-Kivu sur les 792 bureaux d’inscription qu’il y avait en 2005, soit une suppression de 75% de bureaux d'inscription. En d’autres termes, la CEI ne prévoit plus que 286 bureaux d’inscription pour toute la province du Nord-Kivu. Aux dernières nouvelles, cette mesure de réduction drastique du nombre de bureaux d’inscription concernerait aussi d’autres provinces de la République démocratique du Congo, surtout celles qui sont situées à l’Est du pays notamment dans le Sud-Kivu, le Maniema, la Province-Orientale et le Katanga. Ceci, alors que la population générale de la RDC est en constante augmentation de l’ordre de 3% par an, selon l’ONU. Questions : la CEI aurait-elle mis ses bailleurs de fonds devant un fait accompli afin de justifier une commande des nouveaux kits électoraux supplémentaires ? Ou bien, les bureaux d’inscription supprimés auraient-ils donné lieu en 2006 aux fameux bureaux de vote fictifs ? Dans tous les cas, nous allons tenter d’y voir plus clair, étant donné que les multiples éléments matériels pertinents qui sont en notre possession nous donnent des motifs raisonnables de croire que l’actuel processus électoral congolais est vicié d’avance et partant, donnera lieu –si rien n’est fait- à des contestations des résultats lesquelles risqueraient de déstabiliser toute la sous-région de l’Afrique centrale, (http://www.laprosperiteonline.net/show.php?id=6391&rubrique=La%20Une .)