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jeudi avril 02, 2020
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« L’étude de l’histoire est l’un des moyens d’éviter sa répétition. » P.D. Scott

 

Le mois de décembre 2012  donne l’impression d’avoir été riche en évènements pour l’avenir de la sous-région des Grands Lacs. Dans les lignes qui vont suivre, nous allons essayer d’émettre certaines hypothèses qui nous permettent d’être un peu plus attentif à ce qui se joue à l’est de notre pays. Pour rappel, notre pays  est victime d’une guerre de basse intensité orchestrée par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne   et leurs alliés depuis les années 1990. Cette guerre est menée par  Kigali (Kagme) et Kampala (Museveni) et leurs infiltrés dans les institutions et structures étatiques congolaise depuis la guerre de l’AFDL en 1996.. Le M23, après l’AFDL, le RCD,  le PPRD et le CNDP est « un cheval de Troie » dont se sert le Rwanda pour la énième fois pour infiltrer le Congo, l’affaiblir davantage et réussir son émiettement. Sa visée stratégique est de remettre la question de la légitimité du pouvoir politique  ainsi que celle la souveraineté économique, politique et culturelle de notre pays aux calendes grecques. Ce rappel fait, il est important d’être attentif aux signes des temps pour pouvoir poser certaines questions pertinentes.

« Un peuple sans mémoire ne peut pas être un peuple libre » D. MITTERRAND

Nous terminions la première partie de cet article par quelques constats. Nous prions acte  du refus  systémique de l’autre (l’Occident à travers son 1% d’oligarques d’argent) de revenir sur lui-même afin de reconnaître l’Afrique (à travers ses dignes filles et fils) comme « maîtresse » de  ses terres. Nous  prenions aussi acte qu’à la suite de Lumumba, nous sommes plusieurs à répéter les théories de la démocratie, de la liberté, des droits et de la dignité de l’homme sans que nos paroles convertissent les rapports de force en notre faveur. La multiplication des églises sur notre continent ne marche pas (toujours) de pair avec le changement des rapports sociaux. Nous prenions enfin acte que la conquête des cœurs  et des esprits (à travers l’école, l’église, les médias, etc.) précède celle des terres. Et nous posions la question de savoir comment relire notre histoire de façon que les leçons à en tirer nous aident à ne pas répéter les erreurs de nos Pères et à nous assumer comme acteurs pléniers, comme « démiurges » de notre  destinée  en évitant le plus possible de nous trouver des boucs émissaires. Répondre à cette question passe par la lutte contre l’ignorance et la maîtrise du modus operandi de l’autre. Celle-ci aide à rompre avec la naïveté dans l’approche de l’autre. Une connaissance encyclopédique en cette matière est indispensable. Est aussi indispensable la création des lieus d’apprentissage en commun avec nos populations pour augmenter la qualité et la quantité de nos masses critiques. Elle est nécessaire pour que nous guérissions ensemble du viol de l’imaginaire.

« Un peuple sans mémoire ne peut pas être un peuple libre » D. MITTERRAND

Quand  la question de la privatisation de nos terres et de l’émiettement du Congo  (et de l’Afriquet revient sur le devant de la scène nationale et internationale,  nous donnons l’impression qu’elle est neuve ; qu’elle est liée à « la guerre de la libération » menée par l’AFDL et les pays voisins (le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda).  A relire notre  l’histoire des indépendances africaines, il y a lieu de soutenir que cette double question était consubstantielle à la rencontre  de l’autre (l’impérialiste et le colon) et à l’accès de tous les pays africains à leur souveraineté économique et politique. Intuitivement et/ou par expérience politique, Lumumba l’avait senti. Kwame Nkrumah aussi. Nous ne semblons pas avoir suffisamment  étudié notre histoire commune en tant que Congolais et Africains pour en tirer des leçons pouvant faire de nous « les démiurges » de notre destinée.  Il n’est pas trop tard pour la convoquer à notre secours.

Négocier pour que notre pays recouvre sa souveraineté politique et économique a toujours  fait peur aux « maîtres du monde » et à leurs nègres de service. Depuis notre indépendance formelle jusqu’à ce jour, ce qui importe pour eux, c’est de conserver notre pays dans un statut de réservoir de matières premières où ils peuvent puiser comme bon leur semble. Et souvent, sans rien payer et en sacrifiant cyniquement ses fils et filles sur l’autel de leur cupidité. Agissant toujours dans l’ombre, ils écrivent, en sous main, des textes qui doivent être signés comme accords par « les alliés » et « les belligérants  apparents ». Organiser des négociations ou un dialogue quelconque sur notre pays devrait exiger comme préalable une bonne maîtrise de la question congolo-africaine et de la documentation y afférente. Cela éviterait de gaspiller du temps et des énergies avec « des acteurs apparents ».