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vendredi février 21, 2020
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LE PEUPLE CONGOLAIS A FAIM ET SOIF DE JUSTICE ET DE PAIX

Le courage de la vérité (cf. 2Cor7, 14)

Message de l’Assemblée plénière extraordinaire de la CENCO aux fidèles catholiques et à l’ensemble du peuple congolais

 

En date du 11 janvier 2012, les Evêques du Congo ont publié un court message qui porte bien son titre « Le courage de la vérité ». L’intitulé n’en dit pas moins long : « faim et soif de justice et de paix». La triade paix, justice et vérité constitue le substrat de ce message qui prend motivation dans un contexte socio-politique caractérisé par un scrutin présidentiel et législatif entaché de graves irrégularités ; celles-ci en ont compromis la crédibilité et creusé un fossé de méfiance entre peuple et dirigeants.

« Un individu conscient et debout est plus dangereux que dix mille individus endormis et soumis » M. Gandhi

Pour mieux comprendre Patrice-Emery Lumumba, il est indispensable de le replacer dans le contexte de la lutte idéologique entre le capitalisme et le communisme ; le capitalisme étant la matrice consensuelle de l’impérialisme, du libéralisme et de la social-démocratie.

Dans ce contexte, toutes les tentatives d’alternatives à cette matrice consensuelle des idéologies politico-économiques occidentales étaient (et sont encore) combattues avec acharnement par les impérialistes ; l’Union Soviétique, en premier. En effet, « avec un tel ennemi, c’étaient non seulement les communistes américains, mais tous les partisans de changements radicaux, qui pouvaient être discrédités en tant que subversifs « non américains », en tant qu’agents de l’Union Soviétique. La Guerre Froide servit à supprimer toute dissidence. » (J.R. PAUWELS, Le mythe de la bonne guerre. Les Etats-Unis et la deuxième guerre mondiale, Paris, Aden, 2005, p.326. Nous soulignons) Insistons. Dans ce contexte, « aucune conquête territoriale, aucune domination durable n’est possible sans l’action d’un appareil idéologique et répressif, contraignant, cohérent, efficace. » (J. ZIEGLER, La haine de l’Occident, Paris, Albin Michel,, 2008, p.208) Les créateurs et les inventeurs des think tanks le savent mieux que quiconque.

Depuis l’avènement de l'AFDL, l'est du pays est en ébullition. Un scénario catastrophique s'y est installé. La mémoire collective se rappellera des atrocités commises au jour le jour dans plusieurs localités de ces deux provinces. C'est devenu rituel et notoire que c'est qui devrait par ailleurs émouvoir et choquer les consciences est désormais classé au rang des faits divers. On en parle juste le temps nécessaire où les faits interviennent - dans ce cas - les tueries abominables ou les violations monstrueuses de nos mamans et de jeunes filles et puis, le problème est classé sans suite, sans aucun coupable, sans une condamnation. En fait, il tombe dans le règne des oubliettes où les fauteurs de ces troubles ricanent et se moquent des Congolais, dans leur ensemble.

Reprendre cette histoire dans ses grandes lignes peut paraître ennuyeux et même inutile. Néanmoins, ce travail voudrait moins chercher à indiquer des boucs émissaires de notre misère anthropologique qu’ à  jeter un peu de lumière sur les questions essentielles dont le traitement  a coûté la vie à certains de nos héros, sur le mode opératoire des acteurs pléniers de notre commune histoire, sur leur capacité de travailler, pendant plus de cinq décennies sur les mêmes questions, en recourant à ce même mode opératoire. Reprendre cette histoire peut nous inciter à nous questionner  sur les véritables leçons que nous en avons tirées collectivement pour sa réécriture responsable. Mais aussi sur notre capacité collective d’apprendre de nos échecs et de nos défaites.