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mercredi octobre 18, 2017
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Si nous prenons le 30 juin 1960 comme une date  symbolique dans  la lutte pour notre émancipation des pouvoirs impérialistes, le 17 janvier 1961, date de la mort de notre héros national, Patrice Emery Lumumba,  notre lutte ardente et idéaliste et ardente passe, petite à petit, dans la clandestinité. Les nègres au service de la troïka (USA, France et Belgique) en casse l’élan. Les maquis lumumbistes la porteront encore pendant quelques temps sans que son élément moteur soit entretenu ; sans que la politisation des masses se fasse de manière acharnée.  Disons qu’elle va se faire à l’envers avec la naissance du Mouvement Populaire de la Révolution (MPR). Mobutiser nos masses en les rendant esclaves d’un dictateur et des pouvoirs impérialistes a contribué à la dévitalisation de nos populations ; elles ont sombré dans la danse accompagnant leur perte d’âme, de dignité, de liberté, de fierté, de ce qui fait que l’humain demeure debout. Quand les 13 parlementaires, en 1980, prennent distance vis-à-vis de ce pouvoir et essaient de remettre le système auquel ils ont participé, le Congo-Zaïre semble revenir d’un long et profond sommeil avilissant.

Notre hypothèse : l’origine de la misère (crise ?) anthropologique congolaise étant transnationale et ayant plusieurs faces, sa conjuration devrait être transnationale et (complexe ?) multifacétale.

 

Qu’est-ce que la diaspora congolaise a fait dans un passé très récent? Que fait-elle ? Que pourra-t-elle faire ? La question de la mission de la diaspora peut être abordée sous plusieurs angles : politique, juridique, économique, militaire et social. Sous ces différents aspects, le passé de la diaspora peut être approché. L’histoire immédiate de notre pays évoque l’implication de la diaspora dans la guerre dite « de libération » en 1997. Cette guerre qui a finalement dévoilé sa véritable face de guerre d’agression a conduit la diaspora congolaise à s’engager dans une aventure belliqueuse dont elle ne semblait pas maîtriser les tenants et les aboutissants. Les quelques opportunistes qui, en son sein, ont pu avoir accès à la gestion de la chose publique sous Laurent-Désiré Kabila ont brillé par leur amateurisme. « Le soldat du peuple » avait fini par les disqualifier en disant qu’ils étaient « un conglomérat d’aventuriers » n’ayant rien de consistant à apporter à la lutte pour l’émancipation de nos populations. En dehors de ce « conglomérat d’aventuriers », le Congo (RD) compte parmi ses filles et fils de la diaspora des indifférents. Ayant réussi à changer de nationalité ou étant sur la voie d’acquérir une autre nationalité, ces filles et fils ne s’intéressent pas outre-mesure au devenir collectif de leur pays. Fatigués par les histoires des guerres interminables qui sévissent dans cette partie de l’Afrique centrale, ils conseillent ceci : « Eloko wana, toteka yango, tokabola mbongo. » (Cette histoire-là, vendons-là et partageons-nous le prix de revient.)   Dans cette dernière catégorie se rencontrent « les marchands de la terre congolaises ». Ils vont à la rencontre des étrangers pour leur demander de soutenir leur accès aux hautes fonctions de l’Etat chez nous pour faciliter ce marché.

Le choix de Museveni et de Kagame à partir d'octobre 1993 par l'administration Clinton fut dicté par le souci de s’attaquer au terrorisme à partir du Soudan après le coup d’Etat d’Omar El-Béchir en 1989.

Initialement, après la fin de la guerre froide au cours de laquelle Mobutu a joué un rôle important en faveur des intérêts occidentaux l'administration de Bush père en conformité avec Mitterrand voulaient se débarrasser des alliées désormais gênants. Le ministre des affaires étrangères américain James Baker a rendu visite à Mobutu le 24 mars 1990 à Kinshasa pour le remercier confidentiellement des services rendus mais qui ne seraient  plus nécessaires. Il fallait comme alliés des régimes plus démocratiques. Mobutu a compris et démissionné comme Président du parti d'état un mois plus tard. Mitterrand préférait une action plus spectaculaire avec son discours lors du Sommet Franco-africain à la Baule en juin 1990. La pression de démocratiser a produit des conférences nationales et tables rondes dans beaucoup de pays. Puisque les exilés Tutsi en Ouganda n'avaient pas de chance de gagner des élections ils ont entrepris une invasion à partir de l'Ouganda le 1er octobre 1990. Au début les américains n'ont pas soutenu la victoire complète du FPR. Ils ont longtemps opté pour un partage de pourvoir et de décharger Museveni des ces exilés devenus encombrants.  Mais après la débâcle de Mogadiscio  le  3 octobre 1993, Clinton a décidé de retirer tous les soldats Américains de l'Afrique considérée sans importance économique et politique. Cette décision a provoqué une réaction de la part des milieux politiques et militaires Américains que avaient en vue les intérêts sécuritaires que le Soudan représente dans la stratégie américaines en Proche orient. Les USA avaient donc besoin des gens capables de se battre contre Omar El-Béchir, le cas échéant. Museveni accepte le marché et sollicite que ses alliés Américains l’aident à se décharger des problèmes liés à la présence des Tutsi Rwandais en Ouganda et  de « le libérer » des exigences démocratiques dans son propre pays (et au Congo). Pourquoi ?

Il y a une certaine lecture de la géopolitique de l’Afrique centrale qui demande d’être revue et corrigée. Elle part du Congo et de sa position au cœur de l’Afrique pour affirmer le rôle qu’il a joué pendant la guerre froide. Elle consiste à soutenir que depuis la mort de Lumumba et le coup d’Etat de Mobutu, ce dernier a, officiellement, gardé cette partie de notre continent de sombrer dans le communisme (pendant toute la durée de la guerre froide).