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vendredi décembre 15, 2017
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Aux dires de certains acteurs politiques Congolais opérant au pays, la RD Congo compte plus ou moins 300 partis politiques. C’est un secret de polichinelle : plusieurs de ces partis sont alimentaires et/ ou électoralistes.

Si, dans les pays dits de « vieille démocratie », les partis politiques bénéficient du financement de l’Etat au moment des élections par exemple, chez nous, plusieurs de ces partis se débrouillent par eux-mêmes. Et à un certain moment, ils posent, presque tous, la question des moyens. Et cette question est réduite à celle de la mobilisation des moyens matériels. Or, à analyser de plus près, la misère dans laquelle notre pays est plongée, plusieurs analystes s’accordent à dire qu’elle est anthropologique. C’est-à-dire qu’elle est à la fois économique (matérielle), politique, socio-culturelle et spirituelle. Que plusieurs partis politiques congolais se limitent, souvent, si pas toujours, à la quête des moyens matériels, cela pose quand même un tas de problèmes.

Qui arrêtera le cartel du crime qui sévit aujourd’hui à Kigali ? Qui mettra un terme au calvaire sanglant des Tutsi, des Hutu et des Congolais ? Qui rendra justice aux Français, aux Espagnols et aux Canadiens tombés sous les missiles et les balles des tueurs qui ont pris, par la force, le pouvoir en 1994 au Rwanda ?

 

Pour l’instant, le silence règne. Peut-être aussi un certain malaise ! Face à l’escalade meurtrière du pouvoir rwandais, face aux fuites en cascade de militaires et de diplomates rwandais à l’étranger, face aux multiples persécutions d’opposants politiques, face aux arrestations arbitraires de citoyens rwandais dans leurs pays comme à l’étranger, les puissances occidentales qui soutiennent le régime de Kigali font profil bas. Pourtant, la vie de nombreux Rwandais est, à l’intérieur comme l’extérieur, plus que jamais menacée. Peu importe qu’ils soient Hutu ou Tutsi. Depuis l’époque des partis uniques, l’Afrique n’a pas connu une dictature aussi féroce et un pouvoir aussi cruel. Une situation intenable et forcément insupportable pour toutes les victimes de la tragédie de 1994 au Rwanda.

I. L’expansion du capitalisme du désastre[1], ce système du tout marché privilégiant la production des biens et des services à moindre coût et le profit à tout prix et prospérant là où la mort et ses dégâts collatéraux sont semés. Souvent, si pas toujours, plusieurs hommes et femmes politiques du Nord et du Sud, de l’Est et de l’Ouest de notre monde sont « les missionnaires » de cette nouvelle religion. Comment procèdent-ils pour que triomphe le capitalisme du désastre chez nous? Ils ont deux armes : la guerre (froide, tiède, chaude) et l’entretien de la dette extérieure de notre pays.

Explicitons  un peu. Des travaux forcés et des mains coupés de la période léopoldienne et coloniale en passant  par la dictature de Mobutu, la guerre des aventuriers de l’AFDL, du RCD et du CNDP instrumentalisés par Museveni, Kagame[2], Kabila Joseph et leurs parrains occidentaux (et leurs trans et multinationales[3]),  deux constantes se dégagent : le sang des Congolais versé et l’entretien de la dette extérieure. Le capitalisme du désastre orchestre les guerres comme moyen d’accès aux matières premières stratégiques[4]. Il instrumentalise les médias et les institutions dites démocratiques à son profit. Il triomphe là où triomphe la cupidité[5] (la mangeoire) comme signe visible d’un individualisme et d’un matérialisme exacerbés. Son triomphe détruit la confiance entre les gouvernants et les gouvernés et promeut les ploutocrates. (Les différents rapports des « Commissions parlementaires » du Congo sont éloquents à ce sujet. La Commission Lutundula mérite d’être citée même si toutes les conséquences n’ont pas été tirés du travail qu’il a abattu.)

Hier jeudi, sous le Haut Patronage de l’UNIR de Frédéric Boyenga-Bofala (resté dans l’ombre), dans la salle du MOC situé sur  la Rue Pletinckx 19 à Bruxelles, à partir de 18h45, les Congolais(es) venus de tous les coins de l’Europe et même du Congo (la Sénatrice Eva Bazaïba et le Député Clément Kanku) et certains de leurs amis Occidentaux ont eu un échange on ne peut plus fructueux avec le journaliste d’investigation franco-camerounais Charles Onana, avec l’ex-congressiste US, l’envoyée spéciale de Bill Clinton dans la région des Grands Lacs en 1997, Cynthia McKinney et avec l’un des dignes fils du Congo, le Professeur Emmanuel Nashi.  Cet échange sans tabou a tourné autour du thème : 1997-2010. Du désastre humanitaire à la balkanisation de la RDC, quelle réaction pour le peuple congolais ? Tous ces trois orateurs principaux de la soirée du jeudi 04 mars 2010 sont tombés d’accord sur une lapalissade : les acteurs majeurs de la tragédie n’apparaissent pas souvent au grand jour ; ils opèrent par les suppôts-bandits de grand chemin interposés. L’un de ces bandits, c’est Paul Kagame dont Tony Blair est devenu un conseiller bénévole ! Pour Cynthia par exemple, depuis que Kagame est le pire de ces suppôts ; bénéficiant du soutien d’Israël, il croit que tout lui est permis. Ce membre du parti vert américain revenant du Tribunal Russel sur la Palestine a confié aux Congolais(es) que ce sont les mêmes criminels qui organisent le génocide en Palestine qui sont au cœur de la tragédie congolaise. Que les USA de Barack Obama ne peuvent rien changé à cette situation. Au contraire, ils l’entretiennent pour des raisons historiques évidentes que les archives ce  pays conservent. Dieu merci, a-t-elle encore confié, la justice espagnole est décidée à en découdre, à tout prix, avec Paul Kagame et ses 40 escadrons de la mort.