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vendredi février 23, 2018
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Qui arrêtera le cartel du crime qui sévit aujourd’hui à Kigali ? Qui mettra un terme au calvaire sanglant des Tutsi, des Hutu et des Congolais ? Qui rendra justice aux Français, aux Espagnols et aux Canadiens tombés sous les missiles et les balles des tueurs qui ont pris, par la force, le pouvoir en 1994 au Rwanda ?

 

Pour l’instant, le silence règne. Peut-être aussi un certain malaise ! Face à l’escalade meurtrière du pouvoir rwandais, face aux fuites en cascade de militaires et de diplomates rwandais à l’étranger, face aux multiples persécutions d’opposants politiques, face aux arrestations arbitraires de citoyens rwandais dans leurs pays comme à l’étranger, les puissances occidentales qui soutiennent le régime de Kigali font profil bas. Pourtant, la vie de nombreux Rwandais est, à l’intérieur comme l’extérieur, plus que jamais menacée. Peu importe qu’ils soient Hutu ou Tutsi. Depuis l’époque des partis uniques, l’Afrique n’a pas connu une dictature aussi féroce et un pouvoir aussi cruel. Une situation intenable et forcément insupportable pour toutes les victimes de la tragédie de 1994 au Rwanda.

I. L’expansion du capitalisme du désastre[1], ce système du tout marché privilégiant la production des biens et des services à moindre coût et le profit à tout prix et prospérant là où la mort et ses dégâts collatéraux sont semés. Souvent, si pas toujours, plusieurs hommes et femmes politiques du Nord et du Sud, de l’Est et de l’Ouest de notre monde sont « les missionnaires » de cette nouvelle religion. Comment procèdent-ils pour que triomphe le capitalisme du désastre chez nous? Ils ont deux armes : la guerre (froide, tiède, chaude) et l’entretien de la dette extérieure de notre pays.

Explicitons  un peu. Des travaux forcés et des mains coupés de la période léopoldienne et coloniale en passant  par la dictature de Mobutu, la guerre des aventuriers de l’AFDL, du RCD et du CNDP instrumentalisés par Museveni, Kagame[2], Kabila Joseph et leurs parrains occidentaux (et leurs trans et multinationales[3]),  deux constantes se dégagent : le sang des Congolais versé et l’entretien de la dette extérieure. Le capitalisme du désastre orchestre les guerres comme moyen d’accès aux matières premières stratégiques[4]. Il instrumentalise les médias et les institutions dites démocratiques à son profit. Il triomphe là où triomphe la cupidité[5] (la mangeoire) comme signe visible d’un individualisme et d’un matérialisme exacerbés. Son triomphe détruit la confiance entre les gouvernants et les gouvernés et promeut les ploutocrates. (Les différents rapports des « Commissions parlementaires » du Congo sont éloquents à ce sujet. La Commission Lutundula mérite d’être citée même si toutes les conséquences n’ont pas été tirés du travail qu’il a abattu.)

Hier jeudi, sous le Haut Patronage de l’UNIR de Frédéric Boyenga-Bofala (resté dans l’ombre), dans la salle du MOC situé sur  la Rue Pletinckx 19 à Bruxelles, à partir de 18h45, les Congolais(es) venus de tous les coins de l’Europe et même du Congo (la Sénatrice Eva Bazaïba et le Député Clément Kanku) et certains de leurs amis Occidentaux ont eu un échange on ne peut plus fructueux avec le journaliste d’investigation franco-camerounais Charles Onana, avec l’ex-congressiste US, l’envoyée spéciale de Bill Clinton dans la région des Grands Lacs en 1997, Cynthia McKinney et avec l’un des dignes fils du Congo, le Professeur Emmanuel Nashi.  Cet échange sans tabou a tourné autour du thème : 1997-2010. Du désastre humanitaire à la balkanisation de la RDC, quelle réaction pour le peuple congolais ? Tous ces trois orateurs principaux de la soirée du jeudi 04 mars 2010 sont tombés d’accord sur une lapalissade : les acteurs majeurs de la tragédie n’apparaissent pas souvent au grand jour ; ils opèrent par les suppôts-bandits de grand chemin interposés. L’un de ces bandits, c’est Paul Kagame dont Tony Blair est devenu un conseiller bénévole ! Pour Cynthia par exemple, depuis que Kagame est le pire de ces suppôts ; bénéficiant du soutien d’Israël, il croit que tout lui est permis. Ce membre du parti vert américain revenant du Tribunal Russel sur la Palestine a confié aux Congolais(es) que ce sont les mêmes criminels qui organisent le génocide en Palestine qui sont au cœur de la tragédie congolaise. Que les USA de Barack Obama ne peuvent rien changé à cette situation. Au contraire, ils l’entretiennent pour des raisons historiques évidentes que les archives ce  pays conservent. Dieu merci, a-t-elle encore confié, la justice espagnole est décidée à en découdre, à tout prix, avec Paul Kagame et ses 40 escadrons de la mort.

 

Il a fallu un temps fou pour que plusieurs de nos compatriotes comprennent que la guerre d’agression menée contre notre pays depuis 1996 est une guerre économique. Nous l’avons souligné à plusieurs reprises : les pays qui prétendent être « les grandes puissances » et leurs multinationales se font la guerre tiède, froide, chaude, etc. pour avoir accès aux matières premières stratégiques. Celui qui en a le plus passe pour la plus grande puissance du monde.

La logique rivalitaire joue à fond dans cette guerre. Ecraser les rivaux, rendre ingouvernable notre pays en entretenant un climat de terreur et une violation systématique des traités juridiques internationaux et nationaux, tout cela contribue au pillage en règle de nos matières premières. L’affaiblissement de l’Etat ou sa non-existence, le marionnettisme et la mise sur pied du travail de prédation en réseau font partie des tactiques savamment orchestrées par « les maîtres du monde et ceux qui leur obéissent » pour faire de notre espace vital un no man’s land, une jungle.