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samedi juillet 21, 2018
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Le mouvement rampant du Nord de l’Afrique

Au moment où une partie de l’Afrique vibre sous l’effet de la masse populaire et fait tomber des « monarques » cramponnés au pouvoir depuis belle lurette, il est à se demander quand ce vent-là frappera les autres parties du continent ? Le mouvement qui se propage comme une tâche d’huile du Nord du continent vers d’autres pays arabes et qui brandit un slogan simple mais éloquent : « dégage »,  ne peut manquer de nous rappeler la triste réalité politique que vit encore la Côte d’Ivoire après les élections tenues au mois de novembre dernier. À l’issue de ces joutes électorales, ce pays africain a deux candidats prétendant tous avoir gagné. Depuis lors, le pays est plongé dans une catastrophe qui ne dit pas son nom. Cette situation chaotique entache terriblement, à ne pas s’en douter, l’honneur des Africains dans l’ensemble. Au-delà des considérations des deux antagonistes, il est un fait qu’on ne peut sacrifier l’intégrité du pays ou encore, provoquer un bain de sang pour l’orgueil, par ailleurs personnel, de demeurer au pouvoir ou d’y accéder.

(« Un fruit tombe quand il est mûr. Mais face à l’ouragan de l’histoire, mûr ou pas mûr, il tombe quand même. »)

Ce qui se passe depuis plus d'une semaine en Tunisie donne à penser. L'ouragan tunisien vient remettre en question toute une croyance des dictateurs africains en la science politique infuse chez "les maîtres du monde". Compter en tout et pour tout sur leur appui peut dorénavant être lu comme un signe de regression intellectuelle, idéologique et politique; un signe de bassese d'esprit et d'une servilité indescriptible.

Sur papier, Wau, chef-lieu de l’Etat de Bahr-El-Ghazal de l’Ouest, est la deuxième ville du pays, après Juba, la capitale de l’Etat autonome du Sud-Soudan. Mais en réalité, elle n’est qu’une bourgade qui rappelle au visiteur que je suis la commune de Kisenso, à Kinshasa. C’est tout dire. La première impression  qui vous frappe c’est comme si le temps s’était arrêté depuis le début du siècle dernier sur Wau : à l’image du reste du pays – à l’exception de Juba qui est devenu un véritable chantier -  pas d’infrastructure majeure ici: à part les six ou huit kilomètres du tronçon asphalté allant de Wau Airport à la résidence locale du Président, toutes les routes sont en terre battue et poussiéreuses en cette saison sèche qui s’abat sur la région. A défaut de voitures taxis, ce sont des tricycles qui vous amèneront clopin-clopant sur des routes cabossées. Les marchandises se portent encore à dos d’ânes ou sont trainées par des chevaux, tristes conséquences de la plus longue guerre civile d’Afrique et d’une injuste répartition des revenues du pays. "Même le Congo en 1960 n’était pas ainsi. Il y avait au moins ici et là quelques bâtiments publics, des hôpitaux, des usines, etc. Mais ici, rien de rien", se plaint Alidor M., 40 ans, un émigré congolais.

Alors qu’une large frange du peuple congolais n’en finit pas de s’épuiser dans la débrouillardise avec, encore trop souvent, la privation pour seul horizon, la garde rapprochée du président de la RDC surgit avec un projet de changement du mode de scrutin, dans la perspective de la présidentielle de novembre prochain.