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lundi septembre 24, 2018
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Il n’y a pas longtemps que nous avons fait mémoire de la marche à jamais mémorable, des chrétiens du 16 février 1992. Voici un article publié trois jour avant cette marche dans la Référence plus n°35 février 1992, p.3 qui garde toute sa pertinence vu l’actualité  des révolutions arabes actuelles.

Tout commence de façon anecdotique le 17/12/2010 lorsque Sidi Bouzid, ce jeune diplômé chômeur et vendeur de légumes s'immole par le feu à la suite d'une altercation avec la Police tunisienne. Un mois plus tard  la "Révolution du jasmin" pousse le président Ben Ali à la fuite. L'Egypte  s'est embrasée peu après jusqu'à ce que le Raïs Moubarak soit, lui aussi, forcé à la démission le 11/2/2011.

Le mouvement rampant du Nord de l’Afrique

Au moment où une partie de l’Afrique vibre sous l’effet de la masse populaire et fait tomber des « monarques » cramponnés au pouvoir depuis belle lurette, il est à se demander quand ce vent-là frappera les autres parties du continent ? Le mouvement qui se propage comme une tâche d’huile du Nord du continent vers d’autres pays arabes et qui brandit un slogan simple mais éloquent : « dégage »,  ne peut manquer de nous rappeler la triste réalité politique que vit encore la Côte d’Ivoire après les élections tenues au mois de novembre dernier. À l’issue de ces joutes électorales, ce pays africain a deux candidats prétendant tous avoir gagné. Depuis lors, le pays est plongé dans une catastrophe qui ne dit pas son nom. Cette situation chaotique entache terriblement, à ne pas s’en douter, l’honneur des Africains dans l’ensemble. Au-delà des considérations des deux antagonistes, il est un fait qu’on ne peut sacrifier l’intégrité du pays ou encore, provoquer un bain de sang pour l’orgueil, par ailleurs personnel, de demeurer au pouvoir ou d’y accéder.

(« Un fruit tombe quand il est mûr. Mais face à l’ouragan de l’histoire, mûr ou pas mûr, il tombe quand même. »)

Ce qui se passe depuis plus d'une semaine en Tunisie donne à penser. L'ouragan tunisien vient remettre en question toute une croyance des dictateurs africains en la science politique infuse chez "les maîtres du monde". Compter en tout et pour tout sur leur appui peut dorénavant être lu comme un signe de regression intellectuelle, idéologique et politique; un signe de bassese d'esprit et d'une servilité indescriptible.