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lundi juillet 23, 2018
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Une relecture attentive de notre histoire collective depuis 1885 interdit aux ''élites organiques et co-structurantes'' de ne pas baisser la garde. Pourquoi ? Une bonne connaissance des acteurs pléniers de la tragédie congolaise y oblige. Ils dénient aux populations des pays qu'ils veulent transformer en ''espace vague'', exploitable à souhait, leur humanité. Ils les considèrent comme étant des ''êtres inutilisables'' et/ou inutiles. La dénégation de leur humanité et de leur altérité est une constante chez ''les maîtres du monde et ceux qui leur obéissent''. Il y a deux jours, en écrivant un article sur Lumumba, je notais ceci : ''Le Congo-Kinshasa est donc actuellement à un tournant très dangereux. Des soutiens et des choix uniquement émotifs peuvent signer la fatale descente du pays aux enfers.''

Les cœurs cupides et les esprits assoiffés de ''pouvoir-os'' pourraient induire les Congolais(es) en erreur s'ils ne renoncent pas à leur idée biaisée d'une ''politique mondiale dynamique''. Depuis 1885, le Congo-Kinshasa connaît une guerre perpétuelle et par morceau. Elle est ''une opération économique rentable'' pour les forces impérialistes et néocolonialistes. Celles-ci ne prennent pas en compte ses externalités. C'est-à-dire la régression anthropologique et la crise de sens qu'elle induit. Les élites compradores et les autres esclaves volontaires de ces forces mentent en voulant cacher aux masses de nos compatriotes l'atrocité de cette guerre raciste de prédation en prétendant que ''la politique est dynamique''. Ils jouent sur le manque de mémoire collective dans le chef de plusieurs compatriotes.

Dans sa préface au livre de Ludo De Witte intitulé ''L'ascension de Mobutu. Comment la Belgique et les USA ont installé une dictature'', Jean Ziegler écrit :

Quand CNN fait passer les images de la vente des esclaves en Libye, les réseaux sociaux africains s'enflamment. Tout le monde rivalise d'ardeur pour dire tout le mal qu'il peut au sujet de cette pratique. Et les compatriotes africains ne voulant pas participer à ce feu de paille sont qualifiés de tous les noms d'oiseaux. Quelques jours et quelques mois après, l'émotion est retombée. C'est fini. Personne (ou presque) ne parle plus de nos frères et sœurs esclavagisés en Libye.