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mardi novembre 12, 2019
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La croyance naïve en une démocratie qui soit un pouvoir du peuple par le peuple pour le peuple a tenu la plupart d’entre nous en marge des coulisses de la démocratie capitaliste.

« Fanatiques des  élections », plusieurs d’entre nous questionnent rarement les intérêts politiques, économiques et géostratégiques que couvrent les fondations et les organismes occidentaux spécialistes dans « la lutte contre l’impunité » et dans « la promotion de la démocratie » qui envahissent les pays du Sud. Que valent les principes démocratiques dans un pays sous tutelle des ONG et d’autres fondations financées par les spéculateurs financiers occidentaux ? Où se jouent finalement les élections dans ce genre de pays ? Dans les urnes ? La lecture du dernier livre de Charles Onana (Menaces sur le Soudan et révélations sur le procureur Ocampo. Al-Bashir et Darfour. La contre-enquête, Paris, Duboiris, 2010, 475 p.) crée des doutes autours de certaines réponses faciles données jusque-là à ces questions. Il invite à repenser les politiques locales africaines, le panafricanisme, la justice internationale, etc. Il incite à rompre avec l’analphabétisme politique.

 

La lecture de certains textes contemporains met à nu ce que les Etats  prédateurs croient être secret dans les guerres qu’ils mènent en Afrique. Une lecture croisée de ces textes révèle que « les guerres secrètes  des grandes puissances » poursuivent un objectif précis : avoir accès aux ressources naturelles et minières afin de mieux dominer le monde. Une lecture croisée et régulière de certains auteurs intéressés par ces guerres conduit à en approfondir le monde d’emploi et les questions de souveraineté qu’elles posent et celles du renversement des rapports de force. Tel est, entre autres, le cas du dernier livre de Pierre Péan.

Où est-en le projet de balkanisation de notre pays ?  La réponse à cette question ne viendra pas des chroniques rédigées sur notre pays au quotidien. Mais des analyses géopolitiques et géostratégiques pointues menées par ceux et celles qui s’intéressent à l’avenir du monde et qui ont lu Le grand échiquier de Brzezenski. Une parenthèse. Plusieurs d’entre nous se laissent abuser par le commentaire fait au quotidien par les médias dominants et leurs supplétifs sur notre pays. Ils passent à côté des analyses de fond traitant des décisions prises par ceux qui croient être les maîtres du monde pour en redessiner les cartes. Ils sont les proies faciles du discours dénonçant la bouc-émissairisation dans laquelle seraient tombé(es) les Congolais(es) irresponsables. De plus en plus, des compatriotes dits progressistes ne cessent de nous rabâcher les oreilles avec ce refrain : « Si le Congo va mal, c’est notre faute ». Ce jugement sans nuance est rarement inspiré par une analyse froide des méthodes utilisées par « les maîtres du monde » pour casser tous les verrous de souveraineté des peuples. Et cela à travers le monde entier. Aussi nous laissons-nous abuser par les discours officielles de ceux et celles qui, en privé, entre eux, avouent qu’ils doivent recourir à la politique du smart power, à la politique du bâton et de la carotte, pour protéger et/ou atteindre leurs intérêts.

Reconnaître que nous, Congolais(es) (ou plutôt certains d’entre nous), avons notre part de responsabilité dans ce qui se passe aujourd’hui dans notre pays ne devrait pas nous garder de remonter aux origines de « la troisième guerre mondiale » qui s’est faite sur notre territoire. Dès  que nous commettons cette erreur, notre débat biaise. Nous ne saurons pas, par exemple, faire le lien entre le début de cette guerre et la maligne installation du « QG » d’Africom à Kisangani.