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dimanche novembre 18, 2018
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Il a fallu un temps fou pour que plusieurs de nos compatriotes comprennent que la guerre d’agression menée contre notre pays depuis 1996 est une guerre économique. Nous l’avons souligné à plusieurs reprises : les pays qui prétendent être « les grandes puissances » et leurs multinationales se font la guerre tiède, froide, chaude, etc. pour avoir accès aux matières premières stratégiques. Celui qui en a le plus passe pour la plus grande puissance du monde.

La logique rivalitaire joue à fond dans cette guerre. Ecraser les rivaux, rendre ingouvernable notre pays en entretenant un climat de terreur et une violation systématique des traités juridiques internationaux et nationaux, tout cela contribue au pillage en règle de nos matières premières. L’affaiblissement de l’Etat ou sa non-existence, le marionnettisme et la mise sur pied du travail de prédation en réseau font partie des tactiques savamment orchestrées par « les maîtres du monde et ceux qui leur obéissent » pour faire de notre espace vital un no man’s land, une jungle.

 

La province du Kasaï Oriental dans le Congo profond est prise dans un tourment d’un conflit territorial qui perdure depuis plus d’un siècle. Il oppose les communautés de Bena Nshimba à celles de Bena Kapuya et Bena Muembia dans l’entité territoriale de Katanda. Ce drame qui a déjà entraîné la mort de plusieurs personnes  depuis son déclenchement se déroule sur fond des rivalités politiques entre différentes autorités qui se sont succédé à la tête de cette province depuis l’époque de la dictature de Mobutu à celle de Kabila Kabange aujourd’hui pour des raisons qui sont simples à deviner.

En revisitant notre histoire des années 60 et en restant attentif à ce qui se passe à l’est de notre pays aujourd’hui, des similitudes crèvent les yeux. Dans un article intitulé Lumumba et les nègres  de service, il y a un parallélisme que nous n’avions pas pu établir et qui est pourtant essentiel à cause de sa dimension internationale. Il s’agit du rôle que joue, dans notre histoire, l’ONU et ses différents organes. Dans un article intitulé Beni-Lubero encerclé par les clandestins lourdement armés, deux compatriotes de l’est notent ce qui suit : «  Les nouvelles en provenance de quatre coins périphériques de deux territoires de Beni et de Lubero rapportent un afflux des clandestins armés dont certains portent déjà l’uniforme de l’armée congolaise. Ces derniers tuent tous ceux qui leur opposent une résistance, réduisent en esclaves le reste de la population congolaise locale. Ce qui est étonnant est que les discours officiels du gouvernement de Kinshasa et de la Monuc ne font pas mention de cette présence militaire qui menace sérieusement l’intégrité du territoire national congolais. » (cfr le site de Benilubero)   Qui sont ces clandestins ? Plusieurs Ougandais se seraient joints aux Rwandais déjà présents sur terrain. Nos compatriotes sont informés qu’ « au Nord et au Nord-Est de Beni-Lubero, plus précisément dans les localités de Biakato, Kisiki, Kainama, Eringeti, et Kamango, plusieurs sources concordantes font état de l’afflux quotidien d’hommes lourdement armés en provenance de l’Ouganda via Boga et de Tundu en Ituri. Un premier campement des Nilotiques armés est signalé dans la localité de Boga en Ituri. Dans les localités ci-haut citées, ces clandestins lourdement armés ne rencontrent pas de résistance d’une armée ou d’une police congolaise. Au contraire, ils se comportent en maîtres, tuent ou chassent de ces localités toute personne qui se présente comme agent de l’Etat congolais ou celui qui s’oppose à leur présence. Les autorités locales auraient déjà été informées par les chefs coutumiers du coin mais les plus honnêtes d’entre elles disent tout simplement que c’est un problème qui les dépasse. »

Il y a 18 ans déjà que tombaient des dizaines des chrétiens sous les balles de la soldatesque mobutiste aidée par des mercenaires venus d’ailleurs dans les rues de Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo. Et pour cause, la réclamation par ces chrétiens de la réouverture des assises de la Conférence Nationale Souveraine (CNS) suspendues par le gouvernement de Jean De Dieu Nguz Kar i Bond. Rameaux des palmiers et missels en mains, ces martyrs de la démocratie subissaient ainsi la colère de Mobutu et ses courtisans en passe de perdre le pouvoir et les privilèges y afférant par les grandes décisions qu’allaient prendre la CNS à l’issu de ses travaux.