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samedi juillet 21, 2018
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Notre ''naïveté légendaire'' nous a appris à lutter en recourant à l'arme de la vérité ; souvent.

Sur le temps long, nous pouvons nous livrer à un petit inventaire. La traite négrière et la colonisation ont menti dans leur prétention de nous apporter ''la civilisation''. La néocolonisation a menti dans sa prétention de nous apporter ''le développement''. La mondialisation ultralibérale a menti dans sa prétention de nous vendre la démocratie. En principe, nous sommes au bout d'un cycle d'une centaine d'années à partir duquel rien ne pourra plus nous être vendu à moindre frais. En principe, nous devrions nous accorder avec Aimé Césaire qui, dans son ''Discours sur le colonialisme'', soutient que les colonisés ont un avantage sur leurs colonisateurs ; ils savent que ceux-ci mentent. Nous devrions tirer des leçons de vie de ce mensonge entretenu tout au long de notre histoire avec nous-mêmes et avec l'autre ; rendre collectivement ce ''savoir'' conscient.

 

Vivre dans un pays où, pendant plus de cinq décennies, il est difficile de prendre la parole en toute liberté, peut conduire à des généralisations abusives du genre : ''Vous critiquez les impérialistes tout en vivant chez eux''. Les compatriotes émettant ce point de vue semblent avoir perdu l'habitude de lire les notes infrapaginales et/ou les noms des auteurs cités dans certains articles des leurs à qui ils s'en prennent. Une même critique à l'endroit de l'Occident émise par Mufoncol Tshiyoyo et Noam Chomsky sera jugée sévèrement sous la plume du premier. Il y a un problème. Quel serait-il ? 

L'amnésie est une ennemie tapie en permanence à la port des Congolais(es). Elle les plonge dans l'actualisation de vieilles questions pour leur donner l'illusion de débattre sur ''l'actualité''. Pourtant, l'impression que plusieurs compatriotes donnent est qu'ils refusent le débat ou au nom de certaines convictions qu'ils portent, ou par fanatisme ou tout simplement par manque d'intérêt pour l'histoire du Congo-Kinshasa dans le concert des nations.

Il est possible de soutenir que se recevoir des autres et/ou de l'autre, c'est d'abord être héritier.

Etre un héritier appelé à devenir créateur en recourant à l'esprit d'inventivité, de créativité et d'imagination. L'humain devient créateur en dialoguant avec son héritage, avec les autres et/ou l'autre dont il se reçoit. Il ne recrée pas humainement ex-nihilo. ''Le self made man'' est un mythe s'inscrivant dans une tradition et une culture qu'il s'évertue à ignorer. Un héritage peut donc être ignoré ou sacrifié au moment de la transmission ou de la re-création de soi. Il peut être sacrifié sur l'autel d'une rationalisation extrême du monde vécu en le réduisant à sa plus simple expression des échanges matériels sans fondement éthico-spirituel.