Dossiers
samedi juillet 21, 2018
Register

Au Congo-Kinshasa, le fondamentalisme du marché prend appui sur le fondamentalisme religieux prônant ''la bénédiction-réussite individuelle'' et disqualifiant ''l'autre'' en l'assimilant au sorcier et au démon. Il atomise les familles et casse le ressort de la solidarité et de la fraternité. Le débat rationnel et raisonnable pouvant servir de lieu de la production collective d'une éthique reconstructive est rejeté et/ou inconnu. Pourtant, il nous semble être le lieu indépassable de la réfaction de l'interconnexion entre les différents domaines du monde vécu indispensable à la refondation de l'Etat ; d'un Etat social, promoteur de la justice sociale(de la famille, à la rue, au quartier, à la ville, au territoire jusqu'à la province), de la sécurité populaire, d'une spiritualité et d'une culture combattant le précariat et au service de la vie.

''Le crime de pensée est la mort'' (G. Orwell)

Un phénomène assez drôle est en train de s'installer dans certains milieux congolais : le refus du débat contradictoire. Si un compatriote pense différemment ou contredit un point de vue émis par un autre, surtout par ''les gourous'' de certains partis politiques ou des mouvements citoyens, il arrive qu'il soit taxé de tous les noms d'oiseaux. Il arrive même qu'il soit menacé de mort. Il y a des compatriotes diabolisés ou battus à cause de leurs points de vue.

« Le pire des analphabètes, c’est l’analphabète politique.Il n’écoute pas, ne parle pas, ne participe pas aux événements politiques. Il ne sait pas que le coût de la vie, le prix de haricots et du poisson, le prix de la farine, le loyer, le prix des souliers et des médicaments dépendent des décisions politiques.L’analphabète politique est si bête qu’il s’enorgueillit et gonfle la poitrine pour dire qu’il déteste la politique. Il ne sait pas, l’imbécile, que c’est son ignorance politique qui produit la prostituée, l’enfant de la rue, (l’émigré), le voleur, le pire de tous les bandits et surtout le politicien malhonnête, menteur et corrompu, qui lèche les pieds des entreprises nationales et multinationales. »

Bertolt Brecht

Qui se rappelle encore pourquoi Moïse Katumbi Chapwe, ancien gouverneur PPRD du Katanga, a pris ses distances avec Joseph Kabila pour qui il avait pourtant fait campagne en 2006 et 2011 ? Ce n’est pas parce que la gabegie et la prédation ont été érigées en mode de gestion de l’Etat.

En clair, ce n’est pas parce que Joseph Kabila a mal géré le pays. Non ! L’ancien gouverneur du Katanga s’est éloigné de son ancienne famille politique, la Majorité présidentielle, parce que Joseph Kabila n’a pas respecté la constitution adoptée par référendun en 2005 qui dispose que le président de la République est élu pour un mandat de 5 ans renouvelable une seule fois.