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lundi septembre 24, 2018
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L'amnésie est une ennemie tapie en permanence à la port des Congolais(es). Elle les plonge dans l'actualisation de vieilles questions pour leur donner l'illusion de débattre sur ''l'actualité''. Pourtant, l'impression que plusieurs compatriotes donnent est qu'ils refusent le débat ou au nom de certaines convictions qu'ils portent, ou par fanatisme ou tout simplement par manque d'intérêt pour l'histoire du Congo-Kinshasa dans le concert des nations.

Il est possible de soutenir que se recevoir des autres et/ou de l'autre, c'est d'abord être héritier.

Etre un héritier appelé à devenir créateur en recourant à l'esprit d'inventivité, de créativité et d'imagination. L'humain devient créateur en dialoguant avec son héritage, avec les autres et/ou l'autre dont il se reçoit. Il ne recrée pas humainement ex-nihilo. ''Le self made man'' est un mythe s'inscrivant dans une tradition et une culture qu'il s'évertue à ignorer. Un héritage peut donc être ignoré ou sacrifié au moment de la transmission ou de la re-création de soi. Il peut être sacrifié sur l'autel d'une rationalisation extrême du monde vécu en le réduisant à sa plus simple expression des échanges matériels sans fondement éthico-spirituel.

Au Congo-Kinshasa, le fondamentalisme du marché prend appui sur le fondamentalisme religieux prônant ''la bénédiction-réussite individuelle'' et disqualifiant ''l'autre'' en l'assimilant au sorcier et au démon. Il atomise les familles et casse le ressort de la solidarité et de la fraternité. Le débat rationnel et raisonnable pouvant servir de lieu de la production collective d'une éthique reconstructive est rejeté et/ou inconnu. Pourtant, il nous semble être le lieu indépassable de la réfaction de l'interconnexion entre les différents domaines du monde vécu indispensable à la refondation de l'Etat ; d'un Etat social, promoteur de la justice sociale(de la famille, à la rue, au quartier, à la ville, au territoire jusqu'à la province), de la sécurité populaire, d'une spiritualité et d'une culture combattant le précariat et au service de la vie.

''Le crime de pensée est la mort'' (G. Orwell)

Un phénomène assez drôle est en train de s'installer dans certains milieux congolais : le refus du débat contradictoire. Si un compatriote pense différemment ou contredit un point de vue émis par un autre, surtout par ''les gourous'' de certains partis politiques ou des mouvements citoyens, il arrive qu'il soit taxé de tous les noms d'oiseaux. Il arrive même qu'il soit menacé de mort. Il y a des compatriotes diabolisés ou battus à cause de leurs points de vue.