Tribune Libre
dimanche mai 19, 2019
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COMMUNIQUE DE PRESSE DU COLLECTIF DES ONGS DES DROITS DE L’ HOMME EN RDC

 

Les Organisations non gouvernementales de défense des droits de l’homme condamnent avec la dernière énergie l’enlèvement et les brutalités dont l’Honorable Député national Eugène DIOMI NDONGALA a fait l’objet de la part des éléments de la Police Nationale Congolaise conduits par le Colonel KANYAMA.

Le Député National, Monsieur Eugène Diomi Ndongala, Président du parti de l’opposition politique dénommé Démocratie Chrétienne « D.C » en sigle, et porte-parole de la Majorité Présidentielle Populaire, « MPP » en sigle, a été enlevé brutalement dans la nuit du lundi 8 avril 2013, au Centre Cana, situé sur l’avenue des Palmier n°5273, dans la commune de la Gombe, ville-province de Kinshasa, par des éléments de la Police Nationale Congolaise (PNC), sous le commandement du colonel Kanyama, commandant de la Police nationale, district de la Lukunga, ville-province de Kinshasa.

L’opération a commencé par la présence suspecte d’un véhicule Prado de couleur blanche qui a stationné devant le Centre Cana et qui avait à son bord le Colonel Kanyama.

Quelques minutes après, un véhicule SUZUKI fait irruption et deux personnes en tenue civile débarquent de ce véhicule, forcent brutalement la porte principale pour entrer dans l’enceinte dudit Centre pendant qu’un véhicule de la Police Nationale Congolaise arrivait, transportant à son bord une dizaine de policiers.

Le Colonel Kanyama descendra par la suite du véhicule Prado et donnera l’ordre aux policiers d’entrer dans l’enceinte du Centre Cana et de se déployer tout autour du bâtiment et de bloquer toutes les issues. Le Colonel Kanyama, en personne, pénétra à l’intérieur du bâtiment, jusqu’à la réception, où il va prendre en otage la réceptionniste de nuit Mademoiselle Solange Longombo. Il va la faire promener dans la cour du Centre Cana, à la recherche du Député National Eugène Diomi Ndongala. Le bras gauche tordu par deux policiers, la femme fera l’objet des menaces de la part du Colonel qui n’arrêtait pas de lui répéter qu’elle sera amenée à la place du Député introuvable.

Par ces entrefaites, ce dernier fera son apparition dans la cour du Centre Cana où il sera récupéré brutalement par un policier sur ordre du Colonel Kanyama. Il sera bousculé et jeté par terre, son bras gauche sera grièvement blessé.

Le Député National sera ensuite conduit vers le véhicule Prado et Monsieur Sonika Kabeya, l’élément de garde et de protection du Centre Cana, agent de sécurité de l’entreprise de gardiennage MAMBA SECURITE, trouvé sur les lieux sera, lui aussi, emmené dans le véhicule de la Police nationale congolaise. Les deux véhicules prendront la direction de l’Etat-major du Commissariat provincial Ville de Kinshasa (COMPROVKIN), ex-Inspection provinciale de la Police nationale congolaise, ville-province de Kinshasa sur l’avenue de la Libération (ex-24 Novembre), dans la commune de la Gombe, où le député National Eugène Diomi Ndongala prendra connaissance de son dossier dans lequel il va trouver un mandat d’amener daté du 18 janvier 2013, émis à sa charge, pour viol sur deux mineures. Monsieur Sonika Kabeya sera libéré la même.

Le mardi 9 avril 2013, le Député National sera transféré vers 8 heures aux bureaux du Procureur Général de la République, situés sur le Boulevard du 30 Juin à Kinshasa-Gombe où il sera entendu sur procès-verbal avant d’être acheminé aux environs de 19 heures à la Prison Centrale de Makala.

L’Honorable Eugène Diomi Ndongala et les membres de son parti Démocratie Chrétienne (D.C), ne sont toujours pas au bout de leur peine judiciaire. Il a été soumis à 3 mois de séquestration en juillet 2012 dans les cachots privés des services de sécurité après avoir été enlevé au croisement des avenues Kalembe-Lembe et Libération par les agents des services de sécurité Rd Congolais. Il sied de noter que l’Honorable Eugene Diomi Ndongala en est à son septième enlèvement.

L’opinion se souviendra qu’au mois d’octobre 2012, trois (3) membres de la Démocratie Chrétienne avaient été enlevés à proximité du siège de leur parti situé sur l’avenue Tombalbaye dans la Commune de la Gombe. Ils furent détenus au secret, dans les cachots du Commissariat de la police basé dans le bâtiment Regina sur le boulevard du 30 juin avant d’être transférés dans les cachots de l’Agence Nationale des Renseignements où ils passeront 45 jours. Il s’agit de Messieurs Héritier Kazadi, Jean Paul Mabondo et Jean Claude Yongo Kasele. Ils ont été libérés sans connaitre les griefs mis à leur charge.

Messieurs Verdict Akobia Motitia et François Stallone Katumba, respectivement journaliste, Chargé de communication et presse de la Démocratie Chrétienne, et membre de la Majorité Présidentielle Populaire (MPP), sont gardés au secret depuis le 18 janvier 2013 ; le premier dans les geôles de l’Agence Nationale des Renseignements (ANR) sise sur avenue Lemera, en face de la Primature, commune de la Gombe et le second dans les cachots des services des renseignements militaires (ex-DEMIAP), basés dans la commune de Kintambo. Ils n’ont jamais été présentés devant leurs juges naturels afin qu’ils soient entendus et prévaloir leurs moyens de défense.

Enfin, un autre cas à signaler est celui de Madame Kabungana Marie-Josée, membre de la Majorité Présidentielle Populaire ; celle-ci est détenue au secret depuis près de 3 mois à l’Agence Nationale des Renseignements (ANR), située sur l’avenue Lemera (ex-3Z) dans la Commune de la Gombe.

Les ONDGH signataires tiennent à dénoncer le harcèlement dont sont victimes Monsieur Eugène DIOMI NDONGALA et les membres de son parti politique, la Démocratie Chrétienne pour la simple raison de leur appartenance à la frange de l’opposition restée fidèle à Monsieur Etienne Tshisekedi wa Mulumba, Président national de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social « UDPS » ce, en violation flagrante des articles 16, 17, 18 et 19 de la constitution.

Les ONGDH signataires condamnent en outre :

- l’opération organisée par le Colonel Kanyama nuitamment à des heures non autorisées, et sans un document requis, en l’absence des responsables ou propriétaires des lieux en violation des lois du pays mettant ainsi en danger et traumatisant les clients présents sur les lieux;

- les actes de torture, brutalité et violence devenus mode opératoire de prédilection de la Police nationale congolaise et du Colonel Kanyama, en particulier ;

- la torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants auxquels l’honorable Diomi Ndongala a été soumis, en faisant fi de son statut de « Député National » ;

- l’interdiction qui a été faite à son médecin de le visiter pour évaluer son état de santé et exigeons l’examen médical de son bras gauche dans les meilleures délais et que des soins appropriés lui soient administrés.

- Le caractère arbitraire de cette arrestation-enlèvement faite sur base d’un mandat d’amener daté du 18 janvier 2013 et donc invalide, alors que l’Honorable Eugène Diomi Ndongala n’a jamais été ni saisi ni invité une seule fois par le Parquet général de la République depuis sa levée d’immunité par l’Assemblée Nationale.

Eu égard à ce qui précède, les ONGDH signataires exigent :

- La libération immédiate et sans condition de toutes les personnes en détention illégale et anormalement prolongées dans les cachots des services de sécurité civil et militaire (ANR et DEMIAP) du fait de leur appartenance politique à la Démocratie Chrétienne (DC) et/ou à la Majorité Présidentielle Populaire (MPP) ou, à défaut les déférés devant leur juge naturel ;

- Le respect strict des règles de procédure en matière d’arrestation et de détention telle que prévue par la constitution et les lois de la République eu égard à la qualité de député national de l’Honorable Eugène DIOMI NDONGALA tant au niveau de la Police que du Parquet général de la République

Fait à Kinshasa, le 11 avril 2013.

Pour les ONGDH Signataires :

  1. Les Amis de Nelson Mandela pour les Droits de l’Homme, ANMDH
  2. Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme, ASADHO
  3. Anges du Ciel
  4. Avocats Sans Frontières, ASF/ RDC
  5. Centre des droits de l’Homme et du Droit Humanitaire, CDH
  6. Comité Droits de l’Homme Maintenant, CDHM
  7. Ligue des Electeurs, LE
  8. Observatoire Congolais des Droits Humains, OCDH
  9. Œuvres Sociales pour le Développement, OSD
  10. Synergie Culture Congo Développement, SCCD
  11. Toges Noires