Tribune Libre
vendredi mai 24, 2019
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Monsieur le Président Tshisekedi,
Mesdames et Messieurs de la
Majorité Présidentielle Populaire,
Mesdames et Messieurs
de la société civile,
Citoyennes et Citoyens,


Alors que notre pays regorge de toutes sortes de richesses, notre peuple croupit dans la plus terrible des misères. Tous les baromètres et tous les indices des statistiques liés au bien-être humain classent le RDC, notre pays, en queue de peloton. Je vis dans un pays où les gouvernants se battent jour et nuit pour la cause de leur peuple, afin de garantir à celui-ci les meilleures conditions de vie possibles. Je peux aussi témoigner du respect dont font preuve les autorités civiles et militaires à l'égard de leurs concitoyens.

 

Alors que les résultats flatteurs qu'ils obtiennent pour le bien de tous pourraient leur monter à la tête et afficher un comportement arrogant vis-à-vis de ceux qui bénéficient de leur travail harassant, ces magistrats sont empreints d'un esprit de modestie, voire d'effacement face à leurs performances. Les droits et les libertés des hommes et des femmes sont scrupuleusement respectés, et ceux qui de temps à autre l'oublient l'apprennent à leurs dépens.

Je m'interroge sur la source de l'arrogance du pouvoir usurpateur et incompétent de « Joseph Kabila » et de ses affidés. Au vu des résultats catastrophiques de leur administration des affaires de l'Etat, nous nous serions attendus à une attitude de contrition à l'égard du peuple qu'ils piétinent chaque jour. Combien de peuples, au seuil de ce 21ème siècle connaissent les affres dont souffre notre peuple avec son cortège de morts par millions, fruit du pouvoir tutsi tant à Kinshasa, à Kigali, à Kampala et à Bujumbura? La seconde arrestation de Diomi Ndongala devrait interpeller toutes les consciences éprises d'esprit de paix, de dignité, de liberté et de fierté nationale.

Alors qu'à l'extérieur de la République Démocratique du Congo des combattants sont régulièrement harcelés, arrêtés, emprisonnés, torturés, rançonnés, traduits devant les tribunaux, expulsés à cause de leurs actes de bravoure et de patriotisme, l'arrogance du pouvoir d'usurpation en place à Kinshasa devrait être punie de la manière la plus appropriée à savoir, être balayé par un soulèvement des masses. Avant les dernières élections de novembre 2011 tout comme après, des manifestations monstres ont eu lieu partout où une communauté congolaise est présente dans le monde. A notre plus grande surprise, la population congolaise  reste apathique comme sonné et plongé dans une torpeur sans nom. Il ne s'agit nullement de tomber dans la surenchère pour savoir qui défie le mieux le pouvoir de l'horreur de « Joseph Kabila ». Mais si nous ne sommes pas tous responsables des causes de notre malheur, tous sommes interpellés dans le fait que perdure la colonisation tutsi depuis 1997 sur nos terres. Voilà pourquoi je pense que notre peuple devra apprendre à ne pas honorer que les morts comme des héros et des martyrs nationaux mais se lever comme un seul homme derrière toute personne verticale à l'instar de Diomi Ndongala. Quelle humiliation n'avons-nous pas déjà subie pour que notre peuple continue à se terrer dans sa peur? Le travail de tout responsable devrait être celui de cultiver l'esprit d'abnégation et de liberté chez chaque citoyen. Que faisons-nous et pourquoi le peuple reste les bras croisés? A cause des tanks et des blindés?

La dictature se nourrit de l'unanimité. Qu'un seul se lève et l'enchantement est brisé. Qu'un seul conteste et la chute est proche. Voilà pourquoi Diomi Ndongala est harcelé. Conscient de la capacité d'entraînement et de contagion de l'attitude de résistance de ce digne fils du Congo, le pouvoir n'a plus de choix que la soviétisation de ses méthodes et la vilénie des moyens pour espérer casser les quelques congolais qui restent encore debout face à l'hydre.

Alors que la forêt brûlait, un colibri s'agitait dans tous les sens. Avec son menu bec, il faisait des allers-retours entre la rivière dans laquelle il allait à chaque fois prendre deux gouttes d'eau pour lutter contre l'incendie. L'antilope s'adressa à lui et lui dit: « Tu penses pouvoir éteindre cet immense incendie avec deux gouttes d'eau? » Et le colibri de lui répondre: « Vois-tu, cher ami, je fais ma part. »

Diomi Ndongala fait sa part. Que fait chaque Congolaise et chaque Congolais pour éteindre le feu dans la maison Congo? Ne dit-on pas que mutu nakobanga akotikala mowumbu seko (le poltron est un esclave à vie)?

Monsieur le Président Tshisekedi,
Mesdames et Messieurs de la

Majorité Présidentielle Populaire,
Mesdames et Messieurs de la société civile,
Citoyennes et Citoyens,

A chacun de
faire sa part!

Patriotiquement vôtre,

Roger Buangi PUATI
Le 14 avril 2013