Tribune Libre
mercredi juillet 24, 2019
Register

Le 28 novembre 2011, des élections présidentielles et législatives ont eu lieu en République ‘’Démocratique’’ du Congo. M. Kabila a très largement perdu la présidentielle, et la coalition sortante a été laminée aux législatives. La suite est bien connue de toute la nation congolaise et même de la communauté internationale: la commission électorale nationale dite indépendante a changé radicalement les résultats des élections, le tout sous la dictée des canons de M. Kabila. Nous avons ainsi en face de nous un régime d’imposture qui, après avoir volé l’élection et réprimé sans retenue la population congolaise (cf. lettre du 12 décembre 2011 du Ministre de la Santé aux hôpitaux congolais), prétend gouverner le pays contre la volonté de la majorité de la population.

 


2. Eu égard à cette situation, l’UDPS, mon parti, ne pouvait en aucun cas accorder le moindre crédit à un chef d’état fraudeur et à un parlement d’usurpateurs et de fraudeurs, dont une bonne portion des membres a été carrément nommée par le régime en place. En agissant frauduleusement sur une matière aussi essentielle que l’élection, le pouvoir sortant, tout comme ses complices de la CENI et de la Cour Suprême de Justice, ont commis une grave faute pénale et trahi la nation pour leur profit individuel. C’est donc en toute légitimité que Dr Etienne Tshisekedi a lancé un mot d’ordre de boycott du parlement issu de la fraude, car, comme dit l’adage, Fraus omnia corrumpit ! (la fraude corrompt tout !).

3. Personnellement, j’ai, en âme et conscience, pris la décision de ne pas siéger dans cette caisse de résonnance abusivement appelée « Assemblée Nationale ». La décision du Président élu est venue renforcer ma conviction car nos points de vue ont convergé sur ce sujet. Je ne pouvais aller m’accoquiner avec un régime qui, en plus d’avoir volé l’élection, n’a jamais assuré un leadership responsable au peuple congolais et l’a trahi de manière éhontée à maintes occasions. Face à un gouvernement qui trahit les droits de son peuple, le refus de l’imposture est pour moi, et pour l’ensemble des congolais, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. J’ai quitté Kinshasa en mi-Décembre 2011, je n’y suis plus revenu et je n’ai jamais mis mes pieds dans l’Assemblée Nationale en place au Congo. Je ne me suis jamais rendu en ces lieux pour y signer quoi que ce soit, ni m’y faire valider, encore moins en recevoir les avantages matériels et salariaux qui sont obscènes et scandaleux dans un pays où les habitants sont clochardisés, si pas assassinés à dessein.

4. Par conséquent, n’ayant jamais entrepris aucune démarche administrative pour valider mon mandat afin d’avoir le salaire et les avantages y afférant, l’invalidation de mon mandat n’a aucun sens. Que cette Assemblée prenne une soi-disant décision d’invalidation contre ma personne est ainsi sans objet, car je n’en ai jamais fait partie. De plus, cette décision ne m’enlève pas le mandat public que m’a donné la population de Kutu de la représenter. Seule cette population de la circonscription de Kutu a le droit légal et légitime de me retirer la confiance qu’elle a placée en moi. Ne peut révoquer que celui qui a nommé. N’étant pas nommé par le parlement truqué, ce dernier ne peut pas me déchoir de mon titre de député véritablement élu.

5. Ainsi, les commentaires de la part du président de cette Assemblée en plénière diffusés à la télévision Congolaise le 14 juin 2013 affirmant que je ferais partie de chômeurs qui bénéficieraient du salaire de l’État Congolais sans travailler sont calomnieux, fallacieux et une atteinte inacceptable à mon intégrité morale et politique. De tels propos sont pour le moins saugrenus, surtout venant d’une équipe dirigeante dont tous les experts nationaux et internationaux s’accordent de dire qu’elle a spolié le peuple congolais de plus de cinq milliards de dollars en divers contrats léonins, au détour de paradis fiscaux.

6. Pour conclure, à tous les congolais, et particulièrement à ceux qui, le 28 Novembre 2011, ont porté leur choix sur ma personne ainsi que sur le candidat du changement, Dr Etienne Tshisekedi, je voudrais, à la suite de Victor Hugo, dire ceci : ’’La courte vue des tyrans s’y trompe; un guet-apens réussi leur fait l’effet d’une victoire, mais cette victoire est pleine de cendre; le criminel croit que son crime est son complice; erreur; son crime est son punisseur; toujours l’assassin se coupe à son couteau; toujours la trahison trahit le traître’’. Notre nation survivra à ces criminels et en sortira renforcée.

Fait à Ottawa, le 20 Juin 2013

Iluju Claude Kiringa,
Phd Représentant de l’UDPS au Canada
Docteur en Sciences Informatiques de l’Université de Toronto,