Tribune Libre
vendredi novembre 22, 2019
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A travers une lettre ouverte qu’il a fait parvenir à Congoone, Etienne Kabila Taratibu dément être l’auteur de l’arbre généalogique de la famille Kabila  qui lui est attribué et qui circule sur le web. Le fils ainé de Laurent-Désiré Taratibu Kabila ka Makolo saisit cette opportunité pour fixer l’opinion sur l’évolution du procès, de 20 Congolais présumés impliqués dans la préparation d’un coup d’Etat contre Joseph Kabila, qui se tient à Pretoria en Afrique du Sud.

Congolaises, congolais, mes chers compatriotes,

De Kgosi Mampuru Correctionel Service of Pretoria où je suis détenu, je prends la liberté de vous adresser la présente lettre ouverte pour vous signifier sans ambages que je ne suis pas l’auteur de l’arbre généalogique de la famille Kabila diffusé sur internet et repris allègrement par certains médias.

Je déclare solennellement que je connais très bien l’arbre généalogique de ma famille en commençant par mon arrière grand-père Kisinda Kya Mweu, en passant par mon grand-père  Désiré Taratibu jusqu’aux derniers enfants de mon père, Laurent-Désiré Taratibu Kabila ka Makolo, nés après son accession à la plus haute charge de l’Etat en 1997.

A travers le fameux arbre généalogique, M. Emmanuel Mashirika est présenté comme le cadet de ma famille. Il n’en est rien.

Pour mettre fin à l’absurde polémique sur la filiation à Laurent-Désiré Kabila, je réitère ma détermination de me soumettre à un test ADN dès que j’aurai quitté la prison. Je renouvelle également ma demande plus d’une fois adressée à Joseph Hyppolite Kanambe pour qu’il consente à s’y soumettre. Au mois, la science peut nous départager de manière désintéressée.

Je profite de cette opportunité pour remercier mes compatriotes et les personnes de bonne volonté pour leurs prières et messages d’encouragements qui me permettent de garder le moral en dépit du plan machiavélique monté par Joseph Hyppolite Kanambe et le pouvoir sud-africain pour me neutraliser  et m’éliminer physiquement, tant les intérêts de ce dernier dans notre pays sont si importants.

En fait d’intérêts « sud-africains », un seul exemple est susceptible d’édifier les incrédules. Deux obscures compagnies sont enregistrées à Kinshasa sous la dénomination « British Virgin Islands ». A la vérité, elles appartiennent au président sud-africain, Jacob Zuma, et leur gestion est assurée par son neveu Khulubuse Zuma.

Face à des intérêts aussi importants, que valent Etienne Taratibu Kabila et les 19 autres Congolais actuellement  détenus à la suite d’une conjuration montée de toute pièce pour soi-disant « renverser » le régime scélérat de Kinshasa ?

Parce que tout comme un arbre jeté dans une rivière ne peut devenir un crocodile, l’édifice du mensonge autour du coup d’Etat contre Joseph Hyppolite Kanambe commence à se fissurer. C’est ainsi qu’un Congolais vivant à Cap  qui devrait témoigner contre moi devant le tribunal le vendredi 22 août dernier a disparu dans la nature. Il y a mieux. Le témoin principal, le lieutenant-colonel James Jensens s’est embourbé dans ses propres mensonges au point de paraître étourdi au tribunal face aux questions de nos avocats. La scène frôlait tellement le ridicule que le juge Billy Mothle n’a pas résisté à la tentation de demander au procureur pourquoi son témoin était « hors contrôle ».

En fait, selon le témoin n°1, eux (les Sud-Africains) étaient des mercenaires et les accusés (nous les 20 Congolais) des rebelles. L’avocat de la défense, Papy Mosopa ,a saisi cette occasion pour demander au fameux témoin : «  comment pouvez-vous être à la fois mercenaires, instructeurs et sponsor ? Les  mercenaires ne paient pas les rebelles, ce sont plutôt ces derniers qui engagent les mercenaires et non l’inverse ! ».

A la question de savoir où se trouvent les armes, explosifs et autres bombes présentés comme appartenant aux terroristes congolais, le témoin n°1 de la Police sud-africaine répond : «  ils étaient mains vides ! Et d’ajouter que les armes utilisées pour la prise des photos venaient de lui ! C’est tout le contraire des propos du griot du régime de Kinshasa, Lambert Mende Omalanga selon lesquels les services d’intelligence congolais et la police sud-africaine avaient pris les conspirateurs la main dans le sac, avec armes, bombes et explosifs !

L’occasion était ainsi offerte au juge Billy Mothle pour poser trois questions pertinentes au fameux témoin : savez-vous combien de personnes sont en prison pour avoir seulement touché une arme à feu sans disposer d’un permis de port d’arme ? Quelle avait été la raison de l prise des photos des prévenus avec des armes à la main, De tous ces 20 accusés, de qui avez-vous reçu le plan du coup d’Etat ? Réponse : de personne.

Mes chers compatriotes,

Je ne voudrais pas terminer cette lettre ouverte sans répondre une préoccupation de certains d’entre vous, celle de savoir ce que sera mon avenir à ma sortie inéluctable de la prison. En d’autres termes, d’aucuns voudraient savoir si je vais changer de langage ou si je vais me rapprocher de Joseph Hyppolite Kanambe.

Cette préoccupation m’attriste car le sort du Congo est plus important que celui d’un individu, soit-il Etienne Kabila Taratibu. J’aurai beaucoup apprécié que ceux qui semblent s’intéresser à mon sort s’organisent plutôt pour venir au secours à leurs 20 compatriotes en détresse depuis plus d’une année par la volonté de Joseph Hyppolite Kanambe et de ses complices sud-africains.

En ce qui me concerne personnellement, bien qu’abandonné par certains parmi les miens, je vous assure que mon combat politique va continuer après la prison qui est une école de vie par laquelle sont passés beaucoup de grands de ce monde.

Après deux semaines de pause, le procès va reprendre ce lundi 15 septembre 2014. Sachez que Joseph Hyppolite Kanambe n’a pas dit son dernier mot. Pour preuve, mercredi dernier, il a dépêché à Pretoria un des chiens de garde de sa dictature, Emile Bongeli, comme témoin en raison des liens supposés de certains d’entre nous avec les Maï-Maï. M. Bongeli a été récusé par nos avocats parce que son nom ne figurait pas sur la liste des témoins (à charge) présentés au tribunal. Il a regagné Kinshasa et un autre témoin du même genre en provenance de Kinshasa serait déjà à Pretoria.

La lutte continue.

Etienne Kabila Taratibu.