Tribune Libre
mercredi mai 22, 2019
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Dans un entretien avec le journal français La Croix, le 6 septembre 2012, Yamina Benguigui, ministre française déléguée à la Francophonie, a tenu de propos peu crédibles assortis de mensonges et d’accusations diffamatoires en rapport avec sa récente visite en République démocratique du Congo. Il sied de faire quelques mises au point :

1.       « La très grande majorité m’a dit être favorable à la venue de François Hollande et à la tenue du sommet en RDC...L’archevêque de Kinshasa, le cardinal Monsengwo, a été un des rares à rester fermement opposé à la tenue du sommet » (les mots sont de Madame Yamina Benguigui) Ces affirmations peu crédibles de Mme Benguigui au journal La Croix sont assorties de mensonges et d’accusations diffamatoires.

En effet, il est faux d’affirmer que Son Eminence Laurent Cardinal Monsengwo serait un de rares à s’opposer fermement à la tenue du sommet de la Francophonie à Kinshasa. Dans sa déclaration du 07/09/2012, le Mouvement de Libération du Congo (MLC) et ses alliés ont exprimé leur  scepticisme sur la tenue d’un tel sommet. Martin Fayulu, président de l’Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECIDé), au cours d’un point de presse tenu en août dernier, a demandé la relocalisation du sommet de la Francophonie. Par le biais de son Secrétaire Général a.i., l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) du Président Tshisekedi, avait remis à Mme Benguigui sa pétition le 28 juillet en vue de la délocalisation de ce sommet. Ainsi, si l’UDPS, citée par Mme Benguigui, était favorable à la tenue du sommet de la Francophonie à Kinshasa et à la participation de François Hollande audit sommet, comme l’affirme Benguigui au journal La Croix, comment expliquer que le même jour (lundi 27 août) où F. Hollande annonce sa décision de se rendre au XIVème sommet de la Francophonie, l’UDPS publie un communiqué de presse sur son site "www.udps.org" dans lequel elle demande plus que quiconque la délocalisation de ce sommet ? Par ailleurs, Kongo Times (www.KongoTimes.info), dans sa livraison du 3 septembre 2012, affirme que « Yamina Benguigui et Diouf sont en train de faire des marches dans les coulisses pour convaincre le Président Tshisekedi d’accepter l’invitation du Président Français afin de donner un sens sur sa présence à Kinshasa ». Tous ces éléments mis ensembles soulèvent des interrogations : dans quelle mesure les propos de Mme Benguigui sont-ils crédibles ? En définitive, Mme Benguigui est-elle, elle-même, crédible ? La crédibilité d'une personne, de surcroit d’une ministre, dépend de la valeur de ses informations, de ses affirmations.

 

2.       Par ses affirmations peu crédibles, Mme Benguigui laisse entrevoir implicitement, que Son Eminence le Cardinal Laurent Monsengwo serait non seulement isolé sociologiquement mais aussi en déphasage de vues avec les siens. Mais que signifie être isolé sociologiquement lorsqu’on défend la vérité de L’Evangile et de la vérité tout court ? La vérité de l’Evangile est-elle quantitative ou sociologique ? De toute évidence, il apparaît assez clairement que Mme Benguigui, s’étant rendue compte de la respectueuse réputation dont jouit le Cardinal Monsengwo à l’intérieur tout comme à l’extérieur du pays, a voulu vainement, par ses affirmations vides de crédibilité, démolir la réputation de ce Prince de l’Eglise et obtenir son isolément sociologique. Yamina Benguigui cherche à attirer la sympathie des anticléricaux alors que le Cardinal Monsengwo ne lutte pas seulement comme clerc, mais aussi comme citoyen Congolais épris de justice et de patriotisme. Voilà qui explique la sympathie dont bénéficie le Cardinal Laurent Monsengwo de la part de fidèles catholiques, mais aussi de non-catholiques. Il n’y a pas de doute : cette campagne de sape musclée contre le Cardinal est le fait des forces qui militent pour un statu quo ante auquel les Congolais n’ont aucun intérêt.