Tribune Libre
samedi décembre 14, 2019
Register

Kigali, le 03 mai 2010

Rwandaises, Rwandais, Amis du Rwanda

Cela fait environ 4 mois que je suis de retour dans mon pays natal après 16 ans d’exil. A plusieurs milliers de kilomètres, les cris de douleur et la misère de mon peuple m’interpellaient. Aussitôt arrivée au pays je suis inlassablement lynchée et diabolisée par une campagne de haine entretenue par le régime, la machine de l’Etat et une presse partisane. Le harcèlement et l’intimidation cèdent le pas à d’interminables interrogatoires dans les locaux de la police d’Etat. La raison principale consiste à me priver de mes droits politiques, à tisser un dossier criminel en vue de dérailler le processus d’enregistrement de mon parti politique FDU INKINGI et enfin de m’empêcher de me présenter aux élections présidentielles.

Honorable Président,

Honorables Députés et Chers Collègues,

Je voudrais, du haut de cette tribune, féliciter tous les Honorables Députés pour la pertinence de questions posées et l’importance des préoccupations soulevées lors du débat du 21 avril dernier. Le consensus dégagé autour des questions soulevées par les députés nationaux a révélé l’étendue des difficultés auxquelles notre peuple est confronté alors qu’il attend du gouvernement des réponses concrètes.

Honorables Députés, le programme du Gouvernement approuvé par la majorité parlementaire en octobre 2008 devrait servir de base pour évaluer son action et juger de son efficacité.

Mes chers compatriotes,

En cinquante ans d’indépendance, notre pays la RD Congo a connu deux systèmes politiques les plus marquants au cours de quarante cinq dernières années.

D’un côté le Mobutisme, système issu du coup d’état du 24 novembre 1965 dirigé par le général Joseph Désiré Mobutu ; et de l’autre, le Kabilisme, système découlant de l’intervention conjointe des armées des pays voisins (Ouganda, Rwanda et Burundi) qui ont placé Monsieur Laurent Désiré Kabila au pouvoir le 17 mai 1997.

Monsieur le Premier ministre,

Lorsque le bureau de l’Assemblée nationale a demandé à l’auteur de la question orale de la reformuler, il a été bien spécifié que, le destinataire de la question étant le Premier ministre, il était impératif de l’interroger sur la politique générale du gouvernement, et non des politiques sectorielles. Je n’ai pas de question à poser, à proprement parler, mais j’ai des critiques à formuler sur la conduite de la politique générale du gouvernement et ses conséquences, pour le pays, la population, et les différents secteurs qui les composent. J’entends que Monsieur le Premier ministre apporte une réfutation à ces critiques, s’il le peut.