Tribune Libre
mercredi juillet 24, 2019
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La consolidation de la démocratie en République démocratique du Congo (RDC) est entravée dans presque toutes ses dimensions et le régime congolais reste fragile. Lorsque Joseph Kabila est devenu le premier président élu démocratiquement en 2006, la communauté internationale a considéré cette élection comme une avancée majeure du processus de paix. Aujourd’hui, l’équilibre des pouvoirs est quasiment inexistant. Le cabinet présidentiel a pris l’ascendant sur le gouvernement, le parlement et le pouvoir judiciaire. Les libertés fondamentales sont fréquemment menacées et des réformes institutionnelles essentielles – la décentralisation et la réforme du secteur de la sécurité – n’ont pas significativement progressé.

 

Embarquez avec moi dans l’un de ces bus en circulation sur les routes de Kinshasa et vous vous en  souviendrez longtemps après en être descendu.

 

D’abord cette attente, longue et interminable  au point que  l’on se trouve partagé  entre l’envie de tout remettre ou d’y aller autrement, comme ce beau jour où, lassé d’attendre pendant près d’une heure  un hypothétique bus à l’arrêt   de Matete et de me faire attendre à un rendez-vous ferme au centre ville, je décidai de trotter et cela me prit environ … trois heures de marche sur un parcours d’une vingtaine de minutes en bus et une dizaine de kilomètres de long ! Mais aujourd’hui le cœur n’y est pas du tout. Le ciel est lourd et la météo s’annonce tout sauf clémente. Et ces jambes déjà fatiguées de guetter un moyen de transport pendant de si longues minutes n’en peuvent pas et crient en silence leur détresse …

 

On a du mal à saisir pourquoi les Congolais se lamentent sur les fréquentations d’un roi,  surtout quand on sait qu’il est celui des Belges qui, usant de son libre arbitre et au nom du royaume de la Belgique dont il représente les intérêts,  s’acoquine à qui bon lui semble. Et même s’il y aurait quelques personnages au Congo qui,  souffrant encore de séquelles du mental du colonisé,  espèrent tirer on ne sait quelles dividendes politiques en invitant intentionnellement le roi des Belges dont la visite est un soutien au régime en place.

En quoi importe-t-il aux Congolais qu’un roi des Belges visite le Congo ou encore qu’il serre la main de celui que le monde voudrait que les Congolais appelassent par le nom de Joseph Kabila ? Le Congo se trouverait toujours dans cette époque où il fallait rassembler le peuple comme des moutons et le faire danser au passage des visiteurs du régime ?

 

Lorsque le 14/09/1997, après 32 ans de pouvoir autocratique et 4 mois d’un exil forcé au Maroc le Maréchal Mobutu s’est éteint à  Rabat dans un quasi anonymat, les grandes stations de radio et télévision du monde donnèrent la parole à ses anciens collaborateurs. La chaine de télévision française TV5 pour sa part jeta son dévolu sur M. Kengo wa Dondo, actuel Président du Senat, qui fut l’un des hommes forts du régime qui s’est effondré comme un château des cartes le 17/05/1997  à  la suite de  ce que d’aucuns croyaient naïvement être une guerre de libération. Après ses remarques d’usage (“Le Président Mobutu a marqué son temps d’une empreinte indélébile”), il ajouta cependant, avec ce ton sec qui lui est particulier, presque sans émotion aucune,  ceci: “Le Président Mobutu était un faible,  car c’est le dernier qu’il recevait qui avait raison”!