Tribune Libre
vendredi décembre 15, 2017
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Introduction

 

Monsieur le Président et Honorables Juges composant la Chambre de première instance II,

 

La Défense de Monsieur Mathieu Ngudjolo voudrait, avant toute chose, s’acquitter d’un agréable devoir : celui de remercier votre Chambre pour l’occasion qu’elle lui donne de faire sa déclaration liminaire.  Elle mesure toute l’importance que les rédacteurs des textes juridiques régissant la Cour pénale internationale attachent à cet acte. Celui-ci offre une belle opportunité aux intervenants d’indiquer si pas les axes de leur stratégie, du moins  leurs attentes relativement au procès qui débute. Il s’agit précisément, en ce qui nous concerne,  et sans entamer tout de suite nos réserves de plaidoirie finale à l’issue de votre instruction d’audience, de fixer l’opinion tant nationale congolaise qu’internationale sur l’interprétation qui est celle de notre client sur la réalité de ce que toute la presse a qualifié de drame de l’Ituri et sur la manière dont l’enquête du Procureur a été menée jusqu’ici.  De ce bref point de vue, la Défense de Mathieu Ngudjolo a accueilli favorablement votre décision du 5 novembre 2009 qui a ordonné la comparution du Responsable des enquêtes du Bureau du Procureur pour demain.  Elle y voit, sans préjuger du fond de votre pensée, un souci d’objectivation des débats en vue de la manifestation de la vérité qui est l’objectif poursuivi par votre Chambre.

La fondation Bill Clinton pour la paix (FBCP) dénonce avec vigueur les paroles, manœuvres, gestes et actes par lesquels le secrétaire permanant sortant de la Commission Nationale pour les Réfugiés (CNR), utilise pour menacer les réfugiés urbains qui résident à Kinshasa, passant jusqu’à citer quelques noms sur certaines chaînes de télévision.

Cher Monsieur Vanhoove,

 

J’apprécie votre analyse, et si j’écris ce n’est nullement pour entrer dans le jeu d’invective dirigé vers des personnes individuelles. Je vous rejoins complètement et aimerais aller plus loin.

 

Mon propos se veut d’embrasser la réalité congolaise par le biais de son histoire lointaine et immédiate. Regarder la situation de la RD-Congo par la seule lorgnette du présent est une faute grave. Et beaucoup de mes compatriotes tombent dans cette méprise. La crise du Congo, mon pays, puise sa substance dans une histoire qui ne doit en aucun cas être occultée sous peine de retomber dans les ornières du passé.

CHRONIQUE JUDICIAIRE

PROCES MINISTERE PUBLIC CONTRE GOLDEN MISABIKO

RAPPORT DE LA 2ème AUDIENCE DU 26 AOUT 2009

RP 4576/I

1. RAPPEL DES FAITS

Interpellé le 24 Juillet 2009 et arrêté le même jour par l’Agence Nationale de Renseignement, direction provinciale du Katanga, Golden Misabiko, Président de l’ASADHO/Katanga a été déféré le lendemain au parquet près le Tribunal de Grande instance de Lubumbashi au motif que l’ASADHO /Katanga a porté atteinte à la sureté de l’Etat congolais en publiant un rapport[1] qui dénonce la continuité de l’exploitation clandestine de la mine uranifère de Shinkolobwe ainsi que l’accord entre le gouvernement congolais et le groupe nucléaire français AREVA sur l’exploration et l’exploitation de la mine uranifère de Shinkolobwe.