Tribune Libre
samedi décembre 14, 2019
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La Voix des sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) est vivement inquiète et préoccupée par le mariage contre nature prévalant entre l’organe de la loi (ministère public) d’une part et les avocats de la République et ceux des prévenus d’autre part, depuis l’ouverture le 19 juin 2012, du procès en appel, sur l’assassinat Floribert Chebeya Bahizire et Fidèle Bazana Edadi devant la Haute Cour Militaire à Kinshasa, République Démocratique du Congo.

Monsieur le Ministre,

La situation catastrophique qui prévaut actuellement en RDCongo, nous oblige encore de vous adresser cette énième lettre pour vous interpeller.

Les congolais ont marché, écrit et organisé de différentes manifestations pour la vérité des urnes et continuent à manifester leur mécontentement, malheureusement, nous constatons que vous continuez à être sourd à tous nos cris de détresse. Au nom de certains "intérêts", vous avez décidé de sacrifier tout un peuple. Un peuple qui souffre et qui vit sous l’empire d’un régime tyrannique.

A l’heure où les rebelles du M-23 avance vers Goma avec l'objectif avoué d'encercler la ville tenue par l'armée régulière pour la faire tomber, les sanctions tombent en cascade contre le Rwanda. Après les Etats-Unis, et les Pays-Bas, c’est au tour de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne de suspendre le versement de leur aide budgétaire au Rwanda.

Je regrette la timide réaction de notre Ministre des Affaires étrangères face à la gravité de la situation qui mérite mieux qu’une simple déclaration d’intention. La seule intervention de la Belgique dans ce conflit doit-elle se résumer à interdire les manifestations à Bruxelles, à brimer et à diaboliser les citoyens belges d’origine congolaise qui réclament à tue-tête l’intervention de notre gouvernement ? N’oublions pas que la Belgique partage plus de 80 ans de vie commune avec le Congo. Que le conflit congolais est le plus meurtrier que notre planète ait connu depuis la seconde guerre mondiale avec plus de 6 millions de morts.

En lisant « Le Soir » du 26 juillet, je constate que mon communiqué du 19 juillet où je dénonçais la reprise des violences à l’Est du Congo a trouvé un écho.

Cependant, je m’étonne du fait qu’un député européen soit entré en contact directement avec les Présidents congolais et rwandais. A-t-il été mandaté officiellement par la Belgique ou l’Union Européenne ? Sans blâmer M. Louis Michel d’avoir pris une initiative qui a pour but, je l’espère, de trouver une voie de sortie à ce conflit endémique qui déchire actuellement l’Est du Congo, je me demande néanmoins quelle est sa légitimité et au nom de qui agit-il ? En effet, les relations internationales entre la Belgique et le Congo ont souffert et souffrent encore aujourd’hui de ce rapport d’individu à individu. Quelle image cacophonique donne cette diplomatie parallèle de notre pays ? Toutes les négociations politiques d’un enjeu aussi important devraient être menées par le Ministre des Affaires étrangères et soutenues par le Premier Ministre ou le Parlement fédéral.